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Marcelle Baras (Traducteur)
Éditeur : Gallimard (01/01/1933)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Georg Fink, est l'auteur de Mich hungert (J'ai faim).
A sept ans, un petit gamin des rues gagne sa vie en ramassant des mégots sous la contrainte, tandis que son père se saoule, que sa mère se tue au travail, que sa sœur fait le trottoir et que son frère est en prison.
Il a faim et raconte cette attente.



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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
moravia
  30 mars 2015
Lors de l'achat de ce livre d'occasion seul le nom de l'éditeur avait guidé mon choix. Méconnaissant totalement l'auteur, n'ayant pas encore internet, je pris ma plume pour m'adresser à Gallimard afin d'avoir quelques renseignements sur cet écrivain allemand qui avait réussi à se faire publier en 1933.
Je reçu une réponse courtoise mais bien laconique. En effet le service littéraire étranger m'annonçait qu'il était désolé de ne pouvoir me renseigner, et qu'a leur décharge l'année 1933 était bien lointaine...
Les années ont passé, Geog Fink restait pour moi qu'un nom jusqu'au jour où j'ai pris connaissance de la liste Otto (merci Google) publiée en 1940 en France.
Elle avait pour but d'interdire les ouvrages que les nazis voulaient censurer.
En voici le préambule :
"Désireux de contribuer à la création d'une atmosphère plus saine et dans le souci d'établir les conditions nécessaires à une appréciation plus juste et objective des problèmes européens, les éditeurs français ont décidé de retirer des librairies et de la vente, les oeuvres qui figurent sur la liste suivante et sur des listes analogues qui pourraient être publiées plus tard. Il s'agit de livres qui, par leur esprit mensonger et tendancieux ont systématiquement empoisonné l'opinion publique française. Sont visées en particulier les publications de réfugiés politiques ou d'écrivains juifs, qui, trahissant l'hospitalité que la France leur avait accordée, ont sans scrupules poussés à une guerre, dont ils espéraient tirer profit pour leurs buts égoïstes. Les autorités allemandes ont enregistré avec satisfaction l'initiative des éditeurs français et ont de leur côté pris les mesures nécessaires."
Paris, Septembre 1940.

Ah la belle affaire !
En écrivant à Gallimard, sans le savoir, je venais de sortir du placard un cadavre bien encombrant. Après la lecture de ce préambule je comprenais soudain toute l'ironie de l'histoire.
Si l'on doit en retenir une seule phrase, la voici : " Les autorités allemandes ont enregistré avec satisfaction l'initiative des éditeurs".
Gallimard, comme les autres, avait envoyé au pilon une partie de sa production d'ouvrages qui ne plaisaient pas à l'occupant.
En signe d'allégeance ?
Dans les années 1920, Georg Fink est l'un des auteurs à succès de la République de Weimar. Il était aussi juif et homosexuel. Aux yeux des nazis des tares impardonnables.
En faisant retirer "J'ai faim" de toutes les librairies et livrant son stock au pilon les Éditions Gallimard n'ont fait qu'accepter cette politique abjecte.
Je comprends mieux aujourd'hui leur peu d'empressement à faire des recherches quand j'avais écrit.
Chez le relieur j'ai apporté mon exemplaire de 1933, pour qu'il continue à traverser les tumultes de l'histoire, lui qui avait réchappé au pire.
Nous sommes quelques-uns sur Babelio à penser que les livres ont une âme. L'histoire de ce livre en est la preuve.
Peut-être qu'un jour "J'ai faim" sera publié en Folio . Un jour....
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
moraviamoravia   07 septembre 2014
Reste tranquille, Trude, lançait la Balduweit. Tu en as déjà eu deux.
- Vieille salope, lui répondait Trude et fermait bruyamment la fenêtre.
Tout en haut, quelqu'un émoustillé par l'indiscrétion de la Balduweit, déclamait :

Un chacun tout seul,
N'est vraiment pas beau.
Chacun sa chacune
Voilà ce qu'il leur faut.

Ce fut le départ. Max, le fils Niemeyer, âgé de seize ans, chanta :

Laisse-moi reposer
Contre ta poitrine ;
Elle répondit en pleurant
Mais je n'en ai point.

Tout à coup un gaillard se planta au milieu de la cour, salua d'une façon ridicule et commença à chanter d'une belle voix de ténor une chanson très vulgaire.
La Balduweit, quatre-vingt-dix kilos, tomba à la renverse, tellement elle riait...Un garçon l'aida à se relever en la caressant, ce qui la faisait rire de plus belle.
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moraviamoravia   29 août 2014
Ce fut le bon temps pour les pauvres. Tant mieux si les hommes tombaient, leurs familles touchaient des rentes. Cet argent restait à la maison, il ne passait plus chez le marchand de vin ni chez les filles. Les épouses étaient heureuses, les mères pleuraient.
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moraviamoravia   28 août 2014
Ils couchaient sur des sacs remplis de journaux. Ils avaient un lit aussi, mais le louaient à un jeune homme qui y amenait des filles. Il est vrai qu'il payait dix marks, et pour dix marks...
Pour dix mark les Knolle du quatrième donnaient leur fille. C'était un secret connu de tous que la petite Louisette, âgée de quinze ans, avait d'autres obligations que de laver la vaisselle dans le café où elle travaillait.
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moraviamoravia   29 août 2014
Une de nos voisines avait été appelée à Cologne pour voir son mari à l'hôpital. Elle ne revint jamais...Nous sûmes plus tard ce qui s'était passé. Elle avait eu beaucoup de mal à pénétrer chez son mari. Un infirmier sachant que le blessé la réclamait jour et nuit, la fit entrer. Trente paires d'yeux la suivirent dans le couloir qui longeait les trente lits, il était dans le dernier; trente jeunes gens ne pouvaient plus que voir; ils ne pouvaient plus ni marcher ni se servir de leurs bras ! Ce n'étaient plus que des troncs. Son mari ne la vit même pas, il était aveugle, il l'entendit seulement, il n'était plus que ventre et poitrine. Comme il ne lui tendait pas les bras, elle enleva la couverture et ne vit qu'un paquet de linge, un tronc sans membres, comme les poupées en chiffons que font les gosses.
Elle perdit la raison et on ne put la renvoyer chez elle.
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moraviamoravia   06 septembre 2014
A tous les coins de rue les racoleurs proposaient des fumeries d'opium, des danses nues, des plaisirs défendues. Des autos traversaient la ville à toute vitesse, les étrangers achetaient tout, femmes et enfants pour une livre anglaise, pour un dollar, pourvu qu'on ait quelque chose à vendre. Les mères évaluaient les charmes de leurs filles, des vieillards vivaient de la honte de leurs jeunes fils. Les anciens riches quittaient leurs demeures qui devenaient des tripots, des maisons de rendez-vous, des salons de massage ou des cliniques pour femmes imprudentes.
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