Au bonheur des mots de
Claude Gagnière
Nous sommes tous égaux devant cette commune nécessité où nous nous devons de devoir travailler pour avoir de l’argent.
"Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front"
a ordonné l’Eternel sans préciser quelle serait la quantité de pain ni le volume de la transpiration à fournir en contrepartie. Car l’inégalité commence avec la somme reçue par chacun en échange de son travail. ce que les économistes nomment la hiérarchie -ou l’éventail- des salaires est plus ou moins accentuée selon les pays. En France, que l’on classe volontiers parmi les pays les moins égalitaires, la différence s’accroît encore avec le vocabulaire. Il existe chez nous un nombre impressionnant de mots qui ont comme dénominateur commun l’argent.
- Un employé touche des appointements
- Un fonctionnaire un traitement
- Un officier ministériel perçoit des émoluments
- Un médecin, un avocat, des honoraires
- Un employé de maison, des gages
- Un employé de commerce une guelte
- Un écrivain touche des droits d’auteur
- Un commerçant des bénéfices
- Un représentant, une commission ou un pourcentage
- Un comédien, un cachet
- Un garçon de café, un pourboire
- Un propriétaire, un loyer
- Un mendiant reçoit des aumônes
- Un curé perçoit le denier du culte
- Une mère de famille des allocations
- L’épargnant touche une rente
- Le vieux monsieur une retraite
- Un travail à durée déterminée entraîne une vacation
- Un militaire reçoit une solde
- Un administrateur de sociétés perçoit des jetons de présence et des tantièmes, etc...
Le mot qui pourrait convenir à la plupart des cas serait le mot "salaire" dont l’étymologie nous rappelle les temps lointains où l’homme travaillait pour gagner son sel, cette dernrée indispensable est rare.
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Au bonheur des mots de
Claude Gagnière
Classés par odre alphabétique, voici quelques-unes des appellations argotiques qui ont été employées depuis un siècle pour désigner l’argent en général, les billets ou la monnaie. Ce dictionnaire n’a pas reçu l’approbation de l’Académie française :
- L’artiche, l’as, l’aspine, l’aubert.
- Les balles, le beurre, les biftons, le blanc, la blanquette, le blé, les boules, la braise, la bulle.
- Le caire, le carbi, le carbure, le carme, le craisbi.
- La douille.
- Les fafiots ou les fafs, les fifrelins, le flous, le flouze, le fourrage, la fraîche, le fric.
- La galette, la galtouse, le ganot, le gibe, le grisbi, la graisse.
- Les japonais.
- Du love.
- L’os, l’oseille, l’osier.
- Des pépettes, des pésètes, du pèze, des picaillons, des pimpions, du plâtre, du pognon.
- Des radis, des ronds.
- Le Saint-Fric et la soudure.
- Les talbins, les thunes, le trèfle.
- La vaisselle de fouille (la monnaie) qui peut se décomposer en bigaille, ferraille, menouille, mitraille, monaille, mornifle...
Extraits P88/89
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