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Critique de Takalirsa


Takalirsa
  05 juillet 2017
Comme dans "Luz" du même auteur, le roman s'ouvre dans une ambiance de vacances ensoleillées en pleine nature, entre vieux cerisier, cours d'eau et collines à perte de vue, faisant renaître la joie simple et saine (aujourd'hui perdue ?) des jeux extérieurs. Lola est une petite fille pleine de vie et intrépide qui, loin de s'ennuyer dans ce coin sauvage, s'y invente mille aventures.

Et voilà que débarque Aymen, un jeune réfugié en provenance d'Alep en Syrie, dont la famille fuit la guerre. Les parents sont hébergés par la mère de Lola le temps d'obtenir des papiers et du travail, tandis que le jeune garçon vient se changer les idées à la campagne. Entre ces deux-là, c'est le choc de deux mondes. Aymen, "désorienté et perdu loin de son pays et des siens" rechigne à évoquer l'horreur de ce qu'il a vécu. Lola s'évertue à "montrer à son nouvel ami syrien que la vie vaut la peine d'être vécue".

Cependant, l'emmener visiter "la ruine maudite" n'était pas son initiative la plus astucieuse... Aussitôt, Aymen y voit un parallèle avec son propre vécu, et l'histoire liée à la vieille bâtisse abandonnée fait écho à la sienne : "une maison qui brûlait, une bombe qui explosait, les hurlements d'une mère et de ses filles", il n'en faut pas plus pour faire remonter les mauvais souvenirs et la terreur qui y est liée. Aymen redevient un petit garçon apeuré et les incidents s'enchaînent.

La suite des événements est un peu plus convenue, mais tout l'intérêt de cette petite intrigue réside véritablement dans le fait qu'elle évoque un sujet d'actualité grave dans un roman accessible aux plus jeunes. Elle fait aussi réfléchir sur ces mots qu'on utilise parfois à tort, comme "- Terroriste ! cracha-t-elle. Lola regretta instantanément ce qu'elle venait de dire", ou ces amalgames malheureux : "-Les Arabes ne mangent pas de cochon. C'est connu. - Tu confonds avec les musulmans, reprit Aymen, d'une voix calme". Enfin, l'auteur aborde le ressenti de ces réfugiés souvent mal perçus dans leur pays d'accueil : "Le pire, ça faisait trois ans qu'il le vivait au quotidien, à travers les gestes, les paroles et les sous-entendus des nombreuses personnes que ses parents et lui avaient croisées depuis leur départ d'Alep". La fin de l'aventure laisse heureusement espérer qu'une nouvelle vie démarre pour le jeune Syrien, sous les meilleurs auspices !
Lien : https://www.takalirsa.fr/un-..
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