Par MonsieurO, le 12/11/2010
Owen Noone&Marauder de
Douglas Cowie
« Jaaaaaaaaaaawwwwwwwwwnnnnnnn Henry… «
Mon bras s ‘activait sur les cordes de la guitare et le public s ‘est mis à crier, certaines voix s ‘élevant pour chanter avec nous. Owen Noone et le Marauder étaient bel et bien aux commandes.
Ce qu ‘avait dit Owen au petit déjeuner se vérifiait. Pendant une heure et demi nous faisions vraiment la différence pour les gens, et c ‘était plus important que tout ce que nous faisions par ailleurs. Attaquer Jack Noone était une rigolade en comparaison. Un truc sans conséquence. C ‘était une diversion que personne ne prenait au sérieux, en dehors de nous deux, en dehors d ‘Owen. Et voilà ce que les gens désiraient : deux guitares vibrantes, sonores, et une succession de chansons pour oublier, l ‘espace d ‘un concert, tout le reste ou bien se rappeler ce qu ‘ils voudraient bien se rappeler, ressentir brièvement une joie fragile en regardant et en écoutant un spectacle qui était là pour les traverser, une chose simple qu ‘ils comprenaient ou qu ‘ils n ‘avaient pas besoin de comprendre. Il leur suffisait de croire en ces deux types sur scène, en leur – en notre – capacité à chasser tout le reste.
Owen a demandé à la foule de chanter encore plus fort pour Jack Noone juste avant d ‘attaquer « Yankee Doodle », et tout le temps o๠ils ont chanté et o๠nous avons joué, c ‘a été la chose la plus importante du monde pour un bon millier de personnes, mais cette chose perdait sens au-delà des cinq minutes de la chanson. Le lendemain matin, de retour chez eux, quand ces gens diraient à leurs amis que à§ ‘avait été un concert formidable, quelque chose serait déjà perdu dans leur récit, et quand ils mettraient leur CD pour écouter « Yankee Doodle », ils en retrouveraient une bribe, mais seulement une bribe. Puis ils vieilliraient, ils auraient des factures à payer , des gosses à gronder, ils finiraient par retrouver Owen Noone & Marauder tout en bas d ‘une pile de CD, ils le joueraient et le fil ténu du souvenir les ramènerait presque à leur point de départ. Alors ils souriraient en se rappelant comme c ‘était rigolo quand ils étaient jeunes.
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