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Critique de florencem


florencem
  18 juin 2019
J'ai tellement aimé ce roman que je ne sais pas comment vous en parler au final... C'est tout de même assez contradictoire en soi, mais je ne sais pas, il y a tellement de petites choses qui ont fait que cette lecture a été une petite merveille qu'il est difficile de m'imaginer lui rendre justice correctement. Enfin, je vais essayer.

C'est l'histoire est un peu dingue, je vous l'accorde, d'Esther et de sa famille, les Solar qui sont victimes d'une malédiction lancée par la Grande Faucheuse. Une mise en route étrange qui m'a d'abord donné l'impression que j'étais dans un asile de fou, avec un côté surnaturel qui accentue cette ambiance folie douce. Et puis au fur et à mesure que j'entrais dans l'histoire, je me suis aperçue qu'il y avait bien plus que cela, et que derrière cette dérision et cet humour, se cachait en fait une grande souffrance. L'auteur, Krystal Sutherland, a vraiment su me happer de part son style très sarcastique et piquant. Elle manie son histoire avec justesse et en même temps, il y a cette envie de dédramatiser le tout en le rendant plus "normal" et fantaisiste à la fois. C'est une approche intelligente, drôle, imaginative, pleine d'espoir qui n'enjolive rien et qui rend les personnages attachants sans qu'on s'apitoie sur eux, ou bien qu'on se sente déprimé lorsqu'on prend conscience de toute la gravité de la situation.

L'ambiance "loufoque" prédomine dans la première partie. On y découvre les personnages, nous annonçant un père agoraphobe, une mère a fond dans le spiritisme, un frère qui voit des créatures dans le noir, une meilleure amie qui refuse de parler, un coq tortionnaire, des lapins partout dans la maison, et un grand-père qui connait la Mort en personne. Et puis Esther, qui a fait une liste de ses cinquante peurs, répertoriées depuis ses onze ans. Je ne savais pas trop où j'avais bien pu mettre les pieds, je l'avoue, mais j'étais intriguée. Sans compter qu'Esther a un franc parlé, des références à plein de films, un discours sarcastique et caustique que j'adore et une attitude et une façon de pensée qui sortent de l'ordinaire. Lorsqu'elle revoit un ancien camarade de classe et qu'ils décident tous les deux d'affronter les peurs d'Esther une à une, je me suis dit que oui, j'allais adorer ce roman. Il ne pouvait pas en être autrement.

Alors, oui, les premières semaines que l'on suit avec Esther et Jonah ont ce côté attendrissant et plein d'humour. Je ne me moque pas, mais avoir peur des homards ou des phalènes... c'est plutôt inhabituel. Mais la peur n'est pas vraiment cohérente après tout, et le fait de vouloir vaincre ses phobies demande du courage et surtout un travail sur soi que je trouve admirable. C'était mignon. Et puis, à côté de cela, on apprend aussi à découvrir la vie d'Esther et surtout sa famille. Si aux premiers abords, j'avais trouvé cela un peu étrange, du genre la famille Adams revisitée, on prend ensuite rapidement conscience que toute la famille souffre, énormément, mais que chacun n'arrive pas à surmonter ce qui le ronge et qu'aucun d'eux n'arrive à demander de l'aide. C'est Jonah, élément "perturbateur" et extérieur qui va provoquer ce déclic. Il sera lent et non sans douleur, mais bénéfique. Dépression, addiction, folie, phobie... et cette malédiction qui ne fait qu'accentuer l'état mental des Solar. le côté farfelu disparaît au fur et à mesure. On ressent la souffrance, les difficultés de chacun, le fait que l'amour que l'on porte à nos proches n'est parfois pas suffisant pour les sauver, cette détresse absolue qui vous ronge, les efforts que l'on finit par ne plus vouloir faire, cette destruction qui ne touche pas qu'une seule personne... "L'exploitation" des maladies mentales est intelligente et sans chichi. Bien entendu, le tout est romancé, mais à travers les yeux d'Esther, j'ai ressenti sa peine et ses doutes.

Le plus de cette histoire est la présence de la Mort, et plus particulièrement de son incarnation. On oscille entre réalité, légende et folie mais que l'on croit ou pas à ce personnage, j'ai trouvé que vis-à-vis des sujets traités, de l'ambiance et des protagonistes, le tout était vraiment sympathique. Une histoire en parallèle avec celle d'Esther qui donne du sens en ajoutant une touche de fantaisie. Il y a aussi de nombreuses prises de conscience et une dédiabolisation des maladies mentales qui fait plaisir à lire. Pas de culpabilisation non plus, mais plutôt un partage et une mise en avant du fait que nous ne sommes pas seuls.

Alors, je ne sais pas si j'ai réussi ou pas à vous donner envie de lire Un jour plus que parfait. J'ai tellement à dire que je pourrais en parler encore longtemps, mais voici l'essentiel. Je vais me pencher sur le premier roman de Krystal Sutherland, qui je l'espère me plaira autant.
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