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Critique de deidamie


"Zzzz... zzzz...

-DEBOUT LA-D'DANS!!!

-Aaah! Quoi?

-Réveille-toi, grosse méduse adipeuse! le printemps est là, ça suffit d'hiberner! Allez hop, critique!

-Hein? Quoi?

-Mais oui! allez, on rebranche le cerveau! On sait que t'en as un, 'fin, moi j'y croyais pas, mais on a une radio pour le prouver.

-OK, OK, j'arrive... (bâille) le temps de faire deux... trois... cafés... zzzz... zzzz...

(au mégaphone): -DEIDAMIIIIIIIIE! DEIDAMIE-DEIDAMIE-DEIDAMIE-DEIDA...

-C'est bon, c'est bon, ça suffit! Arrête ce bruit!

Bonjour les Babélionautes! (bâille) Excusez-moi... Aujourd'hui, on s'offre une petite virée dans le merveilleux avec le premier tome du Cabinet des fées, de madame d'Aulnoy.

-La meuf qui écrivait des contes débiles, là? L'Oiseau bleu, Florine, tout ça?

-Tout ça, et plus encore! Une meuf qui a comploté pour envoyer son mari à la Bastille, quand même.

-Quoi?

-Hé oui. Madame d'Aulnoy, mariée très jeune à un homme à un homme qu'elle n'aimait pas d'abord, qu'elle apprit à détester ensuite, fomenta une machination pour l'embastiller. L'intrigue fut découverte et elle dut fuir à l'étranger! Ses complices, eux, furent arrêtés et décapités!

-On n'apprend jamais les biographies intéressantes au lycée. C'est quand même autrement plus intéressant que Rousseau et ses érections pendant les fessées!

-Elle revint, ouvrit un salon littéraire en 1690 et commença à publier ses textes.

-Ah! Parlons-en, des textes! Mes dieux, quels récits insupportables! Un ramassis de niaiseries sans fin, nappées de sauce mièvre, détrempées d'eau de rose jusqu'à l'écoeurement! Les mêmes motifs reviennent dans chaque histoire: de beaux jeunes gens, des fées qui portent leur caractère dans leur nom, malédictions, bénédictions, mille péripéties absurdes, des mystères révélés à la fin... et un des contes se montre ouvertement raciste!

-Je ne peux pas te donner tort, Méchante Déidamie. Oui, ces textes ont vieilli, parfois mal...

-Et le cliché de la princesse enfermée/emprisonnée/à secourir/à laquelle il faut obéir, rhâââh, mais je n'en peux plus!

-Mmh. Ce n'est pas si simple que ça! Tu en as une qui sait chasser, se battre, elle lutte physiquement pour se sauver!

-Mouais, mais elle va arrêter quand elle sera mariée. C'est Nul!

-Tu peux aussi interpréter ces motifs comme... comme des exemples de résistance face à l'oppression ou au malheur qui te fait espérer des jours meilleurs! Quant à celle qui a des demandes impossibles, n'oublie pas que nous ne sommes pas si loin des romans de chevalerie, dans lesquels l'amant obéit sans murmurer à sa dame.

Il reste difficile aussi d'ignorer tout l'aspect horreur du mariage imposé lorsque tu connais l'expérience de l'autrice, et cette perspective frappe aussi bien les princes que les princesses.

J'ai également éprouvé une heureuse surprise: les contes de madame d'Aulnoy ont directement inspiré, ce me semble, ceux de la comtesse de Ségur! J'ai retrouvé dans le Cabinet des souvenirs: ceux de l'aspect spectaculaire des Nouveaux contes de fées: les bijoux extraordinaires, le goût pour le luxe et le raffinement des objets, les matériaux précieux pour construire palais et bateaux...

-Et comme tu aimes le bling-bling, tu craques.

-Oui. J'adore ces images continuelles de beauté et d'abondance, j'avoue. J'ai également pris grand plaisir à déguster le langage de Mme d'Aulnoy! Elle montre plusieurs fois un humour moqueur en glissant ici ou là des allusions à des personnes existant dans sa vraie vie. Et ces mots, ces expressions! "miaulis", par exemple, j'adore! Et la princesse changée en biche, elle se "débichonne" quand elle reprend forme humaine!

-Mais regarde-moi ça, Déidamie, le texte croule sous les hyperboles, ça ne ressemble à rien!

-Moi, je trouve que ces exagérations donnent du charme à la prose! Et puis, elles en rajoutent tellement qu'elles me font sourire...

-Aaaah, mais des fois, ces histoires sont trop looongues...

-Pas faux... j'ai pris toutefois grand plaisir à lire la plupart d'entre elles et j'ai refermé le livre en gardant la sensation que ces contes avaient été rédigés pour le plaisir, le sien et celui de son lectorat. J'ai eu l'impression que ses histoires invitent à rêver d'amour et de perfection, tout en ne se prenant pas au sérieux."
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