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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  28 mars 2016
Peut-on changer le passé ? Comment ? Et avec quelles conséquences ? Un roman qui se démarque dans la foisonnante biblio de l'auteur !
Plusieurs thématiques accrocheuses dans ce livre, à commencer par « l'effet papillon ». Initié par son ami al Templeton qui a découvert et exploré la faille temporelle, le héros, Jake Epping, s'interroge sur la façon d'interférer sur les événements et surtout sur les risques encourus. Jusqu'où faut-il remonter dans le temps pour en modifier le cours ? La moindre intervention peut entraîner bien des conséquences imprévisibles... Jake fait d'ailleurs ses armes sur des gens qu'il connaît : le concierge du lycée notamment, Harry Dunning, handicapé (et traumatisé) depuis que son alcoolique de père a massacré sa famille quand il était encore enfant. Dans la fin de cette première partie, Stephen King renoue donc avec sa spécialité, le thriller violent et sanglant. Beaucoup de suspense tandis que Jake s'évertue à contrecarrer ce drame familial, d'autant plus que « le passé est tenace », il n'aime pas être changé, qu'on interfère dans ses plans. Et surtout, « la résistance au changement est proportionnelle aux répercussions que tel ou tel acte risque d'avoir sur le futur ». Présenté comme un authentique protagoniste doué d'une volonté propre, ce passé presque maléfique s'évertue ainsi à semer les embûches sur la route de Jake et l'intrigue prend une allure quasi surnaturelle. Ensuite, l'intérêt est happé par l'impact de l'intervention sur les événements... Parfois moindre, parfois radical (« virage à 180 degrés »), souvent retors ! Car tout changement du passé est « agent de destruction pour l'avenir »... Et toujours cette fascination de revivre une scène à la fois identique et subtilement différente, cet incroyable « carillon harmonique » qui fait se répéter les mêmes situations ailleurs, à un autre moment, avec des personnes différentes, en un formidable mais effroyable jeu d'écho.

Cette première partie est aussi une savoureuse et nostalgique immersion dans l'Amérique de la fin des années 50, début des années 60. En attendant qu'Oswald fasse son entrée dans l'intrigue, Jake s'installe dans une petite ville sympathique, trouve un poste d'enseignant dans un lycée, et une petite amie adorable, Sadie. A tel point qu'il n'imagine même plus repartir en 2011 ! Et c'est vrai qu'il est séduisant le mode de vie de cette époque révolue, même s'il y manque quelques marques de confort contemporain, et l'auteur nous le décrit avec justesse et enthousiasme, ce qui contribue grandement au plaisir du roman.

L'affaire Kennedy n'émerge qu'à la moitié de l'intrigue. Toute la période d'observation de la « cible », très socio-politique, est moins avenante mais néanmoins fascinante : il est toujours intéressant de voir comment se tissent les décisions et les actions à venir. le lecteur est immergé dans L Histoire, vivant de l'intérieur la crise des missiles de Cuba, et c'est véritablement là que Jake prend la mesure de « l'immensité des choses avec lesquelles il joue ». Mais c'est aussi là où vont se croiser la petite et la grande histoire... Car le fait que Jake se soit « installé » dans cette nouvelle vie interfère aussi sur les événements, et il va devoir faire des choix personnels cornéliens...

Le dénouement est à la hauteur de cette épopée de 800 pages : monumental, plein de surprises et d'émotion, et c'est avec regret que l'on quitte Jake Epping...
Si vous aimez Stephen King, ce roman vous surprendra. Sinon, nul doute qu'il va vous réconcilier avec l'auteur !
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