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Critique de mfgaultier


mfgaultier
  22 novembre 2015

Eroica est un roman autour de la vie du peintre américain Jean-Michel Basquiat, foudroyé par le génie et la drogue, à 27 ans, en 1988. Cette fiction biographique rassemble de courts chapitres autour de cette légende de l'art, avec une écriture très particulière, virevoltante, nerveuse, à l'image de son personnage central. La plupart des chapitres ont des titres évocateurs : sous-sols, le creux, Pégase, intermède…

Au départ, je me suis un peu perdue dans une sorte de dédale : pas de chemin clairement défini, des personnages flous. L'auteur, Pierre Ducrozet, n'a pas voulu approcher de trop près le peintre et son ombre magnifique. C'est pourquoi il a préféré le surnommer « Jay », le surprenant et très ressemblant double littéraire de Jean-Michel Basquiat. Mais il s'agit bien du peintre, de son génie et de sa chute.

A mi-parcours du livre, alors que je m'apprêtais à abandonner, je me surprends à m'attacher au style, qui semble parfois comme sous l'emprise des substances nocives dont Jay ne peut se passer. L'énergie qui ressort du livre s'attache à retracer la vie d'un homme puissant, mais fragile et qui se révèle un frêle roseau face à son entourage, lassé de sa personnalité difficile. Heureusement, quelques amitiés viendront adoucir son existence : Wharol, Keith Haring… Quant à ses amours, si elles furent nombreuses (la chanteuse Madonna, Sarah, Phoebe), malheureusement elles ne furent pas durables…

Pierre Ducrozet s'approprie la figure de l'artiste, exorcise ses démons dans sa prose, brasse sa richesse pour mieux en faire ressortir les faux clinquants. Il s'amuse parfois à narrer quelques anecdotes véridiques, comme le repas préparé par Jay pour deux marchands : dans leur assiette, des serpents vivants ! Les passages qui me semblent les plus réussis sont ceux qui décrivent le travail du peintre, et l'originalité de sa peinture :

Eroica s'offre au lecteur avide de musiques jazz, aimant les trajectoires originales. Il prolonge la légende de Basquiat, décrit avec force tableaux, paysages urbains, moments d'accalmie. Ducrozet attrape son énergie et la ressert dans ce livre, en restitue l'ardeur et la vitalité folle avant que la drogue ne recouvre tout. Sans tristesse ni regret. Il peint Basquiat avec justesse et force, de son point de vue, c'est à dire par la littérature. Ne me reste plus qu'à contempler dans un livre d'art la peinture de Basquiat pour continuer sur cette belle lancée.


Lien : http://blogs.lexpress.fr/les..
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