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Critique de nameless


nameless
  21 mai 2018
Louis Forestier et Frédéric Berthellon sont amis. Ils se sont connus dans le bourbier des tranchées au cours de la Grande guerre, le second a sauvé la vie du premier. Rendus à la vie civile, bien cabossés, Frédéric est désormais psychiatre à l'hôpital Saint-Anne tandis que Louis a intégré l'unité policière d'élite créée par Clemenceau, les brigades mobiles, surnommées les brigades du Tigre.


Lorsqu'à Nice où Louis dirige l'un des premiers services des brigades délocalisé en province, un tueur sadique et insaisissable dans le goût de Jack l'Eventreur trucide prostituées et enfants sans grande cohérence apparente dans son modus operandi, Louis appelle à la rescousse Frédéric pour l'aider à esquisser un portrait psychologique, voire psychiatrique, de celui qui égale Landru dans l'horreur de ses crimes mais dans un style cependant différent. Il requiert également l'aide de Richard Mathesson, un autre ami, gosse de riche féru d'aviation et cultivé, qui connait sur le bout des doigts l'Odyssée et l'Enéide car il apparaît au décours de l'enquête, que le tueur est un fin lettré qui commet ses forfaits en respectant le calendrier romain où se succèdent ides et nones. Jamais de meurtre aux calendes grecques donc !


Une fois encore Valentin Musso propose un roman très élaboré, à la lecture savoureuse dont le titre trouve son sens dans les dernières pages. L'intrigue est à la fois simple et complexe, des secrets de famille qui ont formaté l'Ogre, mais elle est d'un bout à l'autre, crédible, humaine, sans effusion de violence inutile. Tous les rebondissements sont justifiés et parfaitement intégrés à l'histoire. La priorité est donnée par l'auteur, en premier lieu à l'amitié indéfectible entre Frédéric et Louis soudés par leurs souvenirs de la boucherie, en second lieu au travail des policiers après la première guerre mondiale avec les balbutiements de la dactyloscopie et les premières photographies de scènes de crimes, les relations naissantes et déjà difficiles avec la presse. L'évocation de Nice dans les années 20 est saisissante de réalisme, sans aucun doute grâce à la documentation encyclopédique potassée par l'auteur ; l'intrusion de la psychiatrie dans les enquêtes policières est également largement détaillée avec de nombreux rappels historiques. Le style est soigné, Valentin est prof agrégé de littérature et de langues anciennes, ça se sent. Sa culture, son savoir, sa pédagogie, servent l'intrigue et l'alimentent mais ne sont jamais pédants ni donneurs de leçons. Tout ce que j'aime !
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