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Frisson de
Maggie Stiefvater
_Je ne veux pas recommencer, Grace. Ca ne me suffit plus de t’observer de loin, des bois, pas maintenant que je vis avec toi – pour de bon. Je ne peux plus me contenter de te regarder. Je préfère courir le risque, quel qu’il soit, même celui de…
_Mourir.
_Oui, même mourir – plutôt que voir de loin tout ça disparaître. Je ne peux pas m’y résoudre, Grace. Je veux tenter le coup.
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Frisson de
Maggie Stiefvater
" Pendant qu'elle laissait goutter de l'extrait de menthe dans des gobelets en carton, je me suis tournée vers Sam et j'ai saisi son autre main. Je me suis mise sur la pointe des pieds et je l'ai embrassé prestement sur les lèvres.
- Attaque-surprise!
Sam s'est penché et il m'a embrassé lui aussi, sa bouche s'attardant sur la mienne, et le contact rude de ses dents contre ma lèvre inférieure m'a fait frémir.
- Attaque-surprise-retour."
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Frisson de
Maggie Stiefvater
Grace ignorait tout de mes doutes et prit mon silence pour de la fascination. Elle décroisa les jambes, puis se leva et passa la main dans mes cheveux. Portant sa paume à ses narines, elle inspira profondément.
- Tu sais que tu as gardé ton odeur de loup?
Et c'est ainsi, tout simplement, qu'elle prononça les seuls mots sans doute capables de m'apaiser.
Je lui tendis la photo alors qu'elle allait quitter la pièce. Elle s'arrêta dans l'encadrement de la porte, sa silhouette se découpa sur le fond de lumière grise et terne du matin. Elle regarda tour à tour mes yeux, ma bouche et mes mains. Quelque chose en moi se noua et se dénoua insupportablement.
Je me croyais un étranger dans son monde, un garçon en porte-à-faux entre deux existences, péril lupin aux basques. Pourtant, lorsqu'elle articula mon nom et m'attendit, je compris que j'étais prêt à tout pour ne pas la quitter.
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Frisson de
Maggie Stiefvater
C'est tout ce que tu as à proposer? railla-t-elle d'un ton provoquant, mais d'une voix si douce que je posai à nouveau mes levres sur les siennes, dans un baiser tout différent, de six années à rattraper. Ses lèvres parfumées d'orange et de désirs s'animèrent. Ses doigts remontèrent mes pattes, s'enfoncèrent dans mes cheveux, se nouèrent derrière ma nuque, vivants et froids contre la chaleur de ma peau. Je me sentais et sauvage et apprivoisé, atrocément déchiré et contraint d'exister.
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Par Miaka, le 20/04/2010
Frisson de
Maggie Stiefvater
J'étais tout près d'elle à présent. Elle gisait, face à l'immensité du ciel qu'elle fixait d'un air détaché, morte peut-être. J'enfonçais la truffe dans la paume de sa main ; elle sentait bon le sucre, le beurre et le sel, me renvoyant à une autre existence.
Puis je vis ses yeux.
Eveillés. vivants.
Elle les plongea au fond des miens et me dévisagea avec une atroce franchise.
Je reculai, frissonnant encore – mais, cette fois, ce n'était pas la colère qui ébranlait ma carcasse.
Ses yeux dans les miens. Son sang sur mon museau.
Je me sentais écartelé, au-dedans comme au dehors.
Sa vie.
Ma vie.
La meute, méfiante, me céda la place. Ils grognèrent contre moi, qui n'était plus des leurs, et retroussèrent leurs babines en direction de leur proie. Je songeai que c'était la plus belle des enfants, un tout petit ange ensanglanté dans la neige, et qu'ils allaient la détruire.
Je le vis. Je la vis, elle, comme je n'avais encore jamais rien vu.
Et j'y mis fin.
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Frisson de
Maggie Stiefvater
CHAPITRE 36 - Sam - 9°C
" Je me souvenais de l'expression de Shelby lorsqu'elle me proposa :
- Tu veux voir mes cicatrices ?
- Tes cicatrices de quoi ?
- De quand j'ai été attaquée. Par les loups.
- Non.
Elle me les montra tout de même. Son ventre était tout couturé de chéloïdes qui disparaissaient dans son soutien-gorge.
- Je ressemblais à un hamburger, là où ils m'ont mordue.
Je ne voulais pas entendre.
Shelby ne baissa pas son chemisier.
- Ca doit être l'enfer, pour ceux qu'on tue, commenta-t-elle. Nous sommes sans doute la pire façon de mourir. "
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Par chloe13, le 05/12/2010
Frisson de
Maggie Stiefvater
"Je percevais encore ses effluves accrochés à ma fourrure, comme des souvenirs d'un autre monde.
Son parfum m'enivrait, mais je l'avais trop approchée. Mon instinct protestait, me mettait en garde. Surtout quand je repensais à ce qu'il était advenu au garçon."
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Par verobleue, le 12/01/2012
Frisson de
Maggie Stiefvater
-Tu ne me perçois pas comme une fleur délicate, comparé à toi ? [...] Alors comment dirais-tu ? a-t-il insisté.
Je me suis adossée à la banquette et j’y ai réfléchi. [...]
- Sensible, ai-je hasardé.
- Pathétique, a-t-il traduit.
- Créatif.
- Dangereusement émotionnel
- Réfléchi
- Feng shui
Je m’étranglais de rire.
- Comment fais-tu pour passer de réfléchi à feng shui ?
- Tu sais bien qu’en feng shui, on doit beaucoup réfléchir à la façon de disposer les meubles et les plantes et tout ça, a-t-il expliqué en haussant les épaules. Pour être calme, zen ou je ne sais quoi. Je ne suis pas absolument sûr des détails à part le coup d’y réfléchir.
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Par Miaka, le 20/04/2010
Frisson de
Maggie Stiefvater
J'aurais pu crier, mais je ne l'ai pas fait. J'aurais pu me débattre, lutter, mais non. Allongée là, je me suis abandonnée, en regardant au dessus de ma tête le ciel blanc d'hiver virer au gris.
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Fièvre de
Maggie Stiefvater
_Tu veux parler, alors parfait, parle! Raconte-moi quelque chose que tu n'as encore jamais dit à personne.
J'ai réfléchi.
_Parmi tous les animaux de la planète, les tortues sont les deuxièmes pour la taille du cerveau.
Isabel a réagi au quart de tour:
_C'est faux!
_Je sais, c'est bien pour ça que je ne l'ai encore jamais dit à personne.