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Critique de sandrine57


sandrine57
  20 juin 2018
Le temps a poursuivi sa course depuis ce funeste 1er janvier 1900 qui a vu naître le siècle et mourir le consul Frimann. Bergen s'est relevée du gigantesque incendie de 1916 et de la Première guerre mondiale et la ville connaît une expansion économique qui semble ne jamais vouloir prendre fin. Mais si les riches s'enrichissent, les pauvres bénéficient peu de la croissance. La colère gronde chez les ouvriers qui revendiquent de meilleurs salaires et des conditions de travail plus décentes, galvanisés par le succès de la Révolution d'octobre en Russie. Particulièrement actif chez les employés du tramway, le Parti communiste norvégien organise une grande grève pendant que certains notables de la ville complotent au sein du nouveau Parti national, inspiré par les théories qui émergent en Allemagne. Ces dissensions politiques s'invitent jusque sur la scène du théâtre de Bergen où doit se jouer une pièce militante au grand dam du président de la société qui voit d'un mauvais oeil la propagande communiste.
Mais les années n'ont pas effacé le souvenir du meurtre du consul Frimann, une affaire résolue quand le principal suspect a signé ses aveux en se suicidant devant les policiers venus l'arrêter. Pourtant, alors que le délai de prescription approche, les deux policiers chargés de l'enquête e peuvent s'empêcher de creuser quelques autres pistes. En vain. le mystère continue de planer sur la véritable identité du meurtrier et ceux qui savent continuent de se taire.

Après les avancées technologiques, Gunnar Staalesen nous entraîne, dans ce deuxième tome, sur un terrain plus politique : la lutte des classes, les grèves, le syndicalisme, l'opposition ville/campagne, la montée du Parti communisme et l'émergence d'un nationalisme inspiré par l'Allemagne.
Quant aux nombreux personnages, ils ont vieilli, certains sont morts. Les enfants et adolescents sont devenus de gens gens pressés d'en découdre avec le monde, sur les traces de leurs pères ou en total opposition avec les traditions familiales. Les moeurs changent aussi. Alors que les jeunes filles de bonne famille attendent un fiancé digne de leur rang, les filles du peuple préconisent l'amour libre et l'égalité des sexes.
Si la saga de Bergen est toujours passionnante, le style de Staalesen gagnerait à être épuré, surtout quand il promène un de ses personnages dans la ville et qu'il énumère chaque quartier, chaque avenue, chaque rue traversés. Ce n'est pas un roman qui se déguste, que l'on peut poser pour y revenir plus tard. Il faut s'accrocher, les personnages, aux noms bien norvégiens, sont très nombreux, abandonnés parfois pendant un moment, jusqu'à ce que l'auteur y revienne alors qu'on a oublié leur histoire personnelle. Mais tout cela n'est rien en comparaison de la somme de travail et de l'incroyable travail de documentation fournis. Pour tout savoir sur Bergen, il faut lire Staalesen et cette saga riche en informations mais aussi en émotions diverses.
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