AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
>

Critique de MassLunar


MassLunar
  16 septembre 2021
La récente maison d'édition Mangetsu ( label manga de Bragelonne pour rappel) est actuellement dans une veine de mangas d'actions historiques. Après Chiruran qui se déroule durant l'ère Edo en 1859 et Keiji ,réédition d'une série du fameux Tetsuo Hara , voici donc Butterfly Beast ,une courte série en deux tomes qui mêle élégamment action, assassinat et sensualité le tout dans une période historique où les shinobis, véritables armes vivantes, se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un contexte de paix des plus fragiles.

En effet, suite aux nombreuses guerres féodales, le Shogun Tokugawa a instauré une paix austère mais fragile qui a plongé les nombreux shinobis et autre guerriers façonnés par la guerre dans une retraite soudaine. Certains sont devenus des civils et ont changés de profession, d'autres sont devenus tout simplement des hors-la-loi. Sans seigneur à servir, totalement dépassées par cette période de paix, ces personnes rompus aux techniques du shinobi et qui n'ont connus que la guerre sont devenus des "réprouvés" , des anciens shinobis tombés dans la criminalité. Mais il existe une dernière catégorie d'ex-shinobis : les chasseurs. Nous suivons l'un d'entre eux en la personne d'Ocho. Courtisane le jour et assassin la nuit, Ocho, une véritable beauté fatale traque un par un ces anciens shinobis tombés dans la criminalité.

Un style très élégant et détaillé où la beauté côtoie la mort, Butterfly Beast est un seinen historique de qualité scénarisé et dessiné par Yuka Nagate, une mangaka qui a travaillé aux côtés de Tetsuo Hara mais qui est connue dans nos contrées pour la série criminelle Gift +/- . Auparavant, elle a signé cette petite série historique Butterfly Beast en deux tomes et sa suite Butterfly Beast 2 en cinq tomes encore inédite en France. A voir si le label Mangetsu décide donc de rééditer la deuxième série mais à voir la qualité de ce premier tome, on ne peut que le souhaiter...

Petit mot sur l'édition, une édition de qualité avec une jolie mise en valeur de notre héroine qui se poursuit dès les premières pages avec de remarquables planches colorisées. L'équipe de Mangetsu réalise un bon travail au niveau de la forme avec le choix d'une couverture mat lisse tout simplement agréable.

Sans doute inspirée par le travail de Tetsuo Hara, le dessin de Yuka Nagate impose un style affirmé, un coup de crayon précis qui privilégie aussi bien la lascivité de notre héroïne que la violence qui l'entoure. Pour le chara-design de son héroïne, Yuka Nagate avoue s'être inspirée notamment de l'actrice japonaise Meiko Kaji dont la beauté froide fut immortalisée grâce au film Lady Snowblood. Ochô est une magnétique héroïne qui donne à Butterfly Beast un parfum enivrant de sensualité et de mélancolie.

Ce manga est loin d'être un titre optimiste ou porteur d'une certaine bravoure. Cette courte série nous conte la fin d'une époque à travers des laissés-pour-compte qui ne trouvent plus leur place dans cette société. Des armes vivantes qui sont ensuite jetées en période de paix. de ce fait, certains affrontement entre Ochô et d'ex-shinobi sont assez sinistres telle que la confrontation entre la kinoichi et son ancien élève désespéré.

Le titre est volontiers mélancolique et sa violence est exprimé dans une certaine noirceur teintée de tristesse. Nous en avons un exemple avec le père et sa fille dans un passage poignant et sans concession. C'est ce qui donne à ce seinen historique toute sa puissance et sa délicatesse.

Ce premier tome de Butterfly Beast est un savoureux mélange de tristesse, de sensualité et de violence. Pour l'une de ses premières séries solo, la mangaka Yuka Nagate dépeint un excellent seinen historique qui entremêle la violence des laissés-pour-compte et la sensualité d'une véritable femme fatale.
Commenter  J’apprécie          51



Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Ont apprécié cette critique (3)voir plus