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Critique de bede08


bede08
  09 avril 2011



Un dîner chez Marianne.
Benjamin, la trentaine, s'attendait à haïr ces gens qui ne
lui ressemblent pas. Pourtant, dans l'état d'esprit qui est le sien, il se surprend
à les apprécier, les aimer. N'est-il pas des leurs, quand il envisage soudain
de remplacer son père aux commandes de l'entreprise de salle de bain,
son père qui est peut-être en prison pour avoir giflé sa compagne en plein supermarché?
Edmond sent que cette soirée ne sera pas bonne: il est vieux et Véra lui échappe.
C'est pour ces deux personnages que cette soirée mondaine, initialement prévue bourrée de protocoles et
d'attidudes convenues, d'échanges entre gens bien intégrés, va dégénérer.
Benjamin n'est pas intégré, son père dit de lui qu'il ne ferait rien, n'irait nulle part et ne serait rien sans cette place qu'il lui laisse dans sa boîte, lui qui a réussi.
Etouffant, ce père, c'est peut-être pour cela que Benjamin voudrait qu'il disparaisse...
C'est l'heure de la révolte, au milieu de ces gens trop bien et trop sûrs d'eux. Benjamin bouscule les codes et les tables, sème une pagaïe sans nom, illumine la soirée de sa folie.
Vera aussi, elle a envie de changer d'air, de savoir si elle peut encore séduire. Edmond n'imagine pas la vie sans elle...

Centrée autour des tourments de ces deux hommes, ce roman est écrit de manière assez particulière, en deux parties fort inégales.
La soirée et ses dérapages, les mouvements de chacun et leurs mots nous entraînent dans un maelström qui donne le vertige, mais sans qu'on puisse trouver l'issue avant que l'auteure nous la donne: la soirée tourne court après l'arrivée de Frédéric, père de Benjamin, qui reprend son fils en main...

Un peu dense, un peu touffue, un peu floue même, cette mise en scène n'amène rien avant que l'auteure ne nous recentre sur Benjamin et sur ce qui a
motivé son comportement somme toute associal.
C'est l'axe principal de ce livre: la souffrance de ce jeune homme qui n'est rien au regard de son père alors qu'il aurait aimé être quelqu'un.
Il hait, sa révolte passée, cette lâcheté qui le maintien sous sa coupe.Il revient néanmoins, calmé, à "la jolie couleur de la résignation"...



J'ai choisi ce livre pour une raison majeure: le nom de l'éditeur, que je sais être réputé sérieux et qui offre de jolis petits bouquins, non seulement bien faits, mais à lire des auteurs très sérieux et talentueux.
Il y a effectivement, un énorme travail d'écriture et Sibylle Grimbert jongle avec ses personnages à nous perdre. Elle cultive un art de la métaphore fort agréable et use d'un vocabulaire soigné.
Un petit bémol néanmoins: il est difficile de se retrouver dans la première partie, avec trop de détails et de personnages, alors que le simple cheminement de Benjamin nous aurait suffit. On ne le retrouve vraiment qu'en fin de livre, et c'est là que tout s'éclaire.
Dommage.





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