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Critique de Doryenis


Doryenis
  05 janvier 2020
À la fin, j'ai pleuré. Non pas parce que c'était triste, mais plutôt parce que ce prologue m'invitait à quitter cet univers qu'était Bâl'Shanta. Je ne voulais pas partir, pour rien au monde je ne voulais revenir sur Terre. Car la réalité est assez banale finalement. On se lève le matin, on travaille, on rentre chez soi, puis on se couche. Et c'est comme ça presque tous les jours. On ne se repose que pour mieux s'épuiser au travail. Et c'est psychologiquement insupportable. C'est pour cette raison que j'ai décidé de me plonger dans les livres.
Je suis tombé sur le Tome I des Ailes d'Émeraude par hasard à Auchan, le style d'Alexiane de Lys, dès le prologue, m'a tout de suite happé dans le monde de l'illusion. Je ne voulais pas m'arrêter au monde des Kamkals, alors j'ai voyagé jusqu'à celui des Torgas.
Quel bonheur de tomber sur un personnage aussi exotique ! Une jeune lycéenne arrogante et qui a tout pour se faire haïr. D'ordinaire, les histoires trop fantaisistes ne m'attirent pas vraiment. Mais étrangement, j'ai chéri ce monde qui s'était offert à moi. Et mon coeur, pour la première fois depuis longtemps, a recommencé à tambouriner dans ma poitrine, et à me hurler : "Ça y est, j'ai réappris à aimer." Ce monde, Bâl'Shanta, est magnifique, il n'existe que dans l'esprit de chaque lecteur, et chacun d'entre eux le voit à sa manière, et c'est ce qui lui apporte encore plus de richesse.
Quand je tiens ce livre entre mes mains, j'ai le sentiment de tenir tout ce qui compte pour moi, toute cette illusion lyrique et littéraire, tout ce petit royaume, que j'aime plus que tous les humains que j'ai fréquentés dans ma vie.
Ce récit au présent nous fait nous sentir au coeur d'une épopée sensationnelle où Alexiane de Lys parvient toujours à rajouter une étincelle de suspense à la fin de chaque chapitre. L'auteure, à travers Lomé, sait se montrer philosophique :
"- L'homme n'est pas fait pour mourir. Pourquoi rêverions-nous d'éternité, si c'était le cas ? Les animaux n'ont pas peur de cette fin. Bien sûr, leur instinct les pousse à survivre, mais ils ne cherchent pas à retarder l'échéance. Cette notion ne devrait même pas nous effleurer l'esprit et pourtant, contrairement à eux, nous voulons prolonger notre vie. Nous avons peur de ce qu'il y a après. Nous sommes les seuls à nous demander ce qu'il s'y passe. Je suis encore jeune, je n'ai évidemment aucune envie de mourir. Mais je vais te dire ce qui nous fait tenir, ce qui nous empêche d'accepter l'inéluctabilité de nos existences : l'espoir. Or, je ne sais pas si tu as remarqué, mais ma situation en est complètement dépourvue. Alors oui, je me suis résignée. Et bizarrement, c'est beaucoup moins effrayant de regarder la mort en face que de chercher à la fuir."
Et l'amour aussi donne de l'ardeur à cette trilogie :
"J'atterris à plusieurs centaines de kilomètres de là, au fond d'un gouffre sombre.
le monde est noir, sans vie, sans émotion, sans couleur. Pas de peine, pas de peur, pas de chagrin. Pas de joie ni de bonheur non plus.
Juste le vide.
Ce sont mes muscles qui se remettent en marche en premier. Des tressaillements parcourent mon corps immobile et je les sens se répandre comme des séismes de plus en plus forts. Mais le monde est toujours dénué de couleurs. J'ai presque envie d'y rester. C'est plutôt facile de ne rien ressentir, de flotter simplement, de ne pas avoir à penser aux conséquences de ses actes.
de se laisser dériver.
Puis une sensation vient chatouiller mon esprit, le caresser, le cajoler, le ramener à la vie. Une sensation que je connais bien, qui fait presque partie de moi. C'est elle qui fait naître en moi la première émotion :
L'amour.
Mon coeur s'ouvre et je reprends conscience.
Mes yeux s'ouvrent à l'instant où elle s'empare de mon esprit."
Ce passage... mais quelle beauté, quelle flamboyance, quelle précision de style ! Merci, Alexiane de Lys. Ce vide dont cet extrait parle, je l'ai vécu, et je le vis encore aujourd'hui, sans vouloir raconter ma vie. Mais ce qui me fait tenir, jour et nuit (quand je ne parviens pas à m'endormir), c'est l'espoir de voir un jour une nouvelle trilogie, qui viendrait à nouveau combler le vide de mon âme, une nouvelle illusion qui me bercerait, et qui me consolerait en me gardant de la violence de la réalité. J'en suis arrivé à un point qui parfois m'effraie dans ma vie, ce stade où les humains ne me font plus rien ressentir. Seuls les livres, la musique, les séries et les films y parviennent. Je ne m'éprends plus que d'illusions parfaites.
Si Madame de Lys passe par là, j'aimerais qu'elle soit bénie de toute ma gratitude, et surtout, qu'elle comprenne l'ampleur de son travail. La lecture sauve des vies. Les Ailes d'Émeraude a sauvé la mienne, et le Secret de Lomé l'a prolongée. Les romans d'une telle auteure illuminerons encore bien d'autres existences.
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