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Critiques de Aurélie Olivier (7)
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Mon corps de ferme

Cet ouvrage sorti aux "éditions du commun "

est un tout petit livret au beau papier.

Du beau papier, et une sacrément belle écriture

pour nous entraîner dans ce monde agricole

très abîmé, qui continue de s'abîmer

mais aussi et surtout d'abîmer la terre,

les consommateurs et les agriculteurs.

C'est un regard triste et révolté qui sonne

Le tocsin sur ce monde à l'envers

qui persiste au nom du profit.

L'écriture est poétique.

Une poésie qui hurle à la mort, au mal-être ..

On croit comprendre

que ce texte serait autobiographique ..

C'est un cri aigu

que nous entendons .

Impressionnant !
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Mon corps de ferme

C'est le deuxième recueil de poèmes que je lis chez les Editions du Commun et il confirme mon intérêt pour cette maison. Au départ, j'ai été un peu déroutée par le côté très terre-à-terre des premiers poèmes, où apparaissent des noms d'institutions agricoles et des statistiques. Et puis comme souvent, finalement, c'est dans ce côté inattendu que j'ai vu surgir la poésie.

Sous un ton factuel, la juxtaposition du traitement des bêtes avec le quotidien des enfants de ferme, le sexisme ordinaire de la (non) répartition des tâches domestiques et les slogans publicitaires font émerger le monde agricole tel que je ne l'avais encore jamais vu en poésie. Sans idéalisation ni misérabilisme, c'est tout un pan de la société auquel Aurélie Olivier donne place. J'ai beaucoup aimé son écriture, faussement neutre, et ses jeux de mots qui, parce qu'ils sont rares et bien placés, m'ont semblé très efficaces. C'était une lecture surprenante qui m'a tout à fait convaincue.
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Mon corps de ferme

Dans une ferme de Bretagne l’enfant imprévu de pousser un cri

silence le cri du cochon devient comestible

et la mentalité paysanne de devenir carré par modernité

cupidité disent les prés

les patates en poudre aux yeux de s' arrondir sous l’entreprise et la région de devenir un immense abattoir

les femmes de paysans ploient sous les disparités

à élever sans discuter

le nuage transperce le déni et un bébé d'apparaître dans un lit

on se marie dit le prêtre et la bienséance

en silence bête de somme

et si l’engagement en corps dès l’instant

la fille au troupeau inattendu n’échappe pas au conditionnement

le corps de ferme s’ancre tendre sous les bottes de paille

la religion irrite les souffles

conforme chuchotent les messes basses

la poésie à vivre d’autres vies

et ne surtout pas se plaindre du moins pire

avant

et les souillons invisibles de nourrir des rêves paraboles

labourez braves la dette inséminée toxique

les tentations d’annexions en bouffe saine

vain

A l’abattoir

et d’investir les tremblements de l’enfance spectatrice

l’enfant Tchernobyl crie que tu ne souffres pas d’hallucinations

mon œil reflète

les nitrates du gasoil ou du pas de chance

et les mélanomes de nous absoudre ou dégénérer

les cheveux encore sur tête pour moi la choroïde

et les médias experts de tricher rassurer sans sauver les corps malades

peux-on ?

des larmes se goinfrent d’espoir

je plussoie

et la lumière de démanger les mots de déranger les morts

sans s’effondrer

en corps

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Mon corps de ferme

Rien que le titre gifle, joue sur les mots, les images. Le contenu dérange aussi, fait de ruralité, d’animaux de ferme abattus, transformés en vulgaire viande à nourrir les humains. Tout ceci dans une poésie brutale en vers libres, à la fois terriblement lucide et magique par sa langue au cordeau.



Tout commence dans les années 50, les paysans sont devenus des forces vives de la Nation. Ils se sont modernisés, nourrissent tant et tant de citoyens, alors que les gouvernements motivent par les remembrements. D’un agriculteur à l’autre, d’une ambition à l’autre, il est toujours possible de finir « paysan directeur général », gérer une grosse exploitation où il sera possible d’exploiter… des ouvriers.



Portes ouvertes sur l’agriculture intensive (des chiffres parlants d’eux-mêmes sont révélés ici), pesticides et diverses bombes à retardement. La Bretagne est prise en exemple, et ce n’est pas précisément joli. Le catholicisme, les croyances s’en mêlent, la Terre appartient au Seigneur, alors… Et puis les fêtes de villages, on s’enivre, on oublie tout, on devient à son tour une bête, tandis qu’un peu partout les publicités colonisent l’espace public.



On appuie sur « pause » lors des congés payés, on s’évade. Puis on reprend exactement où l’on s’était arrêté avant les vacances. Un monde qui tourne en vase clos, communautariste, recroquevillé, endetté (ah, les tracteurs hors de prix, qu’aucune famille ne pourrait se payer sans les crédits exorbitants, ni les aides de l’Etat).



Le monde bouge il paraît. Alors tout doit bouger, jusqu’à l’absurdité, jusqu’à la nausée :



« Les cafés du port proposent



des glaces au goût Schtroumpf



mais les algues vertes sont bio







Binic est une petite boutique



qui enfouit l’étable sous la mer



les Bretons ont le teint halé







Les touristes se projettent



lunettes de soleil sur le nez



Armor-Lux prêt-à-porter »



Avec grande habileté, Aurélie OLIVIER joue avec les mots, les malmène, les entortille, les « élastise », les remodèle, les sculpte, les déforme, et nous les renvoie en pleine poire. Car les images sont crues, font mal, nous attaquent au cœur de notre zone de confort, celle où nous préférons restés aveugles. Nous aussi avons été témoins d’émissions de télé-réalité faisant la part belle au quotidien fantasmé de l’agriculteur, tandis qu’invisibles sortaient de terre les pesticides, entraînant de nombreuses maladies graves, parfois mortelles, en une omerta collective et caractéristique.



« Mon corps de ferme » est un récit de vie, une enfance ballottée au milieu de la pollution inodore dans un monde replié, isolé, retranché. C’est ceci que la poétesse Aurélie OLIVIER met à jour, c’est un immense coup de poing, mais de seulement 55 pages de quelques lignes chacune. On aurait bien accepté un peu de rabe. Sans produits chimiques. Paru toute fin 2022 aux éditions du Commun, ce texte est violent, fort, de la poésie historique et documentaire à partager et à transmettre.



https://deslivresrances.blogspot.com/


Lien : https://deslivresrances.blog..
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Mon corps de ferme

Voici un recueil pas tout à fait facile à ranger dans une librairie. Est-ce un recueil de poésie ? Oui, totalement. Est-ce une biographie ? Aussi. Une histoire de l'agriculture ? Mais oui. Est-ce un essai sociologique ? Presque. Un texte politique et féministe ? Certes.

Aurélie Olivier évoque son enfance dans un milieu rural à la fin du 20e siècle, en Bretagne. En la lisant, on constate qu'elle sait raconter sans trop en dire, avec ses mots et d'une façon bien à elle, avec un humour parfois grinçant, avec des double-sens et des raccourcis.

Son "texte terroir tout-terrain" dit l'agro-alimentaire et non l'agriculture des grands-parents avec "adorables petits veaux qui viennent de naître" et "promenades en tracteur", mais celle où "les tracteurs coûtent jusque 300000 €", où "le crédit patates attise les appétits" [et la dépendance], qui peut "tuer deux personnes par jour". Elle parle aussi du catholicisme encore bien présent, de cette ruralité qui modèle le monde et le consumérisme, en précisant que "votre labeur fera votre beurre". Dans son versant plus intime, elle s'intéresse au corps, à la maladie qu'elle a subi, au sexe, au genre, "Les femmes servent à manger / Les hommes servent à boire". Le tout est exprimé dans une métrique maîtrisée pour expliquer ce qui l'a faite bifurquer vers la direction d'une association artistique.

Les Éditions du Commun [Rennes] ont porté son texte dans un joli petit livre, avec une belle mise en page.



Cette surprenante lecture poétique du monde agricole contemporain dans sa version productiviste est rare, peut-être inédite. Un énergique texte militant à ne pas manquer !
Lien : https://lecturesdereves.word..
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Mon corps de ferme

Bref récit de 50 pages sur le regard d'une jeune femme, relatant son enfance paysanne dans une ferme laitière en Bretagne.

Constat sombre sur l'agriculture "moderne", le rapport aux animaux, à la Terre, un univers en vase clos soumis à la religion ...

La poésie d'Aurélie Olivier, lumineuse et âpre, fait bouillir nos larmes.



Energique, lucide, terriblement vivant ...

Très belle découverte !
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Mon corps de ferme

Une blogueuse m'avait recommandé ce livre, très court (55 pages), mais elle l'avait qualifié de percutant, ce qui a attisé ma curiosité.



Bien que je ne sois pas familière avec la lecture de poésie, l'aspect féministe m'a intriguée, donc j'ai décidé de le découvrir.



Certains poèmes m'ont vraiment plu, tandis que d'autres m'ont moins touchée.



Ce livre, mêlant essai et poésie, m'a plongée dans un monde rural difficile, surtout pour les femmes et les enfants, mais j'ai trouvé cette expérience enrichissante.



Il aborde aussi la vie des animaux dans les fermes, révélant les réalités du monde agricole moderne : le traitement des animaux, l'agriculture intensive, la place des femmes, le sexisme persistant, les dettes et la surconsommation.



La lecture de ces poèmes est à la fois étonnante et pertinente, proposant les mots de l'auteure qui s'est inspirée de son vécu et de son expérience dans ce milieu agricole.



"En 1976, 67 ans après les salariées,

les paysannes ont un congé maternité

14 semaines pour les salariées

contre 14 jours pour les paysannes"
Lien : https://www.instagram.com/cl..
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