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Critique de Zeidra


Zeidra
  18 novembre 2021
Ready, player one ? Alors c'est parti pour l'aventure !
Player One est un roman du genre cyberpunk, qui ne dit pas son nom. Dans un monde post-apocalyptique où deux compagnies richissimes exploitent des milliards de pauvres, Wade Watts survit au jour le jour, partageant son temps entre le monde réel et la simulation de l'Oasis.

Lorsque le créateur de l'Oasis, un multimilliardaire obsédé par les années 80, vient à mourir, il lance un concours d'une démesure indécente : il met en jeu la totalité de sa compagnie et de sa fortune personnelle. Un seul moyen pour gagner : marcher dans ses pas.

Oui, vous avez bien lu. Exit la belle onirie dépeinte par l'adaptation cinématographique. Dans le livre, Gregarious Games est tout aussi vénale que IOI. Dans l'Oasis, tout se monnaie, à tel point que le Crédit Oasis devient la monnaie réelle la plus stable. Et avant de passer des années à s'acharner sur la chasse à l'oeuf, personne n'adulait James Halliday. Les gens étaient trop occupés à survivre.

Le décor et l'intrigue plantés, laissez-moi vous expliquer le moteur du roman : l'obsession de Halliday. Oui, le principe du roman n'est pas, comme j'ai pu le lire dans des critiques négatives, de jeter une liste de références gratuites à la figure du lecteur. Plus on avance dans l'histoire, et plus le narrateur, Wade, nous fait plonger avec lui dans les méandres de l'esprit de Halliday. James Halliday, tel qu'explicitement dit dans le livre, est autiste. Les circonstances de sa jeunesse l'ont amenées à développer ce qu'on appelle un "intérêt spécifique" pour la pop-culture des années 1980. Chaque aspect de son existence est perçue à travers son immense connaissance de cette décennie. Les références ne sont pas gratuites : elles sont Halliday. Et plus on avance dans l'histoire, plus Wade se met dans la peau de Halliday, plus elles prennent de l'importance.

L'expérience en tant que lecteur est grisante. Moyennant la puissance de notre imagination, stimulée par une narration (et une traduction) au poil, on se prend à incarner Wade qui incarne Parzival qui incarne l'espoir. Dans sa quête du graal, notre chevalier de la table virtuelle sacrifie tout à Halliday, un homme simple érigé au rang de divinité par le capitalisme, et qui a tout fait pour s'en tirer. Pour gagner le concours de Halliday, et devenir l'actionnaire majoritaire du plus grand empire de l'Histoire, rien ne sert d'amasser fortune et pouvoir. Il faut devenir non pas un PDG, ce que Halliday était à la fin de sa vie, mais un geek des années 80,ce que Halliday était parvenu à devenir, à l'époque où il était le plus heureux.

Enfin, j'aimerais ajouter un petit mot sur Nolan Sorento, afin de vous convaincre. Oui, Nolan est un homme avide et cruel. Comme la moitié de l'humanité, dans ce monde (voire dans le nôtre). Mais Nolan n'est pas le crétin opportuniste présenté dans le film. Ses références, il les maîtrise. Il sait jouer. il sait se battre. il mérite son poste de directeur. Il est ambitieux. Corrompu par le Grand Capital, mais pas un vendu. C'est un bon antagoniste, fidèle à ses principes.

Oh, et sans trop en dire :
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