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Critique de kielosa



Un billet en hommage à l'homme qui m'a fait rire aux larmes avec ses imitations inoubliables d'illustres personnalités et qui, hélas, nous a quitté des décennies trop tôt, à l'âge de seulement 34 ans, en 1986.

Je me souviendrai toute ma vie de son imitation de François Mitterrand, tout y était : le ton affecté et un brin pompeux, le rythme particulier, le choix très personnel du vocabulaire de l'ancien président français. Rien que d'y penser, je dois faire un effort pour ne pas me mettre à rire des fines trouvailles de Thierry le Luron, qu'entretemps je connais pourtant pratiquement par coeur.

Et une ribambelle de politiques en France ont été les "victimes" de son humour grinçant, Charles de Gaulle, Giscard, Chirac, Barre, Chaban-Delmas, Marchais etc. Mais aussi d'autres artistes, tels Aznavour, Dalida, Halliday, Claude François etc.

Cet art d'imitation développé à un degré aussi poussé est rarissime. C'est sa mère, Huguette Gousserey (1922-2009), qui a été la toute première à découvrir ce talent spécifique chez son fiston d'à peine 6 ans. Pas étonnant que Thierry ait pu déclarer des années plus tard : "l'imitation c'est ma seconde nature".

Sa fin dramatique et douloureuse m'a fait remettre la lecture de cet ouvrage à plus tard, pendant une bien longue période. Car cette fin horrible est, bien entendu, inévitable dans toute biographie digne de ce nom.

La demi-soeur de l'artiste, de 7 ans son aînée, Martine Simon-Le Luron, historienne de formation et bibliothécaire de profession, a eu le courage d'aborder ce tragique épisode du décès de son jeune frère avec tout le tact que seul un sentiment profond d'amour fraternel peut assurer. Quand bien même si Thierry lui avait suggéré, en mars 1986 et donc 8 mois avant de mourir : "Tu écriras ma biographie !"

Pour celles et ceux qui ignoreraient les raisons de sa disparition à un âge si terriblement jeune, je me limite à noter que le grand imitateur a succombé aux séquelles d'un cancer faisant suite au sida (syndrome ď'immunodéficience acquise).
Je ne vais pas résumer ce processus des derniers mois, juste que l'auteure explique : "Le cancer, il en faisait son affaire, le sida aussi, j'imagine ; je sais que jusqu'au bout ou presque, il a cru en sa victoire sur la maladie" (page 27). Martine mentionne aussi ses vrais amis, ceux qui lui sont restés proches jusqu'aux derniers moments, ainsi que les excellents soins de l'éminent cancérologue Léon Schwartzenberg (1923-2003).

À travers le récit de la famille le Luron, nous faisons connaissance avec un petit galopin certes doué mais aussi travailleur, car perfectionniste. Tout au long de sa carrière de 17 ans bien remplis, Thierry le Luron a attaché une importance primordiale au moindre petit détail d'une préparation pour laquelle il ne s'épargnait vraiment aucun effort. Ainsi, selon sa soeur, avant chaque représentation le pauvre perfectionniste était envahi par un trac sérieux, ce qui m'a surpris. Mais en somme tout à fait compréhensible pour quelqu'un qui tirait son grand bonheur de l'enthousiasme de son public.

En guise de conclusion, je dirais que l'ouvrage de Martine Simon-Le Luron rend ce phénomène de Thierry le Luron à la fois plus humain et sympathique.
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