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Critique de gouelan


gouelan
  01 avril 2015
Raskolnikov, ancien étudiant, vit pauvrement dans une chambre misérable. Dans sa terrible solitude et son accablement, il va inventer une théorie selon laquelle la société est composée de deux catégories d'individus. La catégorie inférieure; composée d'hommes soumis, posés, conservateurs et ayant pour seul but de perpétrer le monde. Et la catégorie de « vrais hommes » qui ont le talent et le don de dire une parole nouvelle, de mener l'humanité vers un but, vers une nouvelle organisation. Cette seconde catégorie de surhommes aurait alors tous les droits pour mener à bien leur mission ; même celui de tuer. Si l'idée est grandiose, le crime est permis et même nécessaire.

Raskolnikov se sent investi d'une mission, il se sent trop intelligent pour rester dans l'ornière. Il veut devenir un « Napoléon ». Il ne sera peut-être pas maitre du monde dans le présent, il sera sans doute d'abord supplicié. Mais plus tard, comme beaucoup de ces grands hommes destructeurs, il sera mis sur un piédestal et adulé.

Raskolnikov a tout pour réaliser ce projet fou. Il est intelligent, hautain, insensible, vaniteux, orgueilleux, audacieux, arrogant. Mais il est aussi mélancolique, généreux. Sa faille : il se pose des questions qu'un « Napoléon » ne se poserait pas. « L'homme est-il un pou ? », « Ai-je le droit de prendre ce pouvoir ? ». En lui, se confrontent deux personnages.

Son action manque de décorum, elle n'est pas glorieuse, elle n'est pas grandiose. On ne pourra que se moquer de lui et considérer qu'il a pêché comme le plus ordinaire des hommes, le plus vil. Il en a honte et n'assume pas le poids de ce fardeau. Il est trop fier pour reconnaitre son échec.
Le chemin est encore long, pour lui, pour accéder à la réalité de ce monde.

Raskolnikov est odieux et détestable dans sa conception d'un monde nihiliste, où l'homme devient un tout puissant, un surhomme qui a sa propre loi. le pouvoir appartient, pour lui, à ceux qui osent s'en emparer sans s'embarrasser de scrupules moraux.

J'ai aimé l'univers de Dostoïevski qui a su explorer l'âme humaine. Dans cette oeuvre, il nous démontre admirablement la bassesse de cet homme vaniteux et méchamment intelligent. Un monde sans valeur, ignorant le bien et le mal, sans moralité est un monde du néant. Raskolnikov ne pourra se sauver que par la mort ou la résurrection de l'homme qui est en lui. Un homme de foi, un homme ordinaire.



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