Nationalité : Belgique
Né(e) à : Bruges , le 18/08/1968
Bizarrement, ce n`est pas un livre mais une bataille qui m`a donné « envie d`écrire ». A l`âge de 9 ans j`étais témoin d`une « bataille de cour d`école » alors que je me décidais à devenir écrivain et commençais… une pièce de Théâtre. J`ai découvert la force littéraire du conflit. Et jusqu`à présent, j`ai toujours préféré la bataille des mots à la conversation des poings.
Les livres ne font que m`encourager, m`inciter à continuer. Puisqu`un auteur ne peut se retirer que lorsqu`il meurt, l`idée d`arrêter d`écrire ne m`est jamais venue à l`esprit, pas même dans mon subconscient. Enfin, je pense…
La Nausée de Jean-Paul Sartre, L`Etranger d`Albert Camus et Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche. Ce ne sont pas seulement les trois livres que j`ai découvert par moi-même pendant mon adolescence, ce sont aussi les trois livres que j`ai achetés avec mon propre argent.
Par ailleurs, au même âge, j`ai apprispar cœur des extraits de Rabelais, François Villon, Ronsard, Shakespeare et de Rostand et les récitais avec un ami comme d`autres criaient les noms de leurs clubs de football favoris.
L`œuvre de Kafka. Même après de nombreuses relectures, elle reste mystérieuse. La simplicité est trompeuse, le sérieux est rempli d`humour, l`humour est triste, le style sec est plein d`émotion contenue… En d`autres termes, on comprend tout et en même temps… on ne comprend absolument rien.
J`ai passé le stade d`avoir honte de ne pas avoir lu certains livres mais je n`ai pas encore dépassé celui d`en faire une confession publique détaillée.
« Oracle manuel et art de prudence » de l`Espagnol Baltasar GRACIAN. C`est un recueil de 300 maximes, écrit en 1647. Véritable "manuel d`arrivisme" selon les uns, ‘manuel et art de prudence” selon le titre.
La question du livre n`est pas ‘Comment puis-je obtenir le pouvoir?` (comme chez Machiavelli) mais “Comment puis-je me protéger?`
Ce recueil a été lu et admiré par Voltaire, François de la Rochefoucauld (l`auteur des Maximes), Nietzsche (spécialiste de l`aphorisme) et Schopenhauer (qui l`a traduit et l`a décrit comme le meilleur écrivain qu`il connaissait)
La traduction française de 1978 s`intitula : Manuel de poche d`hier pour hommes politiques d`aujourd`hui et quelques autres…L`édition française de 2005 souligne que l`ouvrage serait un favori des milieux d`affaires et de la finance new-yorkaise… (!)
Écrit au 17ème siècle dans un style baroque quelque peu précieux, il se lit aujourd`hui come un ouvrage contemporain : aiguisé, concis, sombre, brillant et pratique à lire juste avant une interview, un important rendez-vous d`affaire ou… un entretien avec Babelio.
“ Il y a des miroirs du visage, mais point de l`esprit : réfléchir sur soi-même peut en tenir lieu. »
De nombreux classiques qui ornent ma bibliothèque ont essayé en vain d`attirer mon attention pendant dix ans avant que je ne me mette soudainement à les rechercher, comme si je ne pouvais plus vivre une minute de plus sans les lire. Les classiques supportent le temps, ils survivent. Au contraire de chaque lecteur. Quand on déclare que la réputation d`un livre est « surfaite », c`est peut-être qu`on a besoin de plus de… temps.
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Les journalistes, Monographie de la presse parisienne par Honoré de Balzac. Ecrit en 1843, au tout début de la presse populaire, il constitue aujourd`hui encore une analyse très aiguisée, sans pitié et plein d`esprit des médias du XXIème siècle. Tout ce que l`on peut remarquer ou reprocher aux médias modernes –sa vanité, son inconstance, son abus de pouvoir, tout y est déjà.
Un essai étonnamment actuel, presque prophétique, comme si Balzac était un écrivain contemporain et a critique des temps postmodernes !
-Le Comte de Monte Cristo d`Alexandre Dumas (et de son nègre littéraire Auguste Maquet !). Je suis intrigué par le paradoxe qui fait que si le style n`est pas si littéraire, qu`il est parfois négligé et pourtant ! il est impossible d`arrêter la lecture ! On continue même jusqu`au milieu de la nuit (et au-delà). C`est un livre qui a un effet dévastateur sur le « bio-rythme et la condition physique ».
- Premier amour de Tourgueniev : Ce n`est pas de première classe, ce n`est pas très bien équilibré, c`est parfois artificiel, mais quand même : C`est tellement romantique ! tellement naïf !tellement réel ! tellement… premier amour !
En dessous de l`âne, il y a le modèle du psychothérapeute. L`âne n`a qu`une seule oreille, mais avec cet instrument sensoriel il a une infinie capacité d`écoute. Tout comme le psychothérapeute, l`âne qui écoute, parle très peu. Et dans la plupart des cas il ne le fait qu`en utilisant le sobre dialogue socratique. Ainsi il semble tenter, comme Socrate, de libérer les personnages de ‘leur` propre vérité, de ‘leur` propre ‘conseil` qui pourrait leur aider avec leurs problèmes.
Ce n`est pas une coïncidence si dans le tout premier conte philosophique du Livre Premier et de toute la série, La psychothérapeute, ses souffrances et son cabinet, l`âne reçoit la visite d`une psychothérapeute qui, d`ailleurs, a urgemment besoin d`une thérapie, puisque son mari, aussi un psychothérapeute, est parti avec leur femme de ménage, "cette chinetoque maigrichonne qui n`a même pas été fichue d`apprendre le mot « baiser » dans notre langue !"
– Je me console à l`idée, dit la psychothérapeute, qu`un mariage heureux, ça signifie en général qu`il n`y en a qu`un des deux qui puisse être heureux. Et l`expérience m`apprend que, cette fois-ci, ce ne sera pas lui.
– C`est dans votre livre ? demanda l`âne.
– C`est dans tous les livres.
Sans aucun doute. Nous avons tous les moyens de communication à notre disposition et pourtant nous vivons une époque où les communications entre êtres humains semblent plus compliquées que jamais. Les dia-logues sont souvent des mono-logues à deux. On parle mais sans ne jamais rien dire, ou alors juste pour dire ce que l`on veut dire. Et comme la plupart des personnages qui visitent l`âne-thérapeute dans le livre, nous n`écoutons pas et sommes même sourds à notre vérité intérieure, à nos propres conseils qui pourraient nous aider à résoudre nos problèmes.
J`ai été surpris par le succès immédiat et unanimement positif à mon concept de « l`âne qui écoute » (Radio 1 a sciemment annoncé : « Un âne avec une oreille a conquis La Flandre ! »). Comme s`il remplissait un besoin. Comme si les lecteurs livres et des journaux où sont publiées les nouvelles, le public des performances théâtrales de ces Confidences et les auditeurs des pièces radiophoniques voulaient secrètement aller en thérapie avec cet « âne qui écoute » un peu particulier. Et un peu comme si, en même temps, ils appréciaient secrètement la Misère de l`Autre, les personnages de ces Confidences étant tellement tourmentés que leur désespoir, leur panique et leur sérieux ont souvent, à la fin, un effet humoristique.
Apparemment, les « Confidences à l`oreille d`un âne » ont effet catharsique avec le lecteur. le Magazine Knack a écrit : « on se sent submergé par une sensation de légèreté et de soulagement que seuls les tout grands conteurs de Fables, de Jean de La Fontaine à Günther Anders en passant par Voltaire, ont toujours su évoquer. »
Les deux. Dans les Confidences j`écris de ‘l`actualité intemporel` ou de ‘l`intemporel actuel`. Avec la pince à épiler de mon observation, je prends un détail de l`actualité, et je le laisse plonger dans mon imagination. le résultat est un univers littéraire qui est gouverné par les conséquences de la logique propre à l`absurde.
Il y a deux motivations possibles pour écrire de l`absurde : Ou bien vous voulez écrire de l`absurde ou bien c`est l`absurde qui veut que vous écriviez de l`absurde. Dans les Confidences, ce n`est pas une simple question de style. C`est un concept philosophique. Je crois en l`absurde comme autres personnes croient en dieu.
Après une performance théâtrale de la confidence « L`homosexuel, les hétérosexuels et la Révolution Sexuelle Totale et Radicale » durant laquelle le public s`est très bien amusé, une femme est venue vers moi en larme en me demandant : « Comment se fait-il que vous sachiez exactement l`histoire tragique de mon frère ? ». En parlant de l`absurde, vous pouvez vous approcher de la réalité, bien plus qu`en utilisant un style réaliste. Vous pouvez toucher et pénétrer un peu plus l`âme.
En fait L`absurde c`est la vraie réalité. Mais de la même façon que l` alpiniste doit chasser l`abîme de son esprit pour pouvoir la regarder en face, nous devons chassez l` « Absurde » de nos vies quotidiennes. La vraie littérature « dé-efface » l`absurde. La vraie philosophie s`étonne de l`étonnement.
Parfois les gens peuvent toucher l`âme d`un écrivain. Après un « spectacle » des fables érotiques –fables d`amour à Amsterdam, une très vieille dame voulait que je signe un exemplaire des fables Érotiques pour son mari. Elle désigna de la main un homme très très très âgé –autour de 90 ans, pensais-je – qui me regardait de son fauteuil roulant avec un regard passionné et déplaçant ses mains jusqu`à son crâne à la vitesse d`une tortue. Dans son exemplaire de fables érotiques, j`ai noté la formule des fables d`Amour : AV = (A – PA) T : « L`Amour véritable » est égal à
« l`Amour » moins « la Passion Amoureuse » puissance « Temps. »
Oui, le désert est tellement vide que l`on ne peut pas se cacher, pas même à soi-même. C`est un endroit pour la contemplation. Et voyager est une forme de thérapie. Disons que vous voyagez-pour-explorer-votre-propre-désert. J`ai moi-même traversé chaque désert du Moyen-Orient et après de nombreuses discussions intéressantes, de longues marches et de confortables feux de camps partagés avec moi-même, j`ai décidé, à partir de ce moment là – et malgré certains de mes défauts et de mes troubles de la personnalité - de m`apprécier.
Je suis surpris que l`industrie touristique n`a pas encore introduit de slogans tels que «Marcher dans le désert : Votre thérapie sans thérapeute !»
De plus, le désert et la thérapie elle-même sont une forme de fuite. de retraite temporaire. Puisque vous ne pouvez changer le monde, vous devez au moins vous changer vous-même. La réponse à la question de savoir jusqu`à quel degré on peut changer ou si cela est même possible est le thème du second volume : Confidences à l`oreille d`un âne. Livre deuxième : Le Monde dans lequel l`âne, dans son voyage dans le monde globalisé, est confronté aux nombreux dilemmes auxquels nous, êtres humains, devons faire face chaque jour de notre vie.
Le format des Contes philosophiques a été déterminé par le journal de Standaard qui a commandé cette série. Les contes sont courts simplement parce que les lecteurs de journaux n`a pas tellement de temps.
Mais cette limite pratique et extérieure de la forme devient assez vite une caractéristique intérieure des Contes : Cela force à jeter tout ce qui est superflu –pendant la relecture et avant l`écriture. Cela donne également plus de place à l`imagination du lecteur.
De tous les genres littéraires, la nouvelle est la plus difficile et la plus sous-estimée. Pour chaque nouvelle vous devez construire un roman dans votre tête et n`en publier que quelques pages, mais savoir lesquelles n`est évident que lorsque le roman est terminé dans votre tête. Un « bon écrivain », s`il on en croit Gabriel Garcia Marquez, « vaut plus pour ce qu`il déchire que pour ce qu`il publie. »
Radicalement, non. Il s`agit des versions plus condensées ou des fragments les plus forts. En tout cas, sur la scène on cherche une équilibre entre la force, l`énergie et l`excitation du conte d`une part ; et la profondeur, la beauté et la poésie de la philosophie d`autre part.
De plus, sur scène, je préfère que les mots dialoguent avec la musique. Dans les pièces radiophoniques que j`ai réalisées, chaque seconde est chronométrée et composée comme un opéra. Dans d`autres performances, comme celle que j`ai faite avec Philippe Ochem à Strasbourg (à l`occasion du conte philosophique pour le Centre National d`Études Spatiales dans le cadre de la présidence française de l`union européenne) ou avec le virtuose flamand du violoncelle Lode Vercampt, avec lequel j`ai joué la version française de la pièce, il y a un concept plus proche du jazz qui laisse plus de place à l`improvisation.
Il y a quelques traces de Platon dans le dialogue socratique et dans le personnage de « l`âne Socrate », mais il y a aussi, à l`évidence, « une touche de Nietzsche » :
Dans la 2ème Confidence, une guide touristique décrit l`étable dans la rubrique « Exquisément bon marché » (« **Charmante étable à 4,5 km du village. Tr basique mais propre. Tenue par âne avec 1 oreille » ) et caractérise l`âne comme « d`après certains, hôte aussi sage que le sage Socrate, pour d`autres, énergumène encore plus fada que la réincarnation de F. Nietzsche et T. Cooper réunis en 1 seul ».
D`après Nietzche, Socrate a (abondamment) utilisé sa Raison pour supprimer le désordre de ses instincts. Dans les Confidences toutefois, la Raison n`aide absolument personne : Ni les visiteurs en quête de thérapie, ni l`âne-Socrate-thérapeute lui-même :
A la manière des visiteurs qui perdent contrôle quand leurs Confidences s`échappent de leur subconscient, l`âne perd progressivement le contrôle tout au long du livre. « Livre Premier, le Désert » est sa « confidence » (même si son subconscient reste un mystère) :
Après la visite d`un philosophe indigent, qui plaide pour l`élimination des enfants postmodernes surdoués parce qu`ils ont lu Peter Sloterdijk, et celle d`une femme maladroite qui tente en vain de se suicider en s`explosant avec une bombe dans l`étable, Dieu lui-même rend visite à l`âne dans l`avant dernière confidence « Dieu, le Diable et la bière » alors qu`il est irrité, désillusionné et déprimé par le comportement irresponsable de l`homme qu`il a créé. Et quand Dieu montre son vrai visage dans un accès de colère après avoir bu d`innombrables canettes de bières, l`âne ne peut plus faire face et part pour un voyage à travers le monde.
Kant écrivait : « Il est si aisé d`être mineur ! Si j`ai un livre qui me tient lieu d`entendement, je n`ai vraiment pas besoin de me donner de peine moi-même. » Puisque l`âne-Socrate-thérapeute n`est pas capable d`aider ses visiteurs, et que l`écrivain des Confidences semble donner comme seul conseil au lecteur de se forger lui-même le sien, le lecteur est obligé d` « oser penser » …
Penser n`est facile ou difficile que si vous le décidez ainsi. C`est la même chose pour écrire. le scénariste Lawrence Kasdanonce disait : être un écrivain c`est comme avoir des devoirs à faire à la maison toutes les nuits pour le restant de ses jours. » Moi, je dirais : « être un écrivain c`est comme être en vacance pour le restant de ses jours. »
A part une certaine influence de Platon, Nietzsche et Kant, il y a quelques références conceptuelles aux philosophes du XVIIIème siècle et à leur genre de conte philosophique.
Mais pour le reste j`ai développé mon propre « style de Confidences ». Dans les livres qui suivent, j`ai progressivement exploré, mêlé et intégré, dans le cadre du conte philosophique, toute sorte de genres : « la colonne », le billet, la nouvelle, l`interview en profondeur, la lettre, le traité philosophique, l`aphorisme, la maxime, la conversation de marché, la conversation de café ou l`exposé des ouvriers de bâtiment…
Dans le Livre Troisième l`âne entame un voyage à travers le Désir (Fables Erotiques). Dans le Livre Quatrième il se risque sur le sentier tortueux de l`amour (Fables d`Amour). Dans le Livre Cinquième, il fait un tour dans l`état le plus absurde dans l`histoire politique (Fables Belges).
Confidences à l'oreille d'un âne. Livre quatrième : Fables d'amour de
Frank Adam
Confidences à l'oreille d'un âne. Livre premier: le désert de
Frank Adam
Confidences à l'oreille d'un âne. Livre premier: le désert de
Frank Adam
Confidences à l'oreille d'un âne. Livre troisième : Fables érotiques de
Frank Adam
Confidences à l'oreille d'un âne. Livre premier: le désert de
Frank Adam
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