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Critique de paulmaugendre


paulmaugendre
  24 décembre 2018
Elevé dans la caserne sud, au milieu des gladiateurs, Rekk ne connait que sa mère, Krylla, l'une des nombreuses catins officielles de Musheim, la capitale de l'Empire constitué de nombreux duchés civilisés.

Le combat entre gladiateurs est la seule attraction de la cité et bon nombre de spectateurs s'y pressent, venant d'horizons divers et des différentes couches de la société. du moins ceux qui peuvent payer l'entrée et parier sur leur champion. Un gain lucratif pour les caisses de l'état qui prélève son dû. Rekk a pour ami Oblan, un jeune garçon de son âge, mais moins doué que lui pour le combat et Shar-Tan pour entraîneur. Un jour il apprend incidemment que Shar-Tan est son père et que sa mère n'est pas Krylla, mais dame Irina, la femme d'Aurélius, un riche marchand régnant en potentat.

Et lorsque Aurélius apprend, bien des années après la naissance de Rekk, l'infidélité de sa femme, infidélité provoquée par dame nature, et la non-reconnaissance de ce fils, né hors couche conjugale, à cause de la génétique, il ne prend pas de gants. L'avenir de Rekk en est quelque peu perturbé, pour autant cela ne l'empêche pas de devenir un gladiateur adulé des foules.

Jusqu'au jour où étant devenu invincible dans l'arène, il est prié d'aller voir ailleurs, c'est-à-dire en Koush, avec la charge de lieutenant. Par sa faute les paris ne sont plus rentables et l'Empereur Bel 1er décide le mettre à la tête d'une centurie et d'aller combattre les Koushites, dans le but de coloniser ce pays du Sud peuplé de nombreuses tribus constituées de Noirs. Et surtout de s'approprier les richesses en or, pierres précieuses et épices rares.

Rekk découvre un monde nouveau, une jungle moite, humide, peuplée de serpents, de moustiques et d'araignées, et de guerriers farouches. Les Koushites ne sont pas si bien armé que les combattants de l'Empereur, mais ils possèdent le courage et la valeur des peuples qui sont asservis uniquement dans des buts mercantiles. L'armée de l'Empereur est dirigée par des tribuns, des légats et des généraux qui pour la plupart n'ont jamais opéré sur des champs de bataille organisés en guérillas. Et les soldats, souvent enrôlés sans réelle formation n'exécutent pas toujours les ordres qui leurs sont donnés.

Un fiasco au cours duquel Rekk démontre sa bravoure, son sens de l'honneur et des responsabilités, et parvient à sauver une partie de sa centurie et à la ramener à Vesyria, la grande ville du Sud. Il va recevoir des mains de l'Empereur la charge de capitaine, charge qui comme celle de lieutenant est théoriquement payante par celui qui en bénéficie. Seulement ses pérégrinations ne sont pas terminées. Car des événements dramatiques vont l'amener à se conduire en véritable bête de combat, en une sorte de monstre broyant, déchiquetant, étêtant, passant au fil de l'épée tous ceux qu'il considère comme des ennemis, sans détenir toutes les données qui lui permettraient de réfléchir.



Roman épique, La main de l'Empereur n'est pas sans rappeler la conquête de l'Afrique par les Romains. D'un côté un Empereur omnipotent, possédant une armée organisée quoique bon nombre de ses officiers sont issus d'une société qui a plus l'habitude de déambuler dans les allées du pouvoir que sur les terrains de batailles, avec des guerriers qui n'ont reçu que des bribes de formation mais savent se regrouper en carrés et brandissant leurs boucliers afin d'échapper aux flèches ennemies.

De l'autre côté, de valeureux combattants divisés en tribus parfois rivales, admettant difficilement la soumission à un chef unique, dont les armes sont plus rudimentaires, mais portés par la vengeance et le rejet de colonisateurs doublés de pillards.

Mais ceci n'est pas le seul rapprochement que l'on peut effectuer avec la civilisation romaine, les combats dans les arènes, le pouce dressé ou baissé signifiant que le combattant vaincu doit avoir la vie sauve ou non, en sont un exemple... frappant.

Les combats épiques dans les arènes, contre les guerriers Koushites, et bien des scènes hautes en couleurs forment la plus grande part du roman, mais pas que. Les personnages sont soigneusement décrits, physiquement et psychologiquement, sans pour autant alourdir le récit. Ce ne sont pas les hommes, malgré la présence quasi constante de Rekk, qui offrent les plus belles prestations mais les femmes, comme Dareen la contrebandière, qui influent sérieusement sur cette intrigue belliciste. Car oui les femmes jouent un rôle prépondérant même si parfois elles semblent en retrait. Il faut se méfier de l'eau qui dort.

Quant à l'intrigue elle est machiavélique et La main de l'Empereur peut se montrer douce ou cruelle.

Olivier Gay s'est fait connaître par la publication de romans policiers, dont la série consacrée à Fitz, série humoristique et amorale, avec un personnage attachant au départ mais ne provoquant pas l'empathie par la suite. Avec La main de l'Empereur et ses romans de fantasy, Olivier Gay trouve véritablement sa voie et peut s'exprimer sans contrainte, dans un registre historique dénué de fantastique. Pour moi une véritable révélation qui m'incite à continuer la lecture de ses autres ouvrages, aussi bien chez Bragelonne que les romans pour adolescents chez Castelmore.
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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