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Critique de Ptitgateau


Ptitgateau
  20 juillet 2017
Connaissez-vous Agatha Crispies (Oui j'ai bien écrit Crispies), la célèbre détective sévissant à New-York York Colorado ? Et là, fort surpris(e), vous me demandez :
- « Il y a un New York dans le Colorado » ? Et je vous demande en retour :
- "Il y a un New York sur côte Est ? » moi, qui sors tout émoustillée par la lecture de ce roman hilarant (si toutefois, on accroche à cet humour qui passe ou qui casse).

Ce New York, celui dont j'ai fait connaissance il y a maintenant 370 pages, est à ne pas manquer avec ses cent-cinquante âmes, ses cent-quatre-vingt-dix-huit ronds-points, ses écureuils radioactifs et sa célèbre entreprise, « Trou Divin », fournisseur officiel de donuts (à ne pas confondre avec un autre établissement du même nom mentionné dans le livre et que la morale m'interdit de citer et aussi parce que vous le découvrirez), fournisseur donc, du poste de police le plus original de ce coin perdu au milieu de nulle part, où règne un dangereux multirécidiviste qui grille allègrement l'unique feu rouge de la ville, où les policiers, laissant courir les dealers d'Aspégic et de Guronsan, s'adonnent au plaisir du tricot, du sudoku, des fléchettes ( attention, il faut aimer la bière et savoir roter pour participer à cette activité) ou font partie du plus grand et du meilleur club de lecture de New York, Colorado.

C'est dans ce décor de rêve qu'évolue notre héroïne, qui tient sa place dans tous les sens du terme, avec ses seins touchent la Californie, tandis que son postérieur fricote avec le New Jersey. Il faut dire qu'Agatha Crispies, incontestablement d'origine africaine, se nourrit exclusivement ou presque, de donuts au chocolat dont elle éparpille les miettes sur les lieux des crimes qu'elle doit élucider afin de quitter New York Colorado où il n'y a pas de réseau, pas d'internet, donc pas de Facebook, ni personne à tuer à part le temps, pour retourner vivre à New York, New York, le vrai, celui de la côte Est.

J'ai dévoré ce roman, certainement pas en raison de son insoutenable suspense, l'intrigue me paraissant dépourvue de tout intérêt, mais bien accrochée à cet humour souvent absurde mais ô combien délicieux, à se demander où Romain Puértolas a pu aller dégoter ces idées !

Mais il n n'y a pas que cet humour dans l'histoire, on y retrouve bien des clins d’œil à de célèbres romans, des passages entiers dédiés à des œuvres maîtresses de la littérature française et américaine, voire espagnole, anglaise et j'en passe, ( il faut reconnaître qu'Agatha est maître dans l'art de décortiquer les œuvres à défaut d'élucider les mystères concernant les meurtres), des réflexions sur le racisme, des passages qui interpellent les lecteurs de polars sur la différence entre les polars des séries et la vraie vie, des aspects de la pratique policière auxquels on n'avait pas pensé ( je crois que je serai désormais plus attentive à la façon dont les héros menottent les délinquants, au vocabulaire employé en parlant d'une arme et aux petits détails amusants mentionnés tout au long du récit.

En résumé je me suis bien éclatée et, moi qui ai tendance à me débarrasser des livres lorsque je les ai lus, et particulièrement des policiers parce que j'en connais désormais la fin, je vais garder précieusement celui-là pour le relire, histoire de passer encore de bons moments.
C'est dire : j'ai eu envie de me rationner : pas plus de cinq pages par jour pour faire durer le plaisir. Et puis finalement, je n'ai pas pu m'empêcher d'aller m'y réfugier dès que l'occasion s'en est présentée !

Je ne connaissais pas Puértolas, mais je compte bien combler cette lacune en lisant ses autres romans.
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