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Note moyenne 3.56 /5 (sur 333 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Lyon , le 05/07/1982
Biographie :

Pierre Ducrozet est écrivain.

Il a publié des chroniques littéraires dans Le "Magazine des Livres" et un premier album pour les enfants "Les clefs du zoo", lu par Richard Bohringer, en 2009.

"Requiem pour Lola rouge" (Grasset, 2010) est son premier roman. Celui-ci est retenu dans la sélection du prix de Flore et a été récompensé par le Prix de la Vocation 2011.

Dans "La vie qu’on voulait" (2013), il raconte le coup de sang d'une jeunesse européenne, éparpillée entre Berlin, Paris, Londres et Barcelone. "Eroica" (2015) a été finaliste du prix de Flore.

"L'Invention des corps", paru en août 2017 chez Actes Sud, est récompensé la même année par le prix de Flore, ex æquo avec "Paname Underground" de Zarca.

Pierre Ducrozet, qui réside à Barcelone depuis une dizaine d’années, a publié une anthologie complète de Barcelone, dans la collection Bouquins de Robert Laffon, en 2018.

Il enseigne aussi la création littéraire à l'École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, en Belgique.
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Bibliographie de Pierre Ducrozet   (18)Voir plus


Pierre Ducrozet et ses lectures



Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire?


C’est un peu difficile de donner un livre… Et puis l’envie d’écrire, ça vient de derrière les livres, d’avant – bref… Ce serait peut-être L`Arrache-coeur de Boris Vian. Son univers,
son humour m’ont touché. Ça m’a lancé vers mes premières nouvelles, qui étaient, comme le roman de Vian, légèrement fantastiques, absurdes.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...)


Louis-Ferdinand Céline. Il vous désarme par son génie, par cette prose fleuve, et vous laisse sans voix. Plus que l’envie d’arrêter d’écrire, il vous place devant une impasse. L’écriture est en grande partie mimétisme, elle se construit, comme la parole, par la répétition. Or, imiter Céline est à la fois impossible et absurde, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, et pourtant quand on le lit, sa voix est si forte, si particulière, qu’on est comme poussé dans son sillon… Alors je l’ai beaucoup lu et puis j’ai arrêté de le lire.


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?


Je crois que c’est la poésie qui m’a fait « entrer » dans la littérature, les Charles Baudelaire , Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Comte de Lautreamont, et puis Henri Michaux, Blaise Cendrars. Ça a été un choc, un truc physique, un appel d’air. Dans les romans, c’est aussi ce que je cherche : la musique, la poésie, le goût des mots.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?


Je ne sais pas si j’ai déjà relu entièrement un livre. Je les feuillette à nouveau, je relis des passages, mais relire en entier, oh… Si, peut-être Du monde entier de Cendrars, ses grands poèmes (Les Pâques à New York, La prose du Transsibérien, Le Panama), celui-là oui, je l’ai relu plusieurs fois, il y a un truc chez lui qui me prend au col et ne me lâche plus. Sinon, j’ouvre souvent Jack Kerouac aussi, quelques pages ça suffit, et je suis relancé.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?


La Guerre et la paix , peut-être, mais bon Dieu que c’est long ! La guerre, c’est sans fin, et paix, n’en parlons pas. Et puis La Divine Comédie , j’ai commencé, mais je n’ai pas continué. J’aimerais bien descendre aux enfers pourtant, c’est un truc qui m’attire… Tiens, je vais m’y remettre.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?


Peut-être Septentrion , de Louis Calaferte – mais je ne sais pas dans quelle mesure ce livre est connu ou pas… En tout cas, c’est une merveille, une déflagration de rage, un livre d’une grande puissance.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?


Salammbô , mais en même temps beaucoup de gens s’accordent pour dire que ce roman est plutôt raté. Enfin, à part ça, je suis, évidemment, un grand admirateur de Gustave Flaubert. Et sinon, parmi les grandes références contemporaines (à défaut de classiques), je voudrais ajouter ma pierre à l’édifice contre Marguerite Duras, dont la manière d’écrire m’ennuie et m’énerve légèrement. Mais bon, je ne suis pas le seul dans ce cas-là.


Avez vous une citation fétiche issue de la littérature ?


Euh… Peut-être cette phrase de Franz Kafka : « Un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous. »


Et en ce moment que lisez-vous ?


Plusieurs livres à la fois, comme souvent. Je n’arrive pas trop à me concentrer sur un seul, alors je me disperse, je pioche à droite à gauche, j’attrape ce dont j’ai besoin à ce moment-là (en fonction de ce que je suis en train d’écrire) et puis je repars vers autre chose. Donc, en ce moment, je lis Factotum de Charles Bukowski (j’avais besoin de ma dose de Bukowski), Vice caché de Thomas Pynchon et Lettrines 2 , de Julien Gracq.


L`entretien de Pierre Ducrozet avec Babelio : Requiem pour Lola rouge



Comment vous est venu le désir d`écrire ce premier roman ?


J’en avais déjà écrit trois autres, loin d’être aboutis. Je voulais écrire un roman court, porté par une seule voix. Une sorte de cri, de prière. Quelqu’un qui essaie de vivre, une dernière fois, qui tente tout. Et je voulais aussi parler du rêve, une chose si fascinante qui nous façonne et qu’on oublie. Du rêve, donc, et de la grâce – qu’est-ce que c’est que cette chose, là, qu’on voit au premier regard chez deux, trois personnes, et qui manque si cruellement à la majorité des gens. La grâce : Lola.


Votre roman semble tenir à la fois de la beat generation et du surréalisme, comment naviguez vous entre ces héritages ?


Je me sens bien entouré… Je n’aurai pas la prétention de me dire leur héritier, mais en tout cas, au niveau des affinités, je me sens surtout proche de Kerouac, William S. Burroughs et Allen Ginsberg, plus que des surréalistes. Bien sûr, mon roman fait écho à des thèmes surréalistes et précisément à Nadja de André Breton, mais je crois que mon écriture doit plus à Kerouac qu’à Breton. Robert Desnos me touche plus, Louis Aragon parfois aussi. Kerouac, pour moi, c’est un souffle unique, un tempo, un jazzman. C’est un grand écrivain – il faut lire Les Souterrains , Tristessa , et puis ses lettres, superbes.


Mais qui est Lola ?


Je ne sais pas. J’aimerais bien savoir. Elle est née d’une interrogation sur la grâce, donc, et sur ce que pourrait être la Reine, c’est-à-dire la femme avec qui, peut-être, la vie vaudrait le coup. Et puis elle est surtout la porte que P. cherchait dans le noir, qu’il attendait pour pouvoir s’échapper de ce monde insoutenable.


Comment avez vous collaboré avec votre éditeur pour cette publication ?


Il m’a indiqué plusieurs choses à revoir, d’abord dans l’ensemble du roman, puis sur des points précis, et enfin ligne par ligne, des détails, mais très importants. Tout cela m’a été
d’une aide précieuse, et a permis, je crois, d’améliorer le roman, qui présentait trop de défauts pour pouvoir être publié.


Après Requiem pour Lola Rouge avez-vous déjà de nouveaux projets d`écriture ?


Oui, je suis en train d’écrire un nouveau roman. Un peu plus ample, avec plus de personnages, plus ancré dans le réel aussi.

Pierre Ducrozet merci...


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"Je suis au monde" nous invite à un grand tour du monde pour observer les phénomènes, les mystères, les changements, pour nous immerger dans l'océan et nous perdre dans la forêt, pour approcher la banquise et nous promener dans la ville. Pour comprendre comment nous aussi appartenons au monde. Un album-documentaire signé Julieta Cánepa & Pierre Ducrozet, illustré par Stéphane Kiehl. ACTES SUD junior, mars 2021 (dès 9 ans).

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Citations et extraits (200) Voir plus Ajouter une citation
Pierre Ducrozet
Jean-Daniel   13 janvier 2021
Pierre Ducrozet
Il faut à l'intérieur de la langue, trouver sa propre langue, son propre territoire.
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Cancie   07 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
Le gouvernement et les entreprises françaises découvrent par ailleurs avec bonheur que la transition écologique réclamée partout est surtout une merveilleuse manière de faire du blé. Les opportunités sont infinies : voitures électriques, biomasse, carburants neutres, industries vertes, tourisme vert, tous les secteurs doivent se racheter une éthique, des pratiques, et c'est une fabuleuse occasion de créer des emplois, de relancer l'économie et un système à bout de souffle. Si on verdit un peu, on regagne la confiance des consommateurs, on recommence à produire "comme au bon vieux temps", on flingue toujours le monde mais dans une bonne humeur retrouvée. La société peut recommencer à tourner. L'avenir s'annonce radieux.
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Fandol   13 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
Brusquement tout se tient, obéissant à une logique simple et confondante : la loi du capital était naturellement, comme l’écrivait Marx, à la destruction de la valeur d’origine, à savoir, dans ce cas, la Terre et le vivant. (page 17)
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Fandol   17 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
De la canopée au-dessus d’elle s’écoule un immense murmure. Elle franchit finalement la fagne et rejoint l’autre rive. (page 124)
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Fandol   08 juin 2020
Eroica de Pierre Ducrozet
Une ville en ruine secrète rois et démons. Comme à chaque fois qu’un monde s’écroule et qu’un autre est sur le point de sortir du néant, un rythme latent l’annonce. Les prophètes et les fous l’entendent.
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Fandol   25 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
Le sédentaire invente la hiérarchie sociale, la religion à laquelle tous devront se soumettre, il invente le pouvoir politique et économique, il institutionnalise la guerre. Il assoit son règne. (page 325)
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Cancie   06 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
La rencontre du capitalisme et du pétrole est explosive ; c'est un amour fou , immédiat, la rencontre du glaive et du soufre, la réunion des deux affluents est un fleuve torrentiel.
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Fandol   16 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
En découvrant le secret de l’apparition de la vie, on serait capable de saisir la seule énergie entièrement pure et infinie (le Soleil ne disparaîtra que dans cinq milliard d’années, ce qui nous laisse un peu de marge). On deviendrait plante, dépendant uniquement du soleil, de l’eau et du vent – on aurait enfin la solution à nos problèmes. (pages 64-65)
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Fandol   20 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
Finalement, les femmes et les hommes n’ont eu de cesse d’explorer de nouveaux territoires, de plonger dans les forêts et les mers, les montagnes et les plaines, tout ce qui les dépassait, pour réduire l’ensemble en esclavage. (page 168)
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Cancie   07 octobre 2020
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
Je ne dis pas que nous sommes innocents. Nous sommes tous complices et acteurs de ce système que nous perpétuons chaque jour par nos actes, nos faiblesses, nos compromissions. cela dit, les régimes politiques et économiques sont toujours, au départ, le fruit d'une décision d'une minorité de personnes, d'une révolution technique, d'un changement social. Ensuite le reste de la population fait le choix de suivre ou pas. Dans notre cas, nous avons tous sauté à pieds joints dans ce monde d'abondance et de plaisirs - on aurait été bien fous de ne pas le faire. Nous avons maintenant les deux pieds coincés dedans jusqu'à la base.
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