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Par kounil98, le 11/07/2011
Pas d'orchidées pour Miss Blandish de
James Hadley Chase
Les premières phrases : L'affaire débuta un après-midi du mois de juillet, par une chaleur torride, sous un ciel implacablement bleu et de brûlantes rafales de vent et de poussière. Au carrefour de la route qui va de Fort Scott au Nevada et de la nationale 54, qui relie Pittsburg à Kansas City, se trouvent une gargote et un poste d'essence. La baraque en bois a pauvre apparence et ne possède qu'une seule pompe, exploitée par un veuf d'un certain âge et sa fille, une blonde bien en chair.
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Vipère au sein de
James Hadley Chase
Je me rends compte que je transpire et que mon coeur bat à coups sourds dans ma poitrine. Helen a raison, naturellement. Cette danse a quelque chose de scandaleux. De quelque mystérieuse façon, ça pue l'obscénité et la mort. Cela m'a fasciné et pourtant je me suis senti horrifié.
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Un hippie sur la route de
James Hadley Chase
Harry Mitchell ancien vétéran du vietnam se rend en Floride pour y trouver du boulot.. il y cherche le soleil, la plage et les filles. Sur son chemin il croisera la route de Randy Roache, hippie en galère dont il le sauvera d'un propable lynchage d'une bande de voyous ; Randy se rend à Paradise city pour y reprendre un boulot de Barman dans un hotel de luxe avec plage privée et au passage, l'informe que son patron cherche un maître nageur.. Harry Mitchell étant un ancien champion de natation, y ayant glané quelques médailles, accepte volontiers de s'y rendre lui aussi.. Sur le chemin, en faisant du stop, une voiture drainant une caravane s'arrete avec au volant une femme portant lunettes noires et foulard, leur demande (après avoir vérifié leurs identités et de s'apercevoir avec surprise que Harry est un ancien officier de l'armée) un service : épuisée, conduisant depuis près de 18 heures cette voiture louée, accepteraient-ils de prendre le volant jusqu'à Miami pendant qu'elle se reposerait dans la caravane jusqu'à l'arrivée ? nos deux malchanceux acceptent bien que Harry soit très réservé, se doûtant qu'il y a anguille sous roche : cette histoire ne tenant pas debout.. après avoir trouvé et lu les documents liés à la location de la voiture dans la boite à gants, Harry apprend que depuis que la voiture a été loué, elle n'a roulé que 320 kilomètres... ce qui est loin d'équivaloir 18 heures de routes... Harry ayant un mauvais pressentiment décide d'aller réveiller cette femme dans la caravane qui depuis le début n'a cessé de dissimuler son visage.. personne ne répondant à ses coups répétés contre la porte de la caravane.. après une légère hésitation et sentant une douleur sourde au ventre, il décide d'ouvrir la porte et de rentrer.. personne.
A l'exception d'un cadavre, un homme qui visiblement a été torturé...
Ce roman commence très bien !! on se dit qu'on tient là, un bon Chase comme on les aime !! un roman de suspense psychologique haletant, on se prépare à frissonner et à passer une nuit blanche.. et puis non.
Ce roman est excellent mais on reste sur notre faim, il faut bien l'avouer surtout avec les 100 premières pages très prometteuses qui préparent le terrain puis le récit se stabilise et reste statique. Mais on ne s'ennuit pas pour autant, on y lit de jolis passages, notamment lorsque Harry sympatisera avec le patron de l'hotel, Solo (un ancien caïd s'étant rangé dans la société) ancien boxeur comme Harry, se chamaillant gentiment à échanger des coups et feintes en boxe, personnage atypique et attachant voyant en Harry, son fils mobilisé encore au vietnam qu'il n'a pas revu depuis des années.. il se prendra d'amitié/amour paternel pour Harry mettant en exergue une sensiblité cachée.. j'ai trouvé ces passages de son roman vraiment touchants, troublants ; preuve que Chase sous des dehors d'écrivain "commercial" était un incontestable écrivain.. efficace oui mais aussi subtil dans sa prose voire sensible. (non non, je n'exagère pas)
En parlant de sensibilité, les dernières pages sont d'une tristesse poignante.
Donc point de récit glacial et apeurant dans ce "Un hippie sur la route" mais une histoire plutôt classique, un tantinet paresseuse mais c'est totalement pardonné car le talent i-ni-mi-table de Monsieur Chase est bien là ! et cerise sur le gateau, on y croise aussi l'inspecteur Lepski !! personnage débonnaire, très drole, cynique et avide d'avancement dans la hiearchie, marié à une épouse avec qui il se dispute souvent ! au sujet justement, de son avancement qui tarde à venir !!
Lepski est apparu dans 8 romans de Chase, son personnage est tout autant caustique qu'hilarant.. révélant une autre facette du talent de Chase qu'on aurait tendance à évincer parfois : l'humour.. car pour ma part, ça fait mouche : les apparitions de Lepski sont très drôles !! presque hilarantes ^^
Donc lecteurs potentiels, prenez conscience que ce n'est pas un suspense du tonnerre mais ne gachons pas notre plaisir, ce Chase est différent de sa production actuelle certes mais désolé pour ses détracteurs, il est réussi et trèèèès bien écrit.
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Fais-moi plaisir-- crève de
James Hadley Chase
Nue sous un peignoir blanc transparent; elle était toute prête, pour la rigolade. Elle saisit ma main, me tira dans le large escalier jusque dans une pièce; probablement une chambre d'amis. Déjà ses doigts prestes déboutonnaient ma chemise, tandis que je claquais la porte d'un coup de pied.
La performance égala celle de la veille. Seulement, cette fois, elle se trouvait chez elle; elle n'avait pas d'inhibitions. Quand nous atteignîmes le summum du plaisir, elle poussa un cri sauvage qui se répercuta dans la maison isolée et silencieuse.
Cette fois, la chute fut plus lente, mais le sentiment d'avoir été jeté dans une bétonnière demeura.
Nous nous assoupîmes, comme le font toujours les amants satisfaits. La pièce était fraîche, la lumière tamisée. Le froissement des feuilles sous la brise était l'unique bruit qui filtrait par la fenêtre ouverte.
Au bout d'un moment, nous refîmes surface. Je trouvais à tâtons mes cigarettes, lui en offris une, en pris une moi même et lui donnai du feu.
- Tu es un amant merveilleux, murmura-t-elle encore à demi assoupie.
- Toi, tu es fantastique.
Allongé sur le dos, fumant les yeux fermés, je me demandais combien d'amants avaient échangé ces paroles banales.
- Tu passes la nuit, Keith ?
C'était ce que je désirais. Elle m'avait vraiment harponné. Sexuellement, c'était la femme la plus attirante que j'avais jamais rencontrée, et Dieu sait si j'en ai connues. Elle m'avait mis le grappin dessus, si solide que j'hésitai avant de répondre :
- Non. Je voudrais bien, Beth, mais c'est trop dangereux. Tu ne le sais peut-être pas, mais tout ce patelin à la con a les yeux braqués sur moi. Je suis le premier à t'avoir vue... pour eux, tu es une des deux plus importantes personnes de la ville. Je suis sur le point de mire. Tu savais ça ?
Elle allongea son corps svelte sous le drap fripé.
- Je pourrais être la seule personne importante, pas une des deux, murmura-t-elle si bas que je l'entendis à peine.
Je la regardai.
Elle était couchée, nue, une cigarette entre ses longs doigts fuselés, les yeux fermés, le visage aussi inexpressif qu'un masque mortuaire. Je me soulevai sur un coude et la contemplai.
- Répète ça.
- Ce n'est rien. (Elle devait savoir que j'étais penché sur elle mais ses paupières restèrent closes.)
Elle bougea la main. De la cendre chaude me tomba sur la poitrine.
- Quand est-ce que je te reverrai, Keith ?
Je chassai la cendre.
- Tu sais qu'il va valoir un million de dollars à la mort de sa tante ?
Elle bougea ses longues jambes, les écarta, les resserra.
- Si je sais ? pourquoi crois-tu que je l'ai épousé ?
Je songeai à Marshall : lui ce type gras, ivrogne; puis je la contemplai : longue, mince, une lionne !
- Oui, évidemment. Il ne pouvait y avoir d'autre raison.
Elle tourna à demi la tête pour me voir, le regard lointain.
- Et toi ?... Son argent t'intéresse, n'est-ce pas, Keith ?
Cette question me suffoqua mais je gardais mon sang-froid.
- L'argent m'intéresse toujours... n'importe lequel.
Elle éclata d'un petit rire malicieux.
- Oui, mais il ne l'a pas encore. Alors personne, y compris toi et moi, n'a besoin de s'y intéresser.
- C'est là que tu te trompes.
- Keith... ne sous-estimes pas Franck. Personne, je répète : personne, ne lui soutirera un sou. C'est peut-être un ivrogne mais il est malin. Ne fais pas de projets.
Je me raidis et la regardai fixement.
- Des projets ?
Elle ne se retourna pas. Ses yeux étaient mi-clos, ses lèvres entrouvertes dans un demi sourire.
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Du gâteau de
James Hadley Chase
Un petit extrait de ce livre illustrant le trouble naissant de cette brûte sanguinaire, ça vous dit ?
Il éprouvait tout au fond de lui-même une émotion bizarre en pensant à la fille. Elle l'avait sauvé. Pourquoi ? Comme dans un roman. Il lui était redevable de quelque chose et cette constatation le mettait mal à l'aise. La reconnaissance lui était un sentiment tout nouveau. Il se sentait gêné. Jusque-là personne n'avait n'avait jamais rien fait pour lui. Il tenta de chasser de son esprit la sensation d'avoir contracté une dette, mais il n'y parvint pas. Cela tracassait Baird. Il ne pouvait pas comprendre qu'on fasse ce qu'elle avait fait pour un étranger. Quand il s'était senti suffisamment d'aplomb pour pouvoir songer à partir, il avait posé trois cents dollars sur la table en disant :
- J'ai l'impression que je vous dois quelque chose. Prenez ça : il m'en reste assez. Je n'oublierai pas ce que vous avez fait pour moi. Allez, prenez. Vous l'avez bien gagné.
Il n'était pas habitué à s'exprimer et ce discours l'avait embarrassé. En son for intérieur, il se disait qu'il fallait être fou pour lui donner une somme pareille, mais quelque chose le poussait à être généreux : un sentiment tout nouveau en lui.
Son refus lui avait fait l'effet d'une gifle. Elle avait refusé sans histoires, comme si l'argent n'avait aucune valeur à ses yeux. Alors son tempérament avait balayé toutes ses bonnes intentions.
- Vous entendez ce que je vous dis ? avait-il demandé en plongeant son regard dans le sien. Trois cents dollars. (Il l'avait secoué.) C'est une fortune pour vous, pauvre gourde ! qu'est ce qui vous prend ?
- Bas les pattes ! avait-elle répondu, avec une rage égale à la sienne. Je ne veux pas de votre argent. Lachez moi !
Ils étaient restés les yeux dans les yeux l'espace d'un instant, puis il l'avait lâchée et était allé s'assoir sur le lit. Jamais aucune des filles qu'il avait fréquentées n'avait osé le regarder comme elle venait de le faire. Il n'avait pas reussi à lui faire peur comme il en avait eu l'intention. Elle l'avait traité comme n'importe quel soupirant, nullement comme un tueur, et il avait ressenti un plaisir étrange à découvrir qu'elle n'avait pas peur de lui.
Aussi loin que sa mémoire pouvait remonter, les gens l'avaient toujours craint. Il faisait peur à sa mère elle-même, dans ses accès de rage soudaine. Son frère et sa soeur paraissaient savoir d'instinct qu'il était dangereux, car ils ne le taquinaient pas comme ils se taquinaient entre eux, et ne se sentaient pas à l'aise quand ils jouaient avec lui.
A l'école, les enfants se méfiaient de lui et en grandissant, il avait toujours surpris comme une lueur d'effroi dans le regard des gens qu'il rencontrait.
La conscience de la peur qu'il suscitait l'avait enfermé dans une solitude sombre et aride, le rendant insensible, habitué à ne compter que sur lui-même, soupçonneux et méfiant. Pour lui, rencontrer quelqu'un qui ne le craignait pas, c'était voir briller une lueur dans les ténèbres.
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Le zinc en or de
James Hadley Chase
ATTENTION AUX REVELATIONS DE L'HISTOIRE CONTENUES DANS CETTE CRITIQUE DU LIVRE..NE GACHEZ PAS VOTRE PLAISIR !!
Jack Crane ancien vétéran mécanicien dans l'aviation durant la guerre du Vitenam est réveillé par la sonnerie du téléphone.. il est 9h15 et depuis quasiment 6 mois, vivant chez son père, veuf, il ne passe son temps qu'entre grasses matinées, beuveries et coucheries.
Une immense surprise s'empare de lui lorsqu'il reconnait à la voix son interlocuteur : le Colonel Olson ! rapatrié en urgence à la suite d'une blessure par balle au ventre il y a plus d'un an, Jack n'a plus eu de nouvelles de lui depuis..
Olson lui avoue avoir eu beaucoup de mal à le retrouver et après s'être enquis de sa situation oisive, lui propose un emploi sur une piste d'atterissage en construction, en équipe avec lui, bien payé dans une entreprise florissante.. Jack accepte sans hesiter.
Une fois sur place, Jack se rend compte que sa présence est superflue.. constatant le comportement étrange d'Olson (qu'il ne reconnait pas tellement il semble avoir vieillit prématurément) il soupçonne ce dernier de l'avoir fait venir pour une raison autre que ce recrutement bidon.. et effectivement, Olson abattra ses cartes : son patron, le célèbre Alan Essex est sur le point de finaliser la construction d'un avion privé de luxe d'une valeur de 10 millions de dollars.. Olson complote de le détourner pour le compte d'un mystérieux nabab au Mexique avec un gros paquet de pognon à la clé...
Ne pas lire les romans de ce "metteur en scène" du suspense est un sacrilège. Inébranlable, les oeuvres passantes, Chase à la particularité que ses romans semblent aussi réussis que les précédents, voire mieux.
Illustrant un travail assidu, ce roman est dense et l'action y est omniprésente. Avec la précision d'un horloger, Chase enchaine ses chapitres sans jamais se départir de son aptitude à nous rendre fébrile à la lecture de ses histoires.
Qui a dit que le talent de James Hadley Chase s'était émoussé avec les années ??? Tout dans ce livre edité en 1973 est réussi ! l'histoire est vibrante, les lignes des portraits sont acérés, les dialogues sont incisifs et la technique d'ecriture étourdissante.
A noter cette imprévu en cours de récit : Chase prêchant le faux pour savoir le vrai, ce coup de théâtre n'en sera que plus percutant !
Chase explorent plusieurs thèmes dans son récit : les relations parfois compliquées père-fils, le chantage vénal ou sexuel, les sentiments amoureux volatils..
Le zinc en or est un thriller d'une qualité folle !
Par ailleurs, je trouve la couverture superbe.. comme beaucoup d'autres dans cette collection.. quel dommage que cette série n'eut pas été au dela du numéro 51.. sans doûte les ventes n'etaient elles pas assez conséquentes ? il est vrai que cet auteur fût tellement édité, réedité à outrance..
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Le démoniaque de
James Hadley Chase
petit extrait mettant en scene Jay Delaney et Sophia :
J'ai essayé la roulette russe. Tu sais ce que c'est ? Tu mets une seule balle dans le barillet d'un revolver, et tu le fais tourner rapidement, si bien que tu ne sais pas si la balle est sous le percuteur ou non. Tu colles le canon contre ta tempe et tu presses la détente. Mais c'est un jeu de hasard et bien que j'y ai goûté un plaisir intense la premiere fois, j'ai vite compris que ce n'etait pas le genre de risque que je cherchais. Même si ma vie devait en dépendre, je voulais être sûr de ne pas avoir à compter sur la chance, mais seulement sur ma présence d'esprit, mon initiative et mon intelligence. C'est ce qui m'a conduit au meurtre. Cela faisait dejà longtemps que je pensais à tuer quelqu'un. Cet après midi, j'ai décidé de mettre mon projet à execution. (Il se pencha en avant les yeux brillants) J'ai rencontré cette fille et je n'ai pas eu beaucoup de peine à la persuader de monter içi ni à la tuer. Elle etait d'une naîveté attendrissante. Bien sûr, j'aurais pu m'arranger autrement. J'aurais pu eliminer à la fois le risque et la difficulté, mais ce n'etait pas ce que je cherchais. Je voulais un risque autentique. Il me semblait que le fait que je me retrouver avec un cadavre sur les bras, dans cet hotel, serait une épreuve concluante pour mes facultés d'invention. Je n'ai rien prémidité. En ce moment même, je ne sais toujours pas ce que je vais faire du cadavre. (Il se passa une main dans les cheveux, sans quitter Sophia des yeux) Je ne m'attendais pas à ce que tu soies si perspicace Sophia. J'avais compté sans toi. Qu'as tu l'intention de faire, au juste ?
Qu'allait elle faire ? Sophia se le demandait elle même. Parler à Floyd son mari ? Appeler la police ? Ce serait un véritable sabordage.
Une fois que la nouvelle aurait paru en premiere page des journeaux, c'en serait fini des diners à la maison blanche, de ces soirées londoniennes ou l'on ne savait jamais si un membre de la famille royale n'allait pas vous honorer d'une visite amicale. Adieu les petites rivalités entre dames de la haute société new-yorkaise se disputant l'honneur d'inscrire les Delaney sur leur liste d'invités ! Et Floyd ? il avait investi des millions de dollars dans son film. Comment le film pourrait il sortir, si son fils passait en cour d'assises à la même époque ?
Elle se trouvait en face d'une situation exceptionnelle. Un seul faux pas pouvait briser leur avenir, et elle se rendait compte qu'elle tenait entre ses mains de femme résolue le sort de Floyd, celui de ce jeune dément et le sien propre.
Elle chercha à eluder la question pour gagner du temps et trouver une solution.
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Tu me suivras dans la tombe de
James Hadley Chase
Il avait commis l'erreur fatale d'épouser une fille qui avait quinze ans de moins que lui. Cela ne lui disait rien, à cette jeunesse, d'aller s'enterrer pendant deux mois dans un sinistre pavillon, loin du bruit et des lumière de la ville, pendant que lui pêcherait. Deux ans qu'il était marié !Il y avait mis du sien, mais Sheila était de ces filles trop jeunes qui ne sont jamais satisfaites. Elle ne supportait pas qu'il s'enferme dans son bureau pour y travailler. Elle venait sans cesse le déranger pour lui demander de l'emmener à des réceptions qui le bardaient prodigieusement. Lorsque le désir qu'excitait en lui ce jeune et beau corps s'apaisa et que lui faire l'amour se transforma en routine, il mesura combien ils avaient peu de points communs.
Comment avait-il pu commettre l'imbécilité de l'épouser ? Il s'était laissé séduire par sa vivacité, sa sensualité, sa jeunesse; Le fait que tous ses amis célibataires étaient sur les rangs avaient encore accru son désir; Oh, elle n'avait pas été facile à conquérir. Elle s'était fait longuement prier. Un voyant rouge aurait dû l'avertir qu'il se préparait à accomplir la plus grande bourde de sa vie, mais obsédé, il l'emporta, non sans peine. Comme il gagnait beaucoup d'argent, il fut donc en mesure de répondre à ses exigences. Les trois premiers mois de leur mariage lui semblèrent enchanteurs, et l'envie que lui témoignaient ses amis l'emplissait d'orgueil. Puis les exigences de sa femme commencèrent à l'agacer. Lui, il avait son travail. Sheila passait son temps à jouer au tennis, fréquenter la piscine et parler sans fin. Un véritable moulin à paroles ! A lui casser les oreilles ! Alors qu'il était en train de se battre avec un scénario, elle entrait dans son cabinet de travail, se perchait sur le bord de son bureau et se mettait à bavasser sur tout et sur rien : qui couchait avec qui, dans quelle boite iraient-ils ce soir, et que penserait-il d'un petit voyage à Fort Lauderdale pour se dorer au soleil. Comme il lui faisait remarquer avec une impatience grandissante qu'il était en plein travail, Sheila le regarda fixement, eut un drôle de petit sourire et sortit de la pièce. C'est ce jour-là qu'elle alla s'installer dans la chambre d'amis.
- Tu tiens à ton travail, lui dit-elle ses yeux bleus froids comme la glace, et moi je tiens à mon sommeil.
Et ce jour là, une fois de plus, Perry chercha la consolation dans une bouteille de Ballantine.
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La Culbute de
James Hadley Chase
Petit extrait d'une finesse insoupçonné chez l'auteur :
J'avais l'impression que le temps s'était arrêté. J'avais quitté le courant de la vie sordide et agitée dans lequel je dérivais, pour m'échouer dans un havre de paix et de bonheur. Je m'en souviens comme de la plus belle période de ma vie.
J'ignore à quelle moment je suis tombé amoureux de Valérie. Peut-être la première fois que je l'ai vu. Ce jour-là, elle m'était apparue comme l'incarnation de la jeunesse, de la beauté, de l'innocence et de la joie de vivre, et son apparition m'avait produit l'effet d'un choc physique. Mais je ne savais pas que je l'aimais, jusqu'à ce qu'un après midi, comme nous étions assis sous les arbres de la petite plage solitaire de Cerro, je levai la tête et rencontrai ses yeux posés sur moi. Nous nous regardâmes longuement.
Ce fût la révélation de mon amour pour elle, et je vis que je ne lui étais pas indifférent, car elle tourna rapidement la tête et rougit.
Je restai là, silencieux, méditant sur cette découverte qui m'épouvantait. Je n'avais encore jamais éprouvé cette sorte d'amour. Il n'avait rien de comparable avec la violente passion physique qui m'avait poussé vers Laura. Cela se passait sur un plan tout à fait différent. Mais je savais que c'était un amour sans espoir. J'avais treize ans de plus qu'elle. Pas d'argent. Recherché par la police. Pas d'avenir devant moi.
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Par Crefan01, le 31/01/2013
Pas d'orchidées pour Miss Blandish de
James Hadley Chase
Un adolescent sortit du bureau; il bâilla et se frotta les yeux. Il se mit à remplir le réservoir. Riley s'était penché pour dissimuler Miss Blandish, mais il n'avait pas besoin de se tracasser: le gamin était abruti de sommeil et ne regarda pas une seule fois à l'intérieur de la voiture.