AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Citations sur J'ai faim (10)

moravia
moravia   29 août 2014
Ce fut le bon temps pour les pauvres. Tant mieux si les hommes tombaient, leurs familles touchaient des rentes. Cet argent restait à la maison, il ne passait plus chez le marchand de vin ni chez les filles. Les épouses étaient heureuses, les mères pleuraient.
Commenter  J’apprécie          150
moravia
moravia   07 septembre 2014
Reste tranquille, Trude, lançait la Balduweit. Tu en as déjà eu deux.
- Vieille salope, lui répondait Trude et fermait bruyamment la fenêtre.
Tout en haut, quelqu'un émoustillé par l'indiscrétion de la Balduweit, déclamait :

Un chacun tout seul,
N'est vraiment pas beau.
Chacun sa chacune
Voilà ce qu'il leur faut.

Ce fut le départ. Max, le fils Niemeyer, âgé de seize ans, chanta :

Laisse-moi reposer
Contre ta poitrine ;
Elle répondit en pleurant
Mais je n'en ai point.

Tout à coup un gaillard se planta au milieu de la cour, salua d'une façon ridicule et commença à chanter d'une belle voix de ténor une chanson très vulgaire.
La Balduweit, quatre-vingt-dix kilos, tomba à la renverse, tellement elle riait...Un garçon l'aida à se relever en la caressant, ce qui la faisait rire de plus belle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
moravia
moravia   29 août 2014
On me fit l'aumône. Les veuves à venir eurent pitié de mon regard implorant, les hommes d'affaires véreux apaisèrent leur conscience en me glissant la plus petite coupure. Des généraux croyaient s'occuper des enfants de leurs victimes en me donnant un mark. C'était exactement le prix d'une de leurs cigarettes.
Commenter  J’apprécie          60
moravia
moravia   28 août 2014
Ils couchaient sur des sacs remplis de journaux. Ils avaient un lit aussi, mais le louaient à un jeune homme qui y amenait des filles. Il est vrai qu'il payait dix marks, et pour dix marks...
Pour dix mark les Knolle du quatrième donnaient leur fille. C'était un secret connu de tous que la petite Louisette, âgée de quinze ans, avait d'autres obligations que de laver la vaisselle dans le café où elle travaillait.
Commenter  J’apprécie          60
moravia
moravia   06 septembre 2014
A tous les coins de rue les racoleurs proposaient des fumeries d'opium, des danses nues, des plaisirs défendues. Des autos traversaient la ville à toute vitesse, les étrangers achetaient tout, femmes et enfants pour une livre anglaise, pour un dollar, pourvu qu'on ait quelque chose à vendre. Les mères évaluaient les charmes de leurs filles, des vieillards vivaient de la honte de leurs jeunes fils. Les anciens riches quittaient leurs demeures qui devenaient des tripots, des maisons de rendez-vous, des salons de massage ou des cliniques pour femmes imprudentes.
Commenter  J’apprécie          30
moravia
moravia   29 août 2014
Des officiers supérieurs arrivaient aussi. Ils étaient très soignés. Jamais une goutte de la boue des tranchées ne les avait salis, jamais non plus une goutte de sang de leurs hommes, ni même la terre que les obus faisaient éclater, ne les avait atteints.
Commenter  J’apprécie          20
moravia
moravia   29 août 2014
Une de nos voisines avait été appelée à Cologne pour voir son mari à l'hôpital. Elle ne revint jamais...Nous sûmes plus tard ce qui s'était passé. Elle avait eu beaucoup de mal à pénétrer chez son mari. Un infirmier sachant que le blessé la réclamait jour et nuit, la fit entrer. Trente paires d'yeux la suivirent dans le couloir qui longeait les trente lits, il était dans le dernier; trente jeunes gens ne pouvaient plus que voir; ils ne pouvaient plus ni marcher ni se servir de leurs bras ! Ce n'étaient plus que des troncs. Son mari ne la vit même pas, il était aveugle, il l'entendit seulement, il n'était plus que ventre et poitrine. Comme il ne lui tendait pas les bras, elle enleva la couverture et ne vit qu'un paquet de linge, un tronc sans membres, comme les poupées en chiffons que font les gosses.
Elle perdit la raison et on ne put la renvoyer chez elle.
Commenter  J’apprécie          20
moravia
moravia   27 août 2014
Nous emménageâmes dans la Jasmunderstrasse, au fond d'une cour. Une pièce et une cuisine au rez-de-chaussée. C'était tout ce que nous pouvions nous payer. La cour était étroite, les maisons hautes, les cabinets tout près de chez nous. Il y avait trente et une familles dans l'immeuble, cent trente personnes, y compris les sous-locataires, garçons et filles, qui louaient des lits seulement.
Commenter  J’apprécie          20
moravia
moravia   27 août 2014
A part lui, père et la Marzotko, il y avait toujours d'autres personnes, des copains de bistro, des amis de rencontre et des filles.
J'entrais dans ma sixième année et j'épiais avidement cette mare. On commençait par se disputer. On parlait politique. Quelques-uns des hommes étaient syndiqués. Il y avait même des anarchistes, des révolutionnaires. On faisait des discours. Chacun employait les arguments de son parti. Les autres criaient à tue-tête. On n'arrivait jamais à un résultat quelconque. Personne d'ailleurs n'écoutait les autres. Chacun voulait exprimer ses opinions.
Tout ceci finissait par des disputes. Le capitalismes, le militarisme, la monarchie...lorsqu'ils en arrivaient là, ils étaient tous ivres.
Commenter  J’apprécie          20
moravia
moravia   27 août 2014
Elle ne faisait jamais attention aux employés. A cette époque, le prolétariat n'existait même pas pour les riches, on l'ignorait complètement.
Les ouvriers étaient des ustensiles de travail. Connaît-on le marteau avec lequel on enfonce des clous ? On connaissait la chaussure mais presque pas le cordonnier qui la faisait. Même les filles de cuisine n'étaient qu'à moitié des êtres humains. Et les gars qui chargeaient les sacs qu'étaient-ils d'autre que des appareils à soulever les poids ?
Commenter  J’apprécie          10


    Acheter ce livre sur

    FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




    Quiz Voir plus

    10 minutes à perdre.

    Combien de lingots Tim essaye de chercher ?

    12
    16
    78

    4 questions
    3 lecteurs ont répondu
    Créer un quiz sur ce livre