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Critique de jlvlivres


« La Femme qui dort » de Natsuki Ikezawa (2009, Editions Philippe Picquier, 120 p.) traduit par Corinne Quentin est une suite de trois nouvelles.

« Les origines de N'kunre » d'une trentaine de pages, commence en Amérique du Sud, avec un titre plutôt d'Afrique du Sud. C'est plutôt une « Recitação, qui vient du portugais, et même si de nombreuses appellations existent de par le monde, telles que Mantra, Shingon ou Veritas », on a le choix. Va pour N'kunre. Un truc quasi magique. « Quand le mari et la femme commençaient à se lancer à la tête leurs quatre vérités, rapidement quelqu'un assistant à la scène disait : « N'kunre ». Alors plusieurs personnes venaient former un cercle en se donnant la main et réciter N'kunre. Et les deux intéressés, le visage redevenu serein, se mettaient à discuter d'un arrangement. le désir de posséder au point d'entrer en conflit avec les autres ne disparaissait pas sous l'effet de N'kunre ». Cela vaut toutes les scènes de raccommodage, et de plus c'est également bien supérieur et meilleur marché qu'un avocat, fut-il marron.
Avec un exemple à la clé, celui de Sebastiano et Estelle. « Dans le cas de Sebastiano, ce fut l'amour qui le mena à sa perte. Sa partenaire était Estella, une jolie femme au caractère indépendant. Il en tomba amoureux, lui fit la cour et, après qu'il eut déployé tout son savoir-faire, elle finit par se montrer consentante et ils se marièrent ». Comme toutes (ou presque toutes) les histoires d'amour, elles finissent. Bien dans le cas des productions de Hollywood, voire même de Bollywood. Mal pour quelques autres de Bollywood, où interviennent des ingestions de produits chimiques divers et variés.
Bref, scènes, Recitação, fuite éperdue dans la jungle (pas de singes bleus dans ce cas) mais des Desertores, pour faire plus typique et couleur locale. Heureusement « le jaguar ne comprend pas ce langage ».
Retour à Hollywood pour le bouquet final. « Ainsi, le crime dramatique d'un jeune mari qui tua sa femme sous l'emprise de ses émotions fut finalement pour l'Homo Sapiens l'occasion d'un progrès moral ».
« Mieux encore que les fleurs » presque 50 pages encore d'histoire d'amour (avec envoutement). C'est sans supplément. « On ne comprenait pas vraiment ce qui se passait mais, en tout cas, aucun des deux n'a dit à l'autre qu'il l'aimait ». un couple se retouve après quinze de séparation.

« La femme qui dort » enfin, nouvelle elle aussi d'une cinquantaine de pages. C'est effectivement une femme qui s'endort le jour, pendant qu'elle vacquait aux travaux ménagers à Boston où elle a suivi son mari. C'est en fait un rituel traditionnel d'Okinawa, rituel, qui se perd, mais survit de ci de là. « Ce n'est pas une simple envie de dormir. C'était comme si une force impérieuse l'attirait vers le sommeil. Ce genre de chose ne peut pas m'arriver, se dit-elle, tout en essayant de résister, mais elle ne pouvait pas résister et, comme un avion décolle du sol, elle s'envola tout à coup vers le sommeil ». Elle dort le jour et se transporte sur l'Ile Kudata, à Okinawa. « Elle tenta de penser à autre chose : ses amis au Japon, sa vie plutôt satisfaisante avec son mari, son cours hebdomadaire sur les arts premiers à Harvard et d'autres choses encore, mais en vain ».
Une façon comme une autre de fuir la réalité et de se retrouver un passé. « Depuis le rêve de ces derniers jours je me sens comme un grand bateau qui sombre dans une mer peu profonde ; je me sens couler vers le fond de moi-même et là, sans le moindre tangage, immobile au milieu du vaste océan sur lequel je ne naviguerai plus, j'ai l'impression que l'eau va me traverser librement au gré des marées et que des milliers de petits poissons viendront se réfugier là ».

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