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Critique de nameless


nameless
  03 mai 2017
Comme certains qui trouvent les villes trop compliquées et rêvent d'une existence simple, ou d'autres qui pensent que la pauvreté est plus supportable à la campagne, Sue Hubbell et son mari, s'installent au début des années 70 au fin fond du Missouri, dans les Ozarks, contrée réputée sauvage, sous-développée, inhospitalière, pour y créer une ferme d'abeilles. Peu après, abandonnée par son mari, Sue développe et améliore sa production de miel, et en raison de son isolement, devient aussi mécanicienne automobile, charpentière, éleveuse, cultivatrice, bûcheronne. La liste des travaux harassants est longue.


Dans une année à la campagne, la formation de biologiste de Sue Hubbell façonne la forme et le contenu de ce récit autobiographique. Au fil de 5 saisons, du printemps au printemps suivant, elle consigne ses observations botaniques, entomologiques, herpétologiques, ornithologiques, au gré de ses activités de femme neo-rurale et seule, que ses limites financières contraignent aux économies, à la frugalité, en même temps qu'elle découvre les vertus de la simplicité volontaire et de l'autosuffisance.


Avec humilité, sans jamais agresser le lecteur avec un jargon scientifique abscons, l'auteure raconte son expérience de communion avec la nature, communique son émerveillement contemplatif à travers de menues et savoureuses anecdotes sur la vie de papillons, chauve-souris, serpents, blattes et autres oiseaux, explique avec humour les origines farfelues ou logiques des noms latins des plantes. L'apiculture, le travail sur les ruches qui exige du temps, de la patience, un esprit clair, de la concentration et un dos robuste, est minutieusement décrit, ainsi que la commercialisation du miel.


J'ai beaucoup apprécié cette lecture, empreinte de sérénité intelligente, de respect pour la nature et ses cycles saisonniers, de respect pour la faune et la flore. Pour autant, cet hymne écologiste, ce plaidoyer pour un monde harmonieux et équilibré, n'est ni candide ni simpliste. Sue Hubbell, bien loin d'être une douce-dingue-rêveuse, le rappelle au lecteur page 249 : « Les habitants de cette région ont été idéalisés par les adeptes du retour à la terre, du temps où ils vivaient encore dans les villes mais ce ne sont pas du tout des gens simples. Les Ozarkiens mènent des existences aussi compliquées que celles de n'importe qui ailleurs. Ils sont néanmoins pleins de ressources et aptes à vivre dans ces collines ; mais ils n'en font pas toute une histoire, alors tout a l'air facile et … simple ». Les Ozarkiens ont une formule pour qualifier les adeptes du retour à la terre : «Ils laissent leurs vêtements aux ronces, leur argent aux péquenots et ils repartent, une valise vide à la main». La morale de l'histoire ne pourrait-elle pas être que la simplicité ou la complexité de la vie tient à celui qui la mène...

Ps : La préface de J.M.G le Clézio est un peu nunuche !
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