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Par caro64, le 01/06/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
À l’heure de vérité il entrevit sa propre vanité d’avoir cru qu’il était maître de sa destinée. Il ne comprenait pas quelle force intérieure l’avait poussé à faire ces choix. Son existence entière n’avait été qu’une fuite loin des repentirs et il avait traversé cette vie sans l’habiter, sans attache, avec le sentiment pressant de s’être hanté soi-même. Un être sans reflet. Un fantôme tout au plus. Il aurait voulu ne pas finir sur ce regret. Frôlé par la mort, il ressentit avec une lucidité effrayante tout l’amour qu’il avait encore à donner.
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Par caro64, le 01/06/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Dans un état second, Blandine en fuite suivit les sirènes de police qui gémissaient dans les rues amenant leur lot de crimes crapuleux, de révolte et de sang. Elle suivit l'écho des ambulances partant livrer leur cargaison de blessés et de macchabées. Elle suivait la plaine rageuse, étirée, l'agonie tout en fureur de la Ville lumière. Et Paris la pieuvre, le monstre magnifique, Paris l'écorchée vive hurlait à s'en fendre l'âme.
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Par caro64, le 11/07/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Des pédophiles des quatre coins du globe se retrouvaient sur ce site pour faire tourner la planète du vice.
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Par caro64, le 30/05/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Toucher le fond ne signifiait rien. Une sérénité étrange l'habita. Il était enfin arrivé au bout de lui-même.
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Par hoel, le 10/01/2011
La onzième plaie de
Aurélien Molas
- Chaque enquête a sa musique... Chaque enquête a sa musique..., répéta-t-il.
Le manuel de police, c'est le solfège. La scène de crime : l'instrument. Un indice équivaut à une note. Transpose ce que tu vois sur une partition.
Une façon bien à lui de supporter l'abjection. C'était aussi le seul moyen qu'il avait trouvé pour canaliser ses accès de violence.
[...]
Il se força à suivre le tempo de l'enquête, à s'ouvrir à son organisation mélodique, mais des questions fusaient déjà comme des riffs brouillant le thème central. Un morceau de jazz en impro.
Il s'attaqua à la dissection. La musique dans son crâne se fit plus secrète, comme un solo de saxophone se perdant dans les basses. Sa main trembla légèrement quand il approcha la lame pour éventrer la boîte dans la longueur.
[...]
Il enclencha le magnéto :
- Lundi, 28 novembre, 21h12, cale du porte-container le Dolly Bell. Objet : DVD pédophile.
Il sortit de sa mallette un lecteur portable, ouvrit avec précaution la jaquette et inséra le disque. La lecture débuta par un plan d'un bleu uniforme, sans nuance, qui s'estompa peu à peu. Dans son crâne, des sons se chevauchèrent. Le rythme de la batterie se cala sur les pulsations de son coeur. Un crescendo sorti de nulle part explosa. Sa voix gronda dans les profondeurs de la cale.
[...]
Chaque enquête a sa musique.
Mais il s'était bel et bien trompé. Tout ceci n'avait rien à voir avec un morceau de jazz.
Sous ses yeux, s'étalait la partition d'un requiem.
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Par caro64, le 11/07/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Un sourire de vengeance, froid et dur comme un coup de poignard.
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Par hoel, le 10/01/2011
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Léo se crispa. Il avait aussi envisagé que la page web ait été fermée. Depuis quelques années les sites pédophiles fleurissaient pour des durées limitées. À une date butoir, les données étaient transférées sur un nouveau site et un nouveau serveur, transformant le démantèlement des réseaux en un jeu du chat et de la souris.
- Quelque chose m'échappe... c'est là sous mes yeux. Il doit y avoir un moyen plus rapide... ce n'est qu'un langage..., murmura-t-il pour lui-même.
L'unité centrale gémit sous le nombre de tâches à effectuer. Derrière ces chiffres maudits, intraduisibles, des enfants souffraient. Il pouvait les entendre pleurer. Des gémissements, des peurs, numérisés froidement, s'extrayant de l'écran et emplissaient son crâne. Il voulut les faire taire, retrouver le silence, mais les cris gagnèrent en puissance, attisèrent sa migraine. Des enfants par centaines donnaient un concert effroyable, une plainte commune que lui seul pouvait adoucir.
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Par caro64, le 01/06/2010
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Cette enfant avait peur. Plus peur que nous ne l'aurons jamais.
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Par morin, le 01/07/2011
La onzième plaie de
Aurélien Molas
l'incertitude chevillée aux tripes. Au travers du voile médicamenteux, il implora d'avoir sauvé les enfants. le besoin de réponse le poussa à rassembler ses forces pour rouler sur le flanc. La dépense d'énergie le figea.
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Par morin, le 01/07/2011
La onzième plaie de
Aurélien Molas
Quand le cercueil descendit dans le trou, Blandine jeta une rose sur les souvenirs de son amour et eut la sensation charnelle que ses deux cœurs sous sa peau battaient à l'unisson.