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Critique de LoupAlunettes


LoupAlunettes
  31 mai 2017
" Comment j'ai écrit un roman sans m'en rendre compte" est un idée originale et astucieuse de roman ado. Elle puise se qualités dans la conception racontée pas à pas d'un texte imaginé par et à partir de la vie d'une ado de 13 ans, auteure en herbe, tout en profitant de ses questionnements, de ses émotions qui évoluent avec le récit. Ce parcours initiatique d'écriture est aussi une phase de deuil, on le devinera.

Ainsi, Katinka, 13 ans, décide t-elle, guidée par sa voisine Lidiwine, auteure reconnue, d'apprendre à écrire. Une histoire.
Apprendre à raconter est un métier, un art, et il est toujours prématuré de prétendre offrir du départ un roman, selon Lidiwine.
Katinka racontera ce qui lui tient à coeur, elle se raconte et Lidiwine, tout en entretenant son jardin extérieur en sa compagnie, l'écoute lire ses premiers jets, corrige, prodigue des conseils entre deux coups de taille de buissons, pour présenter la petite aventure de sa vie à des gens qui ne la connaissent pas.
Katinka raconte dans une phase introductive l'absence de sa maman, décidée ainsi par le destin pour son petit frère Kalle et elle-même.
Le souvenir est très lointain mais l'absence toujours dérangeante s'exprimera implicitement dans un besoin immédiat de renouer avec cette racine, plantée à jamais dans son coeur. le fait de grandir, d'être une ado sans avoir gardé de souvenirs vivaces est dérangeant, nous le constatons progressivement chez cette petite Katinka.

Katinka racontera aussi le coeur guéri de son père à nouveau disponible, nous sentons le temps qui passe, avec Dirkje plutôt que cette Patricia.
Ces confidences sont sensibles dans leur format de chapitres et phrases courtes, une délicatesse à travers son regard, son jugement, des questionnements sur la vie, la famille, l'amour et bien entendu la mort. Ce sont des pensées qui l'habitent de façon passagère, mais l'envie de revenir sur la mémoire de la maman devient sans s'en rendre compte plus intense. Cela va monter doucement dans un flot d'émotions.

De ses souvenirs racontées, elle ne change rien, elle pourrait inventer certe.
Lidiwine va lui apprendre à raconter autrement, ce qu'elle donne devient fiction et il faut tout de même tenir son lecteur.
Nous sommes dans l'apprentissage du style et là, l'auteure nous surprend, nous démontre comme elle nous capte elle-même dans son récit.
Nous entrons et sortons du récit écrit et lu par Katinka, pour "entendre" les commentaires de style de Lidwine qui, n'est pas dupe de la démarche exutoire qui amène Katinka à livrer ce qu'elle peut avoir sur le coeur, de précieux, de douloureux aussi.

Nous ressentons un lien presque aussi intime que celui d'une tante et sa nièce, Lidiwine lui rapportant aussi quelques rares souvenirs de rencontres avec sa maman et des partages de moments captés à l'improviste de l'enfance de Katinka avec sa mère.

Elle interroge même Lidiwine sur son caractère au même âge, à 13 ans, pendant qu'elle range ensemble sa bibliothèque. C'est un lien de substitution tendre, qu'elle avoue elle-même, dans les proportions et la place qu'elle a choisi. Elle partage aussi d'autres liens avec Dirkje, complices au début, mais leurs natures seront plus compliquées au fur et à mesure qu'ils deviendront plus ancrés au cercle familial.

Katinka se projette beaucoup, grande ado, adulte, écrivaine reconnue. C'en est tendre et amusant.

. Les lecteurs constateront de quelles manières Katinka arrivera à bon port au bout de ses deux aventures intérieures.
Comment sera son après?
Annet Huizing nous gratifie d'une fin heureuse et d'un bon roman vite dévorée mais qui devrait rester.
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