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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
On trouve chez nous toutes les variations possibles de couleurs de peau, du blanc à peine hâlé au chocolat brûlé, en passant par le miel, le cuivre et le bronze. Sur l'angle des paupières, l'ourlet des lèvres et la couleur des yeux. Ces nuances combinées entre elles donnent parfois des choses étonnantes : visages polynésiens aux yeux verts, visages orientaux au regard noisette, corps bruns aux chevelures blond vénétien. Dieu sait que j'ai vu défiler dans mon école de danse ces merveilles ciselées par le métissage, mais je ne suis toujours pas blasée : il m'arrive encore de tomber en arrêt, dans la rue, devant la grâce d'une silhouette polynésienne à la cambrure africaine, ou l'éclat d'un regard violet sous des paupières plissées.
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Ultime paradoxe : tout en instaurant une distance toute bostonienne avec les insulaires, mon père a investi une partie de sa fortune pour sauver leur vie dans le cadre de la recherche sur la filariose... et passé son temps à courir les femmes !
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Honolulu avait été ma première découverte d'une grande ville. Papeete était si petite, à l'époque. Pour nous, les supermarchés, les interminables rues bordées de marchands de chocolats, de bonbons, de chewing-gums en grosses boules roses et vertes, c'était le pays des merveilles ! Et puis, là-bas, les corn flakes étaient croustillants, pas comme ici où ils arrivaient tout mous d'Amérique ; nous avions aussi découvert le lait, le vrai lait en bouteille, pas la poudre blanche de nos petits-déjeuners, avec son résidu verdâtre. Et le jus de goyave ! La première fois que j'en ai goûté, j'ai dégusté ce nectar rose, les yeux fermés. C'était le paradis !
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Seuls ceux qui ont vécu cette expérience connaissent la difficulté, la quasi-impossibilité de vivre en tête-à-tête avec un autre homme pendant des semaines, dans des conditions éprouvantes, dans un espace exigu, confiné, d'où l'on ne peut s'échapper. Etera et Robinson ont traversé l'enfer ensemble, plusieurs fois, pendant des périodes prolongées, et ils sont restés bons amis malgré tout, jusqu'au bout de leur voyage. Cela en dit long sur le caractère de ces deux hommes ; mais il faut avoir fait partie de l'équipage d'un yacht et traversé un océan pour comprendre la dimension de ce miracle.
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Tous les grands buts qu'on se fixe ne sont que des fantômes. Le bonheur consiste à les poursuivre. Lorsqu'on les a atteints, qu'en reste-t-il ? On a pu dire que l'homme qui a réalisé tous ses rêves est l'homme le plus malheureux de la terre. Je serais sans doute très près de me retrouver en sa compagnie si, chaque fois que j'ai atteint un but, il ne s'en était immédiatement trouvé un autre pour prendre sa place. Que ceux qui ont des rêves se le disent : il est plus important d'en avoir que de les réaliser.
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Aujourd'hui, en tant que mère, je me demande si c'était la confiance qu'il nous témoignait, ou bien l'inconscience qui l'habitait, qui permettait à notre père de laisser en pleine nuit des gamines de quatorze ou quinze ans seules à la barre d'un yacht de vingt mètres au milieu des grandes houles du Pacifique.
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Par iarsenea, le 14/08/2011
Comme deux navires qui se croisent dans la nuit de
Tumata Robinson
Il faut tout un village pour élever un enfant.