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Critique de LeScribouillard


LeScribouillard
  31 janvier 2018
C'est l'histoire d'un centre commercial où l'on peut se servir dans absolument dans tout ce qu'on veut. On y trouve toutes sortes de merveilles et des tas de personnages étonnants dans un endroit totalement mirobolant où il n'y a qu'un seul problème.
C'est qu'on est dans un livre pour adultes. Donc ça implique que ce n'est pas Willy Wonka qui est aux commandes, mais une bande de jeunes gosses de riches, et donc qui se cachent des non-dits et des envies de fortune de plus en plus grandes. Et aussi que c'est une satire du capitalisme. Et puis, s'il y a tout ce qui peut être commercialisé, ça veut dire qu'il y a aussi... Hum...
De toute façon, ce n'est pas le premier abruti venu qui y rentre, à Days. Non, il faut que l'élite passe la première. On te distribue une carte pour que tu paies avec, pour que tu veuilles en avoir une qui te permette d'acheter davantage, et surtout pour que tu sois fier D'APPARTENIR à ce bon sang de magasin.
Oui. À Days, les clients sont bien plus que de simples clients. Ils sont des rois. Ou des esclaves, on ne sait pas vraiment. Les foules hystériques se ruent vers les promos, perdant leur humanité les cinq minutes que dure l'incroyable réduction au rayon Chaussettes. Il faut que le public soit aveuglé par des flashes. Il faut les posséder complètement, que les moutons hypnotisés crachent jusqu'à leur dernier rond. Days, c'est une spirale vicieuse, c'est une saloperie immonde qui vous suce votre libre-arbitre, mais pour les consommateurs, c'est avant tout le plus grand, le plus beau, le plus incroyable de tous les mégastores. Parce que oui, il y en a d'autres.

Oui mais agencé comme ça, c'est trop facile. Un enfant de cinq ans peut vous le dire que c'est mal, d'être un méchant bourgeois. Seulement, regardez l'hystérie collective lors des grands évènements, les bagarres qu'il a eu pour des pots de Nutella à -70%. L'obsession du pouvoir d'achat qui viennent faire venir et acheter les consommateurs obnubilés par leur portefeuille. Vous seriez dans cette dystopie, vous vous y seriez mis vous aussi. Et un jour sans doute, l'Oeil vous aurait arrêté pour avoir tenté de voler à l'étalage ou pour avoir tabassé gravement quelqu'un d'autre.
D'ailleurs, aucun personnage n'a le monopole de la noirceur. Septimus Days, le premier PDG de Days et le responsable de tout ce bordel ressemble étonnamment à Steve Jobs ou à Mark Zuckerberg : visionnaire, passionnant, obsédé par l'idée que l'humanité puisse atteindre un degré supérieur de puissance et surtout par le nombre 7. Ses six premiers fils ne savent pas comment respecter ses volontés tout en voulant amasser quand même et son septième n'a qu'une envie, c'est de leur prouver qu'il vaut quelque chose. Donald Bloom, agent à l'Oeil, essaye d'être quelqu'un de bien, lui aussi, mais il ne parvient même plus à se reconnaître dans un miroir, ce qui est magnifiquement rendu par une plume experte. Les geeks ne cherchent qu'à avoir la part de rayon qui leur revient, les lettrés doivent tenter d'organiser un attentat dans le magasin pour faire entendre leur voix.
Et puis l'histoire commence.
Endroit : unité de lieu. Un Londres ruiné par ce centre commercial qui fait plus de dix kilomètres. Qui se remet tout juste d'une crise économique monstrueuse mais qui ne fera jamais le poids devant l'hyperlibéralisme.
Durée : unité de temps. Une seule journée où tout est possible.
Intrigues : à foison.
C'est tout ça, "Days". Un suspense fabuleux, des situations hautes en couleur décrites avec ironie, des personnages mauvais qui vont perdre pour certains leurs ambitions, pour d'autres leur vie, pour certains enfin leur âme. Ce qui gâche le livre au final est peut-être le fait d'avoir quelques rebondissements trop rocambolesques dans un livre pourtant crédible. Et la fin, très trash et très noire, qui n'est pas évidente à comprendre du premier coup.
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