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Par ChezLo, le 20/02/2011
Pars mon fils, va au loin et grandis de
Joss Doszen
Hormis la découverte du sens du mot “accueille”, une autre de mes idées reçues tomba dès la seconde semaine de présence au Sénégal. Le trente et un Décembre, jour des feux d’artifices géant sur la “Place de l’Indépendance” ; fut pour mois comme une révélation. Une révélation de beauté. J’arrivais d’Afrique central avec de gros préjugés sur la femme Sénégalaise musulmane, donc voilée et dénuée de tout charme. Quelle connerie !
Quand pour la première fois j’ai vu ce rassemblement de beautés fardées avec un vrai sens artistique ; même si parfois outrancier ; habillées des plus belles tenues traditionnelles ou des dernières robes à la mode sur Fashion TV ; tellement sexy que les belles de Brazzaville auraient pu passer pour des nièces d’Ayatollah iraniens en plein ramadan ; j’ai compris que s’ouvrait à moi un potentiel futur de délicieuses jouissances.
Pour la première fois de ma vie je voyais de visu des filles tout droit sorties des clips américains les plus sélectifs. C’était magnifique. Et quelle diversité ! Des boubous traditionnels les plus riches en dorures, aux jeans Diesel super stretch en passant par les robes moulantes, façon tapis rouge de Cannes ; tous les looks se mélangeaient pour faire un arc-en-ciel de style. Les yeux m’en sortaient de la tête de même qu’à tous les amis congolais, gabonais, camerounais ou ivoiriens qui constituaient déjà mon entourage pour les trois années qui allaient suivre.
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Par ChezLo, le 20/02/2011
Pars mon fils, va au loin et grandis de
Joss Doszen
Les calepins m'ont donné un exutoire, une façon de déverser mes excès de colère, de tristesse, de révolte, d'obsession. Ils m'ont aidé à déverser mes émotions pour que, tel un comédien ; entre ombre et lumière ; je sois capable de ne présenter aux gens qu’une partie de moi tout en protégeant l’autre. Grâce à eux, à la vue de tous j’exhibe le moi calme, au discourt parfois trop docte mais toujours cabotin. A chaque instant mes calepins me suivent pour endiguer mes excès de passion. Et il n'était pas question que je plonge dans l'inconnu sans eux.
Quand chaque semaine, au fur et à mesure de mon intronisation dans ma nouvelle vie je revois le film de mon parcours avec le miroir déformant du temps; je prends mes calepins à témoin. Ils sont le réceptacle de mon parcours passé, présent et de mes rêves d'avenir. Ils sont la copie de mon vrai moi mais n'en sont sûrement pas l’exact reflet. Quel intérêt d'avoir l'exacte reflet de sois en face ? Je suis un griot. Même à moi je raconte avant tout des histoires, alors à mes amis que leur importe l'exactitude. Quel intérêt aurait pour les miens les récits de la banalité de l'échec au quotidien; le « pataugeage » dans le marécage qui conduit au succès; la platitude d'une vie d'africain qui veut trouver son chemin comme tellement d'autres.
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Par Dridjo, le 24/12/2010
Votre message n'a pas été envoyé de
Joss Doszen
"Ça ne m'a pas pris longtemps pour repérer le lieu saint idéal. J'ai éliminé tout de suite toutes les églises catholiques tradi de mon bourgeois quartier pavillonnaire. Trop peuplées de mémés en tardive quête de rédemption et de rares Noirs qui auraient répugné à me parler « l'africain » devant une assemblée largement blanche.
J'ai très vite opté pour une de ces « assemblées de réveil » qui bourgeonnent comme des marguerites, même hors saison, dans les quartiers populaires d'Europe. Le meilleur endroit pour trouver la nouvelle caste prolétaire européenne — les Noirs, les Arabes et autres tiers-mondistes de tous poils — qui ne voit plus d'autres issues à son dead-end que les génuflexions hebdomadaires en face d'un prophète autoproclamé faiseur de miracles."
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Par Dridjo, le 24/12/2010
Pars mon fils, va au loin et grandis de
Joss Doszen
Mes calepins m'ont donné un exutoire, une façon de déverser mes excès de colère, de tristesse, de révolte, d'obsession. Ils m'ont aidé à déverser mes émotions pour que, tel un comédien, entre ombre et lumière, je sois capable de ne présenter aux gens qu’une partie de moi tout en protégeant l’autre. À chaque instant mes calepins me suivent pour endiguer mes flots de passion. Et il n'était pas question que je plongeât dans l'inconnu sans eux
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Par ChezLo, le 20/02/2011
Pars mon fils, va au loin et grandis de
Joss Doszen
Mais dans ces deux jours de boulot il n’y a pas eu que de la grognasse Viking. Il y a eu aussi Svetlana. En fait je ne me rappelle plus de son prénom mais elle avait une tête à s’appeler Svetlana. 23-24 ans, polonaise, 1 m 78, blonde aux yeux bleus, de « beaux » poumons qui respirent la santé... et froide comme un glaçon inuit !
Chaque fois que j’arrivais à lui faire décrocher un sourire, que dis-je, une moue, j’avais l’impression de réussir la remontée du lac Mayi-Ndombe sur le canoë de Yakari le petit indien. Au final je suis parti avec le « 06 » ou « 07 » plutôt d’Emmy, rousse irlandaise. Elle semble avoir forcé sur le Yorkshire pudding mais rien de rédhibitoire pour l’instant.
Pas de sourire ironique. Mon but c’est de maîtriser parfaitement la langue de Shakespeare pas celle d’un pays du tiers-Europe... Mais j’ai quand même dû me retenir à la machine à café quand elle m’a demandé : « France isn’t a part of Africa, isn’t it ? » J’ai effacé le numéro de mon répertoire dans le bus du retour..
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Par ChezLo, le 20/02/2011
Pars mon fils, va au loin et grandis de
Joss Doszen
Quand je pense que l'année dernière on nous a chauffé les oreilles avec le "plombier polonais" qui allait venir prendre tous les boulots des Français... Faudrait vraiment que les voyages soient prescrits contre la connerie. Les Européens de l'Est ne rêvent pas de la France, ils sont tous en Angleterre ! Ceux qui s'arrêtent en France en fait ont râté leur escale.Pour preuve mes colocataires. En fait, l'un des deux couples. Lui Tchèque, elle Slovaque. L'ouverture de Schengen a du bon. Ces deux peuples se sont séparés pour mieux se retrouver en se rendant compte que finalement ils ne sont pas si différents que ça. Partir de chez soi, une réponse à la lutte contre les guerres ?
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Par Dridjo, le 24/12/2010
Le Clan Boboto de
Joss Doszen
Je crois que j’avais une tête de con quand elle est entrée dans la chambre et que j’avais ma langue sur le bouton-d’or de l’autre. Quand je me suis retourné pour lui faire face, je me suis dit que jamais personne n’aurait été capable d’infliger plus de souffrance à quelqu’un d’autre qu’à cet instant-là. Elle nous a regardés en silence, mon cerveau était comme figé. Inès avait remonté les draps sur sa poitrine, instinctivement ; elle n’avait rien dit non plus. Arléna n’avait rien fait pour cacher les larmes qui coulaient sur ses joues, elle s’était lentement retournée et s’était éclipsée en fermant doucement la porte derrière elle
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Par ChezLo, le 21/08/2011
Votre message n'a pas été envoyé de
Joss Doszen
Connaître son pays et son histoire, je suis d’accord avec tous les extrêmes politiques du pays pour dire que c’est super important, indispensable. Mais tu le sais aussi bien que moi, le problème des gens n’est pas « l’histoire ou pas ? » mais a toujours été « quelle histoire ? »
Dans tous les pays occidentaux où ce genre de débat a surgi il y a une constance ; les gens veulent choisir et imposer leur seule vue de l’histoire comme étant celle méritant de figurer aux panthéons nationaux.
Ils veulent nous faire bouffer du Louis XIV, du Christophe Colomb, du docteur Livingston, du capitaine Cortez, etc. La grandeur de l’Europe ne saurait souffrir d’être masquée par la brouillasse du temps.
Le problème c’est quand moi j’exhibe ma connaissance historique de l’Europe, il semble toujours apparaître comme un hiatus dans l'amour de l'histoire. Quand je réplique Napoléon l’esclavagiste, Nantes bâtit sur le sang des Noirs, Léopold II massacreur des Congolais, Bob Denard le pantin français faiseur de présidents africains… là, il y a malaise.
Quand je parle de ce pan là de l’histoire on me reproche inévitablement mon soi-disant désir de victimisation, ma haine de l’Occident et mon communautarisme. On me jette à la figure ma soi-disant accusation — indue évidemment — contre des contemporains européens qui ne sont pas responsables des méfaits du passé.
Des cris d’orfraies, des regards accusateurs, c’est tout ce que je reçois quand je mets en avant un passé un poil moins glorieux, une histoire qui ne caresse pas les ego dans le sens du poil. Comme dirait l’autre, individualisation des méfaits et collectivisation de la gloire.
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Par ChezLo, le 20/08/2011
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Joss Doszen
Dans tous les pays occidentaux où ce genre de débat a surgi il y a une constance ; les gens veulent choisir et imposer leur seule vue de l'histoire comme étant celle méritant de figurer aux panthéons nationaux.
Ils veulent nous faire bouffer du Louis XIV, du Christophe Colomb, du docteur Livingston, du capitaine Cortez, etc. La grandeur de l'Europe ne saurait souffrir d'être masquée par la broussaille du temps.
Le problème c'est quand moi j'exhibe ma connaissance historique de l'Europe, il semble toujours apparaître comme un hiatus dans l'amour de l'histoire. Quand je réplique Napoléon l'esclavagiste, Nantes bâti sur le sang des Noirs, Léoplod II massacreur des Congolais, Bob Denard le pantin français faiseur de présidents africains... là, il y a malaise.
Quand je parle de ce pan-là de l'histoire on me reproche inévitablement mon soi-disant désir de victimisation, ma haine de l'Occident et mon communautarisme. On me jette à la figure ma soi-disant accusation - indue évidemment - contre des contempprains auropéens qui ne sont pas responsables des méfaits du passé.
Des cris d'orfraies, des regards accusateurs, c'est tout ce que je reçois quand je mets en avant un passé un poil moins glorieux, une histoire qui ne caresse pas les ego dans le sens du poil. Comme dirait l'autre, individualisation des méfaits et collectivation de la gloire.
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Par ChezLo, le 21/08/2011
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Joss Doszen
Titi attendait patiemment dans son appart la fin de l’exécution pour pouvoir rejoindre les troupes des « shakes your ass » en soirée. Il m’a vu revenir dans son appart avec une tête de traumatisé. J’étais aussi agité qu’un marteau-piqueur de terrassier quand je lui ai expliqué entre deux balbutiements qu’il nous était interdit d'aller groover ce soir et que je pensais même revenir sur ma décision concernant la rupture.
En bon camarade Titi a alors entamé un travail de sape, me martelant que ce n’était là que de ridicules menaces de femelle hystérique et qu’en tant que digne représentant de la race mâle je me devais de descendre avec lui et d’aller faire la fête.
Il fallait que je lui montre que la culotte du couple était toujours en ma possession et qu’en aucun cas je ne reculerais devant la menace. J’ai accepté de descendre le cœur plein de décisions irréversibles.
Arrivé sous le porche de l’immeuble, au moment de mettre le pied dans la rue synonyme de liberté, mes certitudes ont vacillé. Comme on n’est jamais trop prudent j’ai demandé à Titi de faire d’abord le premier pas afin de tâter la température extérieure. Titi s’est exécuté. En sortant de l’immeuble il a levé, l’air de rien, son regard vers les étages supérieurs puis a stoppé net sa marche en lançant un désespérant « Oh, pu-tain ! »
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