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Par Lefso, le 06/12/2011
Deux cierges pour le diable de
Laura Gallego Garcia
Je m'ouvre un passage dans la foule. J'ai la certitude que, quelque part parmi ces gens, quelqu'un brille de sa propre lumière. Une créature surnaturelle prisonnière d'un corps humain.
Je dérange ; on me pousse. Je me laisse ballotter de ci de-là, m'efforçant de retrouver cette sensation. Soudain, je m'immobilise. Là, dans un coin. Un garçon m'a regardée, et j'ai eu la chair de poule. En fait, pour être tout à fait franche, j'ai eu une crise de panique : je meurs d'envie de partir en courant. Mais je me retiens. Le garçon en question vient de plonger son visage dans la longue chevelure d'une fille dont la tenue de cuir laisse peu de place à l'imagination. Il lui chuchote quelque chose à l'oreille, et elle rit avec coquetterie. Je ne vois pas son visage, à lui. Il a l'air jeune, plus que Yeiazel. Il n'a pas l'air d'un ange, mais on ne sait jamais. C'est alors qu'il lève les yeux. Son regard me laisse muette d'horreur. C'est le regard d'un prédateur.
La fille qui l'accompagne s'aperçoit de ma présence et se tourne vers moi, agacée. Mais elle ne me fait pas peur. Elle me fait plutôt pitié. Elle est convaincue que s'il lui témoigne autant d'attention, c'est parce qu'il veut coucher avec elle. C'est faux. Tu te trompes, pauvre naïve. Ton corps ne l'intéresse pas le moins du monde. C'est ton âme qu'il veut. Et quand tu la lui auras donnée, il n'y aura pas de retour en arrière possible. II me dévisage toujours. Ses yeux froids et pénétrants semblent d'acier. Puis il sourit, lentement.C'est un sourire à la fois sournois et fascinant. Un sourire incroyable, magnifique, mais qui me rappelle celui d'un chat qui se lèche les babines avant de sauter sur sa proie.
Je prends une profonde inspiration. Ce n'est pas le moment d'avoir la frousse. J'ai une épée angélique et je n'hésiterai pas à m'en servir !
Ce qui me rappelle pourquoi il me regarde. Il a vu mon épée. Il sait qui je suis, ou du moins, il le devine. En un geste désespéré, je sors la lame de son fourreau et je la pointe vers eux. J'observe non sans satisfaction qu'il est décontenancé. Peut-être même très légèrement effrayé. Après tout, je viens de lui mettre sous le nez la seule chose qui peut le tuer. Quelle tête ferait Superman si on brandissait un morceau de kryptonite sous son nez ?
Il fronce les sourcils et me regarde avec colère.
« Tu es folle, ou quoi ? crache-t-il. »
.../...
Le démon revient à moi. Effectivement, il est jeune ; autrement dit, il a l'air d'avoir moins de vingt ans, même s'il en a probablement plus de vingt mille l'âge tendre pour un démon. Naturellement élégant, il porte un pantalon noir et une chemise blanche aux manches à moitié retroussées. Pourtant, son aspect a quelque chose de négligé : ses cheveux noirs sont ébouriffés et ses vêtements froissés, comme s'il venait de se lever. À moins qu'il ne s'agisse d'une nouvelle mode ? Ses traits sont un peu enfantins, ce qui est trompeur, car son expression n'a rien de puéril : maintenant que sa proie a disparu et que je suis seule face à lui, il montre son véritable visage, grave, alerte, et extrêmement dangereux. Dans la pénombre, il est difficile de dire de quelle couleur sont ses yeux ; de toute façon, je ne me sens pas capable de soutenir son regard une seconde de plus.
Je lève l'épée, m'attendant qu'il dégaine la sienne. Rien ne se passe. J'ai du mal à en croire ma chance. Il n'a pas son épée sur lui. Il n'a pas d'arme ! Mon père m'avait bien dit que les démons devenaient de plus en plus négligents, mais là, c'est un comble. Il croit peut-être que les anges ne sont plus une menace ? Nous allons voir ça.
« Sois prudente avec ce gadget, dit-il tranquillement. Tu pourrais te faire mal.
- C'est toi qui vas avoir mal si tu ne réponds pas à mes questions. »
Il lève les yeux au ciel. Je n'aime pas son attitude, pourquoi ne me prend-il pas au sérieux ?
« Tu n'es qu'une humaine qui joue à l'ange, fillette, me rétorque-t-il d'une voix de velours qui me fait frissonner sans que je sache pourquoi. Ne pose jamais de questions à un démon. Tu n'aimerais pas les réponses. »
Fantastique. Parmi tous les démons du monde, il fallait que je tombe sur celui qui se la joue mystérieux.
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Par Elwing, le 08/04/2011
Deux cierges pour le diable de
Laura Gallego Garcia
« Si tu allumes un cierge pour Dieu, allumes en deux pour le diable »
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Par Mayoka, le 05/10/2010
Idhun, Tome 1 : La Résistance de
Laura Gallego Garcia
Elle s’enfonça dans l’épaisseur des sous-bois. Ses habits s’accrochaient aux ronces, les branches basses égratignaient sa peau et ses pieds nus ne cessaient de trébucher contre les racines. Enfin, elle tomba à genoux sur le sol et sentit sous elle la terre froide et humide. Tremblante, elle s’adossa à un tronc d’arbres, sans comprendre ce qu’elle faisait là.
Alors une douce lumière filtra dans le feuillage et se dirigea vers elle. Elle se releva, sur le qui-vive, prête à fuir ou à se battre s’il le fallait. Mais le rayon lumineux ne semblait pas vouloir l’agresser. Au contraire, il la caressait et inondait son coeur d’une joie simple, inexplicable.
La créature lumineuse sortit d’entre les arbres et s’avança jusqu’à elle. Victoria eut le souffle coupé.
C’était une licorne d’une blancheur immaculée, à la crinière argentée comme une rayon de lune.
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Par TwiTwi, le 09/07/2010
Idhun, Tome 1 : La Résistance de
Laura Gallego Garcia
Quelle était la véritable identité de Jack ? C'était forcément un être singulier, sans quoi Victoria ne se serait jamais attachée à lui.
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Par Acr0, le 19/12/2012
Idhun, Tome 1 : La Résistance de
Laura Gallego Garcia
Lorsqu’il passa de nouveau devant l’énorme porte ornée, elle s’entrebâilla dans un grincement. De quelques centimètres à peine, mais cela fit sursauter Jack. Il n’y avait personne alentour. Il contracta les épaules – ce n’était sans doute qu’un courant d’air – et n’hésita pas à la pousser.
Il se retrouva dans une immense salle circulaire dont les hauts murs étaient couverts d’étagères garnies de livres très anciens. Au centre de la pièce trônait une grande table ronde en vieux bois, entourée de six fauteuils magnifiquement sculptés. Jack s’approcha pour examiner la table. Sa surface était gravée des mêmes étranges symboles que ceux qui figuraient sur la porte, mêlés à des dessins d’animaux mythologiques et de créatures qu’il n’avait jamais vues. Au centre de la table, un faible rayon de lumière sortait d’une fente circulaire. Jack leva les yeux et vit, juste au-dessus, dans le plafond de la salle, une lucarne ronde par laquelle filtrait la douce lueur des étoiles. Elle était équipée d’une sorte de vitrail qui représentait trois soleils et trois lunes.
Jack recula instinctivement, effrayé sans savoir pourquoi. Il s’arrêta et voulut se ressaisir. Qu’est-ce qui l’avait troublé de cette manière ?
Il fit de nouveau quelques pas en avant et releva la tête. La verrière n’avait rien de spécial. Trois soleils disposés en triangle. Trois lunes formant un autre triangle inversé. Les deux figures étaient entrelacées, et les lignes qui joignaient les astres entre eux dessinaient… un hexagone.
Jack prit l’amulette de Victoria, qu’il portait toujours autour du cou, pour l’observer avec attention ; mais l’obscurité l’empêchait de la voir distinctement.
– Si seulement j’avais un peu de lumière, murmura-t-il, frustré.
Soudain, il entendit un chuchotement, puis un léger craquement, et une lumière chaude et changeante inonda la pièce. Jack bondit comme si on l’avait pincé et regarda autour de lui. Six torches disposées le long du mur circulaire s’étaient allumées.
– Qui va là ? demanda-t-il en essayant de contrôler les battements affolés de son cœur. C’est toi, Shail ?
Nul ne lui répondit. Rien ne bougea. Seule la lumière fantomatique des torches tremblait et s’agitait, produisant des ombres inquiétantes dans la salle.
Jack fronça les sourcils et se concentra sur l’amulette, un hexagone comme celui de la verrière. Qu’est-ce que cela voulait dire ?
Il regarda de nouveau la lucarne. Les six astres, qui luisaient mystérieusement, lui causaient toujours un vague malaise. Il avait la sensation de les avoir déjà vus… dans un ciel étrange et terrifiant, couleur de sang.
Il eut le cœur serré au souvenir de son cauchemar où le serpent géant se dressait devant un impressionnant ciel rouge. Que signifiait tout ceci ? Ce symbole avait-il un rapport avec lui, avec ses rêves et la mort de ses parents ?
Se penchant en avant pour mieux distinguer les figures de verre de la lucarne, il posa sans s’en rendre compte les mains sur la table. Subitement, un intense faisceau de lumière surgit de la fente au centre de la table et s’éleva en une colonne brillante vers la lucarne aux six astres. Stupéfait, Jack recula, vacilla et tomba par terre. Il resta assis sur les dalles, bouche bée, pendant qu’une scène prodigieuse se déroulait devant lui.
Les lumières qui jaillissaient de la table avaient commencé à tourbillonner, se mélanger et s’entrecroiser, donnant naissance à des couleurs étranges et surprenantes. Elles tournèrent tant et plus jusqu’à finir par former une sphère brillante de couleur bleu-vert.
Jack mit quelques secondes à comprendre qu’il voyait une planète. Il pensa d’abord que c’était la Terre, puis les lumières se firent plus précises, l’hologramme, plus net, et le jeune garçon constata que cette géographie lui était complètement inconnue. Il découvrit trois petites sphères qui tournaient autour de la plus grande, et trois autres, plus importantes, qui étaient immobiles, non loin de là.
« Les soleils et les lunes », pensa-t-il en déglutissant.
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Par TwiTwi, le 09/07/2010
Idhun, Tome 1 : La Résistance de
Laura Gallego Garcia
Mais celle-ci n'était pas là. Soudain, il eut l'impression qu'un poignard lui transperçait le cœur. Il avait la certitude que son amie était en danger.
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Par Myrtle, le 30/09/2011
Ailes de feu de
Laura Gallego Garcia
" Cet orgueil... Tu n'as pas encore subi le Choc, pas vrai?
- Pardon?
- C'est ainsi que nous nommons le moment où un nouveau venu comprend qu'il n'y a aucun moyen de s'enfuir ; le moment où ses derniers espoirs meurent sans retour possible, où il perd sa superbe, où il s'effondre. Quelques-uns ne supportent pas l'idée d'être éternellement enfermés ici et deviennent fous. D'autres se suicident. Toutefois, la plupart s'habituent et apprennent à se débrouiller... J'ai été l'un des premiers prisonniers de Gorlian, tu sais. J'ai perdu ma fierté et mon espérance, mais pas ma soif de connaissance. J'ai exploré le moindre recoin de ce territoire, j'ai parlé à tous les nouveaux arrivants, j'ai étudié chaque possibilité une par une. J'ai appris à vivre ici ; malheureusement, en cinquante ans, je n'ai pas découvert d'issue. Pourquoi t'imagines-tu que tu peux faire mieux que moi?
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Par Myrtle, le 30/09/2011
Ailes de feu de
Laura Gallego Garcia
" Voilà donc ce qui se cachait sous la fange, commenta-t-il. Un ange."
Gia et les hommes qui gardaient la porte firent entendre des murmures incrédules. Ahriel avait déjà deviné que ce n'était bien évidemment pas le sens de l'hospitalité qui avait poussé le roi du Marécage à lui offrir un bain. Même si elle se sentait encore sale, et même si ses ailes avaient pris la teinte brunâtre de l'eau, elles étaient désormais parfaitement reconnaissables.
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Par TwiTwi, le 09/07/2010
Idhun, Tome 1 : La Résistance de
Laura Gallego Garcia
Alexander arriva à ce moment-là, il cherchait Jack. Mais il s'arrêta net devant la porte en les voyant ensemble. Il fit vivement demi-tour et partir avant qu'ils aient remarqué sa présence. Une fois dans le couloir, loin du champ de vision des deux adolescents, il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, secoua la tête, sourit et s'éloigna sur la pointe des pieds.
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Par Myrtle, le 30/09/2011
Ailes de feu de
Laura Gallego Garcia
- La secte des Sinistres? répéta Kendal.
- C'est Yarael qui m'en a parlé. Ce sont des sorciers qui tirent leur pouvoir de la douleur, de la souffrance, de tout ce qui est répugnant, monstrueux ou dégénéré. Ils se complaisent à altérer la nature des êtres vivants et à les changer en mutants épouvantables, en parodie de ce qu"ils étaient autrefois. A l'origine, ils recherchaient un pouvoir faisant d'eux des dieux, et ne réussirent qu'à canaliser l'énergie se dégageant des corps en décomposition, de la putréfaction, de la maladie, de la mort. Mais ils n'ont jamais perdu de vue leur objectif. Maintenant qu'ils sont devenus puissants, ils consacrent l'essentiel de leur temps à transformer les êtres vivants pour recréer le monde selon leurs désirs.
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