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Critique de Nastasia-B


Nastasia-B
  03 novembre 2012
Étonnant, étonnant album que cet Astérix et le Chaudron. En effet, je me souviens, étant enfant, n'avoir point eu pour celui-ci un amour aussi vif que pour une kyrielle d'autres.
En le relisant, bien des années plus tard, en y réfléchissant, puis en le re-relisant et le relisant à nouveau, je me suis aperçue que la raison en est simple : cet opus ne s'adresse pas à des enfants.
Il est complexe, intriqué, satirique, caustique, désillusionné et truffé de second, voire de premier degrés totalement inaccessibles pour des bambins.
C'est un Goscinny mordant, qui a manifestement beaucoup de petits comptes à régler avec ceux-ci ou ceux-là, un Goscinny en rupture avec ses semblables (nous sommes en 1969, année de la séparation d'avec l'éditeur DUPUIS pour Lucky Luke et où les histoires de gros sous viennent polluer sa création).
Ainsi, Astérix se retrouve banni du village et tout le monde le lâche. Il ne peut compter que sur son ami le plus proche Obélix, tout comme lui ne pouvait compter que sur son fidèle Uderzo (un peu réducteur mais pas si loin de la vérité), quand la maison "Pilote" essuya quelques tempêtes.
On peut lire, au bas mot, dans cet épisode une critique du monde du business, une critique de la collaboration non assumée avec l'ennemi, une critique du monde du spectacle et de la création (surtout théâtrale) et une critique toujours assidue de l'administration. On y trouve également une parodie de film de malfrats (attaque de banque) ainsi que la mémorable mise en abîme pour laquelle je ne résiste pas au plaisir de vous servir ce petit extrait:

- Si on racontait nos aventures aux gens? Peut-être qu'ils nous paieraient pour les entendre?
- Je ne m'y connais pas en affaires, mais je peux te dire que ça, ça ne rapportera jamais d'argent!
- Pourtant on appellerait ça: "les aventures d'Obélix le gaulois" et...
- Ah, tais-toi...

Dans cet album, Astérix ne cesse de courir après de l'argent, l'argent d'un autre, dont il ne touchera rien mais qui peut causer sa perte. L'argent dont il se rend compte que c'est un métier que de le faire fleurir et qu'on ne s'improvise pas homme d'affaire. "L'argent n'a pas d'odeur", clin d'oeil à Vespasien que Goscinny place dans la bouche d'Obélix, mais s'il est vrai qu'il n'a pas d'odeur, peut-être a-t-il un goût : amer !
Lisez, découvrez, redécouvrez cet album surprenant, au scénario extrêmement bien ficelé, et que j'élève sans honte et sans retenue, à l'âge adulte, au rang des tout bons, mais tout ceci, bien sûr, est affaire de goût, ce n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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