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Critique de Ladybirdy


Ladybirdy
  19 août 2019
Rubiel et Federico sont deux très jeunes enfants, confiés à l'orphelinat de Colombie. Les deux enfants n'auront pas le même destin. Federico sera choisi par un couple français. Quant à Rubiel, il sera celui que personne ne veut.
« Lui aussi aurait aimé se blottir dans les bras d'une mère. Lui aussi aurait aimé être bercé par la voix tendre et grave d'un père. Mais ce n'était pas lui qui avait été désigné pour vivre tout cela. Non, ce n'était pas lui. Il se sentait trahi par le monde entier. »
Rubiel s'échappera de l'orphelinat pour errer des années durants dans le ventre de la rue.
Pour survivre, le gavroche misérable s'imagine la vie en France auprès d'une famille aimante.
Rubiel et moi.
Rubiel est moi.
Rubiel est mort un 9 novembre 1991 jour où son ami de chambre lui est enlevé.
Rubiel devient Vincent ce même 9 novembre 1991 jour où la Colombie restera derrière lui.

Portrait mêlant réalité et auto-fiction, Vincent Lahouze trace les mémoires d'une vie arrachée à son pays natal. Les difficultés ne le quitteront jamais dans ce sentiment persistant de l'abandon. Qu'aurait été sa vie s'il était resté en Colombie ? Il l'imagine... Sans pathos, sans tricher, des rencontres pour seul salut, avec les livres avec l'amour, la résilience en drapeau blanc.

Pour un premier roman, c'est fort, c'est beau, ça prend aux tripes, des phrases qui crient, qui pleurent, qui saignent, qui cherchent l'absolution. D'un côté, ça pleure les larmes d'un amour jamais trouvé près d'une famille, cette obsession d'être aimé juste un peu. D'un autre, ça pleure l'amour qu'on se refuse de recevoir parce que le rejet, l'abandon coulent dans les veines.

La plume est délicieuse, forte, incandescente.
« Rubiel voulait vivre et combattre à sa manière, un stylo en guise de lame et de l'amour déguisé en poésie en guise de bouclier. »

Rubiel, cet enfant volé à l'enfance, à l'amour, à la vie.
Rubiel, démon de mes nuits, ange de mes jours. Tu es parti le laissant nu pour toujours. Rubiel e(s)t moi. Vincent.
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