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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  28 février 2020
J'avais aimé la bande annonce du film, mais comme l'occasion ne s'est pas présentée de le voir, j'ai décidé de lire le roman. J'ai apprécié le débat sur la vieillesse des femmes (« Les hommes mûrissent les femmes vieillissent »). J'ai moi-même 45 ans et l'on sent bien que les regards s'attardent moins sur soi (« Personne ne nous aime personne c'est horrible tu le vois dans la rue tu le sens t'es vieille les regards me traversent »). Mais faut-il s'en désoler pour autant ? Il peut être appréciable de ne plus être vue comme un objet de désir aux yeux des hommes, c'est parfois pesant ! le fameux Chris dont Claire tombe amoureuse est en réalité un pauvre type « complètement con ». L'essentiel est tout de même d'être en harmonie avec soi-même, pas d'exister à travers les autres.

Le roman évoque également le travail d'écriture des écrivains qui mêlent souvent réalité et fiction (« Vivre pour avoir matière à écrire, écrire ce qu'on ne peut vivre »). J'avoue que la (poly)forme de l'ouvrage m'a déstabilisée : le récit démarre par un interrogatoire de police, puis se présente comme un entretien entre l'héroïne et son psy, mais chaque fois nous n'avons que les propos De Claire, qui par ailleurs débite son texte quasiment sans ponctuation et multiplie les jeux de mots. Ensuite changement de narratrice, c'est une certaine Camille (comme l'auteure…) qui prend la parole dans un long courrier à son éditeur, nous racontant une autre version de l'histoire qui aurait inspirée celle De Claire et vient s'y superposer. J'avoue avoir commencé à décrocher à ce moment-là : les deux versions se répètent même si elles diffèrent, et l'ensemble est un peu confus puisque les personnages réapparaissent mais sous un jour différent. Marc le psy prend également la parole lors d'une réunion avec des collègues pour évoquer le cas de sa patiente et enfin le roman se clôt sur la discussion (toujours en monologue) du mari de l'héroïne avec son avocat. Au bout du compte je n'ai pas compris le fin mot de l'histoire…

Je suppose que c'était voulu par l'auteure qui cherchait à démontrer le pouvoir d'un écrivain à jouer avec les faits, ainsi que cette capacité, en chacun de nous, de s'inventer des vies, notamment sur les réseaux sociaux (« Nous sommes tous, dans les fictions continues de nos vies, dans nos mensonges, dans nos accommodements avec la réalité, dans notre désir de possession, de domination, de maîtrise de l'autre, nous sommes tous des romanciers en puissance. »). Claire est-elle névrosée (« Les gens s'en foutent de la vérité. Ce qui compte, c'est ce qu'ils croient. ») ou bien manipulée ? le mystère reste entier.
Finalement je ne vais pas regarder le film.
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