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3.55/5 (sur 11 notes)

Nationalité : Uruguay
Né(e) à : Montevidéo , 1953
Biographie :

Felipe Polleri, né en 1953 à Montevideo, est un écrivain uruguayen.
Diplômé en bibliologie, il a travaillé pendant près de quatorze ans à la Bibliothèque Nationale de Montevideo. Il collabore à l’hebdomadaire culturel du journal El Pais.

Source : http://www.christophelucquinediteur.fr/auteurs/#/felipe-polleri/
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
j'utilise des chemises de faible qualité, en accord avec mon travail de concierge, et des pantalons larges et décolorés et un peu courts. (...) Sans oublier les bretelles. Un pantalon sans bretelles serait beaucoup trop élégant et digne. Un concierge ne peut pas être digne. Ça m'est interdit.
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Je suis mort. Je suis mort il y a quatorze ans. Maintenant que j’y pense, toute ma famille est morte. Je n’ai ni frères ni sœurs. Je n’ai jamais voulu en avoir, ni de parents, bien sûr. J’aime à penser que je suis le fils d’un renard et d’une poule. Ou d’une plume et d’un couteau.
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Aujourd’hui j’ai reçu mon premier salaire. Quelques pesos.
De nos jours, les billets sont plus grands que ceux d’avant, et les grands hommes qui les illustrent semblent sortis d’une galerie de tueurs en série du début du xxe siècle.
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un concierge, endormi dans le hall, ça rend dingue les propriétaires et locataires de n'importe quel immeuble.
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Un voisin de mon âge s’était noyé dans son propre vomi d’ivrogne ; à l’heure de m’offrir le corps de son unique fils, la mère n’hésita pas et le médecin du quartier certifia le décès de Christopher Marlowe ; ils veillèrent le cadavre dans un cercueil fermé et l’enterrèrent au pays du Jamais-jamais-jamais. Je suis né à nouveau quelques mois plus tard ; ils sont venus me chercher à Manchester avec une demi-douzaine de documents (dont la carte d’identité et l’acte de naissance), et c’est ainsi que je suis devenu Shakespeare. Mais vous croyez peut-être que rien de tout cela n’est arrivé, qu’il ne s’agit de rien de plus que d’hallucinations d’un malade mental qui a trop souvent été interné au Watson Hospital. Je me fiche de ce qu’ils pensent, car ils sont en train de lire les mots d’un mort publiés par son exécutrice testamentaire. Je suis certain que ce fut une longue (et sanglante) hallucination dans laquelle il y avait forcément théorie conspiratrice, un délire typique. Des cercueils disparus. Des scientifiques fous qui signent de faux certificats de décès. Des ouvriers du bâtiment qui chuchotent autour d’un cadavre masqué jusqu’à ce que Batman ou bien Churchill arrive. Enfin : ce qui est sûr c’est que tous les jours des gens meurent et renaissent sous un autre nom. C’est une industrie qui, si en temps de guerre elle est entre les mains de Sa Majesté, en temps de paix est l’affaire de particuliers. Nous vivons dans un monde qui nous persécute. Il est naturel que beaucoup y voient l’opportunité d’un magnifique commerce aux ramifications internationales. C’est vrai qu’en général, on l’utilise au profit des mauvais, mais, de temps à autre, un innocent en sort favorisé. Mais je suis en pleine hallucination, je l’ai déjà dit. Tous mes amis affirment que j’ai changé de nom pour enterrer, définitivement, la Grande Limace Noire. D’autres disent que je l’ai fait pour ridiculiser la critique en l’embrouillant avec Marlowe et Shakespeare. Qu’est-ce que j’en sais. Nous les écrivains, et les déments plus encore, nous avons tendance à faire une fable du plus insignifiant des épisodes de notre vie, aussi monotone et ennuyeuse soit-elle.
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Et figurez-vous que moi j'étais dans ce bus non pas avec un pauvre mais avec des milliers ! Tout ça parce que ma femme, cette jument, avait pris la voiture !
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28 avril
Nous les Ordinateurs nous vivons dans de petites maisons insignifiantes, misérables. (à presque une heure en bus de l’immeuble.)
Dans mon abri, je garde tous les dossiers. Rosa n’a pas le droit d’y entrer. Toutes les portes de la Terre sont aux hommes, mais la porte de l’abri est à moi. Nous avons droit, nous les anges gardiens, à une porte. À une « porte étroite », selon les Écritures. Je sais que l’écrivain du 101 écrit dans mes « dossiers » que la seule chose que je fais c’est de dessiner des lettres inventées entre les lignes de mes petits carnets, des lettres majuscules qui n’existent pas, parce que « l’idiot ne sait ni lire ni écrire ». Peut-être que je ne sais pas écrire, comme il le dit, mais je sais ce que lui écrit et ce qu’écrivent (et pensent et rêvent) tous les habitants de l’immeuble, et je consigne tout cela dans mes dossiers.
Vers quatre heures du matin, j’ai refermé le dernier dossier et suis allé me coucher. J’ai encore rêvé de la valise noire qui se déforme et se transforme en cercueil. Les rêves récurrents, tout le monde le sait, même l’écrivain du 101, ne sont rien d’autre qu’un instrument divin. (On m’a encore avisé que la vie de Laura était entre mes mains.)
Ensuite, j’ai rêvé que « maman » était morte dans mon propre lit. Je l’ai secouée ; mais c’était « maman » qui me secouait.
— Il y a beaucoup de travail. Réveille-toi.
J’ai enfilé mes chaussures ridicules.
Sur le chemin du Travail j’ai vu un mannequin, grand et blond comme Laura ; il portait une minijupe et des chaussures rouges et des talons hauts. Des chaussures de pute. J’ai détourné mon regard ; je suis un Ordinateur et je dois me tenir à l’écart des tentations…
Au pâté de maison suivant, je me suis arrêté devant un magasin de jouets. J’ai regardé les poupées, et j’ai eu honte aussi. J’ai couru pour arriver à temps au Travail, devançant « maman » qui avait mal au dos.
— Il est tard, grogna Reyes.
— Non, j’ai dit.
— Rosa arrive à deux heures moins le quart. Elle est où, imbécile ? a-t-il crié, en me poussant comme si j’étais une poupée de chiffon.
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Il m’a dit qu’il ne fermait jamais la porte à clef. Il avait perdu la clef. Il m’a proposé de revenir avec un serrurier. Il m’a dit, comme s’il ne m’avait pas écouté, qu’avant il avait utilisé toutes sortes de serrures de sécurité et que, bien souvent, il avait érigé des barricades dans divers « points stratégiques » de l’appartement. Mais, aujourd’hui, il ne s’en remettait plus qu’au hasard. Jusqu’à cet instant, a-t-il dit, il les avait évités grâce au hasard. N’avaient-ils pas ouvert toutes les portes de tous les appartements des centaines et des milliers de fois, à l’exception de la sienne ? Il n’avait pas que le hasard de son côté, a-t-il dit ; s’ils ne l’avaient pas trouvé, c’était parce qu’ils se déplaçaient beaucoup trop lentement. C’était la véritable raison. Des escargots, a-t-il dit. C’est vrai, ai-je dit. Je les ai vus traîner ces valises avec des milliers de clefs qui les épuisent immédiatement ; plus d’une fois, en entrant ou en sortant de l’appartement, car lui ne sort jamais, j’ai vu un des « persécuteurs » assis dans un escalier ou un couloir de l’immeuble, se reposant, s’essuyant le front avec une manche, essayant de reprendre son souffle, à l’ombre d’une de ces valises difformes. J’en étais presque arrivé à croire, a-t-il dit, que c’étaient des vendeurs ambulants ou des employés d’une entreprise de déménagement. Il a ri en remuant la tête. Pouvait-il confondre un valise avec un fauteuil ? Ces valises étaient énormes, gigantesques, monstrueuses. Je lui ai dit que moi aussi je les avais vues. Je lui ai demandé qu’il m’explique tout point par point ; je lui ai dit que, comme lui, je croyais que personne ne pouvait confondre une valise avec un fauteuil ou un vendeur ambulant (ou un employé d’une entreprise de déménagement) avec un des persécuteurs et ses valises.
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Je dois maintenant reconnaître que Lord X et ses subordonnés, dont je faisais partie, n’ont pas fait la relation entre les assassinats des enfants et les assassinats (perpétrés par le groupe commando) de sept d’entre nous. C’est un détective privé, Mister Sherlock Holmes, qui a dit à Lord X qu’en plus d’un assassin en série, nous devions chercher un commando allemand qui se cachait derrière le masque du Fantôme. À son inégalable perspicacité notre profonde gratitude. Cinq minutes après, je ne sais ni comment ni pourquoi, j’ai été interné au Watson Hospital. Aurais-je égorgé Marina et mes enfants ? Ou Lord X ? Ou Sir Winston Churchill ? Je me suis dit que j’avais moi-même décidé de m’enfermer. Ou cette fois, il y a toujours une première fois, étais-je vraiment devenu fou ? Ce qui est sûr, c’est que j’étais là, parmi les infirmiers et les fous. Aucun infirmier ne voulait s’approcher de moi de trop près ; je suis de ceux qui peuvent te tuer avec une épingle tordue. En outre, moi j’ai toujours été interné de ma propre volonté. C’est que je sympathise avec les fous, en plus de me convertir en l’un d’eux de temps en temps. Il s’avère que je suis extrêmement violent et, quand je pense que j’ai été sur le point de poignarder le vendeur parce qu’il ne m’a pas parlé avec suffisamment d’amabilité, je me fais enfermer pour le bien de tous (et du vendeur). Cette fureur, qui me fait trembler de joie quand ma main saisit le couteau, oui, avant d’attaquer, c’est ce que j’appelle ma maladie.
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Les proches ont commencé à arriver et à se rassembler autour du cercueil ou du gâteau ou peu importe ce que c'était ; des femmes avec leurs petits et des bougies blanches, des hommes avec des nœuds noirs accrochés au revers de leur veste. Ils lui ont coupé la tête, dit La Voix. Un homme est sorti de la resplendeur de la cuisine et s'est mis à gratter les ongles du petit avec un couteau ; j'imagine qu'il lui en a extrait dix petits violons microscopiques. En outre, je suppose que l'homme était un ange. Le téléphone m'a réveillé.(p.15/16)
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