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Par terrevive, le 10/05/2010
Tisserand du Soleil de
Kathy Dauthuille
" Par son regard et son sourire de lumière, l'homme kogi m' avait permis d'entrer dans son monde, non pas par une entrée concrète, mais par une entrée dans ce que je frôlais plutôt ou ressentais.
J' étais venu avec ma quête au fond des yeux et du coeur et je restais en attente, prêt à répondre à son appel.
J' avais toujours l'impression qu'il m' attendait quelque art et mon désir de compréhension avait traversé l'espace. Il me recevait presque toujours sans un mot, à l'écoute, et je pense que ma démarche avait été acceptée tacitement. Et puis j'avais franchi la distance ; celle de la frontière du jugement, de l' attachement, du conditionnement. En une fraction de seconde, j' eus le sentiment que j'avais touché l' âme profonde de l' Homme, la source primordiale, la pépite d'or de la communication. Je n' étais plus étranger, mais participais à l' harmonie, me fondant au lieu où tout était lié. J' eus le sentiment étrange que les temps se chevauchaient comme les axes et les lignes de portée... le fil se déroulait...
Une voix profonde venait se transcrire en mots, en images, en émotions, en odeurs, en bruissements."
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Par terrevive, le 02/05/2010
Les Voyageurs au sang d'or de
Kathy Dauthuille
"Lui aussi apprit à déceler les signes, à boire dans le gobelet d'argent utilisé depuis des générations, à lire dans les quatre livres sacrés, à être fier de porter du sang doré dans les veines, à reconnaître les trois étoiles d'orient et qui guident leur destin, à déchiffrer les grimoires, à croire en la vertu des talismans, à utiliser le pouvoir des forces occultes, à boire le thé brûlant, à ne pas frôler les jupes des femmes, à respecter les aînés, à croire aux dons surnaturels, à admettre la destinée, sachant que ce qui est écrit contient à la fois chance et malchance, pur et impur, sacré et prophane."
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Par anti, le 01/05/2010
Les Voyageurs au sang d'or de
Kathy Dauthuille
Et la course vers le soleil couchant reprit comme si un fil invisible se mettait à tirer par intermittence et à la secousse duquel ils ne pouvaient résister.
Une grande force, un effluve d'énergie, une onde immense venait ébranler ces voyageurs privilégiés au fin fond d'eux-mêmes et ils répondaient inconditionnellement sans qu'ils connussent la véritable cause perdue depuis des générations dans la mémoire collective.
Parce qu'un jour fut insufflé en eux le désir de partir ; siècles après siècles, millénaires après millénaires peut-être, ils planteraient leur campement pour le lever quelques jours, quelques semaines après, mûs par le grand mouvement cyclique qu'ils sentaient vibrer en leurs entrailles.
Le grand chariot stellaire inversé reprenait sa course sur l'orbe terrestre.
Le long fleuve sans source coulait vers une mer jamais atteinte.
La quête les tiendrait jusqu'à leur dernier souffle pour être reprise ensuite par leur descendance, quête sublime née du mystère qui les alimentait, les poussait, forgeait leurs rêves.
Les obscures racines de leur destinée leur donnaient une vérité inaltérable d'hommes authentiques encore liés aux mystères cosmiques, aux grands symboles de leur histoire, exceptionnellement unis avec leurs dieux oubliés.
Ainsi vivaient-ils dans l'infini sillage émanant de leur patronne, dans cette chaude et douce ombre illuminée de l'intérieur, dans cette invisible mais prodigieuse aura de leur vierge noire, et l'or coulait en leurs veines.
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Par terrevive, le 02/05/2010
Tisserand du Soleil de
Kathy Dauthuille
"Homme de lumière et de vent,
Silhouette dressée face aux abîmes,
Maître des lieux au regard vaste,
Ta veine de force
Traverse tes blanches oscillations de coton
Et agite tes longues mèches noires."
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Par terrevive, le 02/06/2010
Les Voyageurs au sang d'or de
Kathy Dauthuille
"J'ai fini la lecture des "Voyageurs au Sang d'Or". J'ai fait un voyage magnifique grâce à cet ouvrage remarquable. J'avais l'impression d'être dans la roulotte avec eux ! Je suis très heureuse d'avoir fait plus ample connaissance avec le peuple Rom... et désire encore davantage un jour participer aussi au pèlerinage des Saintes Maries de la Mer."
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Par terrevive, le 10/05/2010
La Noria des temps : Récit poétique de
Kathy Dauthuille
"L'Estrémadure
Au galop, dans son aura de poussière, un cavalier fendait la 'dehesa'. Ocre était la terre, balayée par les vents chauds, tachetée par la frondaison des chênes-lièges. Outremer, les flots du ciel sans limite où se noyait le soleil. Blanc, le chemin de pierres sur lequel sonnaient les sabots de l’alezan. Le soleil livrait sans répit l’odeur d’anis et de pierraille. Tout être respirait à pleins poumons cet air brûlant et sans cesse remué. Là, à l’ombre du chêne, la longe luisante et souple de l’ânesse de laquelle émanaient des vapeurs pesantes et âcres, traînait.
En ce lieu, la couleur et les sons ne se décomposaient pas. Ils étaient les fleurs originelles de cette terre d’ouest, cette terre d' Estrémadure qui semblait immuable contre la frontière du Portugal, la séparant de sa terre jumelle."
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Par terrevive, le 21/05/2010
La Fontaine endormie (Collection Rencontres artistiques et littéraires) de
Kathy Dauthuille
- Ce doit être une source, une fontaine ? demanda Odilon.
- Oui, je crois, mais l’on ne vient jamais chercher d’eau, on dit qu’elle est mauvaise.
- Elle ne bouge, elle dort, tout est paisible ici ; comment s’appelle-t-elle ?
- La Fontaine du Repentir. Les gens qui ont quelque chose sur la conscience viennent ici, jettent dans l’eau un objet en relation avec leur péché et ensuite prient au pied de la chapelle."
Peut-être cette fontaine symbolise-t-elle tout notre passé, tous nos souvenirs d’enfance que nous gardons dans cette eau profonde, si profonde dans la mémoire que nous ne pouvons en mesurer le fond.
C'est un fond nostalgique qui continue de nous émouvoir en troublant notre mémoire si chargée. C'est une onde dormante, remuée de temps à autre pour le plaisir du souvenir ou de la création.
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Par terrevive, le 02/05/2010
Ciselure ou l'or d'une reliance de
Kathy Dauthuille
SPIRALE
Chaque goutte de silence
est une parole à venir ;
d'elle s'allume le regard
d'où naît le lointain sourire ;
et sa lumière en miroir
inonde tout le silence.