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Critique de Elvira


Elvira
  02 janvier 2018
Adorant les dystopies, j'ai été ravie de recevoir ce roman dans ma box de lecture Collibris du mois de décembre 2017 et me suis empressée de le lire. Finalement, ce roman n'est pas réellement celui auquel je m'attendais.

Dès les premières pages du roman, nous sommes plongés dans une société dystopique inquiétante : l'Allemagne nazie règne sur une bonne partie du monde depuis plus d'un siècle, les peuples soumis, les chrétiens et les femmes sont méprisés, seuls les nazis et, surtout, les chevaliers bénéficient d'un statut privilégié au sein de cette nouvelle société. L'hitlérisme, nouvelle religion, a été mise en place, avec Hitler comme dieu – un Hitler bien différent de celui que nous connaissons. Comme dans la majorité des dystopies, pour mieux manipuler la population, celle-ci est maintenue dans l'ignorance : les livres ont été brûlés et l'Histoire modifiée pour glorifier cette nouvelle Allemagne ; la culture et la créativité ont été anéanties. Comme on peut l'espérer, les personnages principaux vont remettre en cause cette société et l'ordre qu'elle a réussi à établir.

Ainsi, l'originalité et l'intérêt du roman réside dans sa date de publication – 1937, soit quelques années avant la Seconde Guerre Mondiale – et dans la réflexion proposée et la manière de la mettre en scène. L'action reste assez statique et marginale : la révolte et la résistance contre l'ordre établi ne se font pas principalement par les actes, il s'agit plutôt d'une révolte individuelle et intellectuelle, qui va tout juste commencer à se construire. Les dialogues prennent une place assez importante au sein du roman, permettant d'exposer les problèmes, pistes de réflexion liées aux risques de la prise de pouvoir du parti nazi et d'introduire de courts débats entre les personnages. Ceux-ci résistent à leur manière, par petites touches et après quelques prises de conscience. le lecteur peut donc être frustré de ne pas assister réellement à une révolte active et organisée qui aboutit à un résultat observable, laissant un espoir quant à l'issue de la situation ; beaucoup de questions restent en suspens à la fin du roman, j'aurais aimé que l'auteur s'intéresse également aux actes et à la construction d'un réel mouvement de résistance.

Ce roman offre une réflexion à la fois politique, féministe et religieuse. Il condamne toute forme de violence et de soif de pouvoir, préférant faire l'éloge de la culture, de l'esprit et de l'importance de conserver et diffuser la mémoire des événements passés. Autant de questions concernant à la fois les lecteurs contemporains de l'auteur que les lecteurs actuels : il était temps que ce roman soit traduit en français !

A lire donc, même s'il s'agit d'une dystopie assez traditionnelle – dont 1984 d'Orwell sera l'une des héritières – et statique. Elle reste cependant d'actualité et les réflexions qu'elle propose sont toujours aussi salutaires si l'on considère le contexte actuel.
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