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Vincent Wackenheim

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Note moyenne : 3.07/5 (sur 14 notes) Vincent Wackenheim

Biographie et informations

Nationalité : France
Né(e) à : Strasbourg , 1959

Biographie :

Vincent Wackenheim est un auteur français.

Il a commencé comme libraire à Paris à l'enseigne Le Petit Zodiaque avant de faire carrière dans l'édition juridique (les éditions Prat) tout en tentant sa chance comme auteur : son dernier roman, La Revanche des otaries, a paru au Dilettante en 2009.

Il est le directeur des Editions du Rocher.

En tant qu'auteur, il a publié Le voyage en Allemagne , La perte d'une chance et Coucou.
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Vincent Wackenheim et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Aucun, cela ne se passe pas de cette façon-là. On écrit parce qu`on a envie de le faire, et que je ne sais pas dessiner – comme d`autres éprouveraient la nécessité (et du plaisir) de taper dans une balle de tennis, ou de gravir des montagnes, ou de vouloir séduire.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Une légère nuance. L`auteur qui m`a le plus donné l`envie de publier, je veux dire d`être publié, est un éditeur, directeur de revue, homme de réseau et d`amitiés, et de quelques inimitiés, j`ai nommé Jean Paulhan. Faut-il dire que je ne l`ai jamais rencontré, moi né en 59, lui mort en 68.



Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

Le théâtre de Claudel, le Partage de Midi, le soulier de Satin, L`Echange, L`Annonce faite à Marie.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

César Capéran, de Louis Codet, paru en 1919. J`ai dû le lire une quinzaine de fois. Je dois bien être le seul dans ce cas. Pas rien, après tout. Champion mondial toutes catégories. de vous à moi, le premier livre sur lequel figure le nom « Gaston Gallimard », en 1919. Je suis un tantinet fétichiste.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

Ils sont nombreux, à l`aune de l`idée qui veut qu`on doit avoir lu tous les classiques par exemple, ce qui bien sûr est faux – ou tyrannique. Mais pour répondre très exactement à votre question, voilà, je n`ai pas lu La Guerre et la Paix , ni Les Démons, ni bon nombre des pièces de Shakespeare. Que c`est bon de l`avouer, vous me rendez un immense service C`est peine perdue, je mourrai sans les avoir lus. Ah, quelle consolation ! Par contre je suis bien content d`avoir lu l`art du contresens, de Vincent Eggericx, paru chez Verdier en 2010.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

Mais César Capéran, de Louis Codet, paru en 1919 ! Et que quelqu`un relève le défi !


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

Allons-y dans le grand dénigrement, Paul Eluard me tombe des mains. de là à dire que sa réputation est surfaite, voire, mais il me semble que cet auteur a joyeusement profité du vent de l`histoire !


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

J`aime beaucoup cette citation d`André Gide, que j`ai d`ailleurs mise en exergue du Petit éloge de la première fois :

Je me souviens d`avoir éprouvé la même stupeur, jadis,
quand, pour la première fois, au Jardin des Plantes, je fis connaissance
avec le phoenicopterus antiquorum ou flamant à spatule 1.

1 Gérard fait erreur, phoenicopterus antiquorum n`a pas le bec en spatule.


André Gide
Isabelle



Et en ce moment que lisez-vous ?

J`ai toujours une petite demi douzaine de livres que je lis en parallèle, Stratégies du détachement, un roman d`Ariel Denis paru aux toutes jeunes éditions Pierre Guillaume de Roux, de Dumas La Reine Margot, un roman de John Williams, Stoner, traduit par Anna Gavalda, des nouvelles de Pessoa, La Zonzon d`Alain Guyard (au Dilettante, forcément), un texte de Plutarque, Sur les délais de la justice divine, et de Mankell, L`Homme inquiet, et bien sûr César Capéran, de Louis Codet (paru en 1919).



L`entretien de Vincent Wackenheim avec Babelio : La gueule de l`emploi


Le point de départ de La gueule de l`emploi est une expérience personnelle, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Quand comme de nombreux autres salariés on se retrouve au chômage, ce qui n`est pas une aventure extraordinaire en soi, on se retrouve à participer à des groupes de motivation sensés vous permettre de se structurer, ne pas perdre pieds, et le cas échéant, rarement, retrouver du travail. Travail de deuil, confiance en soi, travail réseau, projet de vie, savoir faire et savoir être, lettre de motivation et speed-présentation. C`est assez surréaliste – et pour s`en sortir, entendez conserver un tantinet d`humour et ne pas basculer dans l`absurde qui vous tend les bras, je me suis mis, lors de ces réunions, et alors que tout le monde prend des notes ou feint de le faire, à bâtir un roman qui justement met en scène – comme point de départ – le groupe de neuf cadres que nous formions, devenu sept dans mon livre, pour d`évidentes raisons de magie des nombres. Ainsi je me rendais à ces réunions qui de toutes les façons et de façon entendue et collective ne servaient strictement à rien - si ce n`est de nous réunir comme les enfants d`une colonie de vacances - avec d`autant plus de joie que je voyais mon livre se construire, et bien au-delà de la réalité, puisque mon idée était de transformer ce groupe de chômeurs en de merveilleux faussaires, dans un monde où tout est faux…


Avez-vous eu l`occasion de faire lire le livre à certains de vos compagnons d`aventures du Pôle Emploi ?

Non, ils le liront s`ils en ont envie. Il ne faut jamais mélanger les genres, et il ne s`agit pas d`une galerie de portraits.


L`art de l`imposture des membres de La gueule de l`emploi trouve un terrain très favorable dans le monde de l`édition, des salons aux plateaux de télévision. Est-ce un enseignement de votre carrière d`éditeur ?

Il va sans dire que cette profession est aussi une profession de bluff, sur les chiffres de ventes, toujours magnifiés, les mises en place, les retours, bref toute la cuisine qui fait que ce métier, où l`on passe le plus clair de son temps à dire non, est fait de roublardise et de technique, de flair et de risque, d`écoute et de maïeutique. Quant aux salons en province, c`est pour les auteurs l`épreuve la plus pénible qui soit, notamment pour ceux qui vendent peu, ou dont la tête n`est pas connu du public ; Il y a aussi une race d`auteurs de salons, ils se connaissent, se soupèsent, se toisent et font semblant de s`aimer, mais le gâteau à partager n`est pas si gros. Un vrai régal !


Le Président de la République confie à vos imposteurs professionnels que dans le fond, « il fait un peu le même boulot ». Leur projet est-il si nouveau que ça ? Ou bien l`imposture prospère-t-elle déjà à grande échelle ?

Ils font le même boulot parce qu`il faut vendre son affaire de nos jours, et chaque jour que Dieu fait ! En chacun de nous sommeille un petit Président !


Le « million de gugusses » qui se réunit pour envahir le périphérique et partager kebabs et cochonailles, sans mot d`ordre politique ou syndical, évoque a posteriori les Indignés espagnoles de la Puerta del Sol. La gueule de l`emploi, roman visionnaire ?

En toute humilité, le manuscrit de ce roman ayant été achevé en septembre/octobre 2010, soit bien avant et les événements dans les pays d`Afrique du nord, et a fortiori en Espagne, j`ai été étonné de n`avoir pas été questionné sur ce sujet (preuve qu`on n`est jamais aussi bien lu qu`on l`aurait - par orgueil ! – espéré), car l`idée de voir soudainement tant de gens se réunir, dans mon livre sur le périphérique, me semble en toute modestie légèrement prémonitoire, ce dont seuls vous et moi, donc, auront eu conscience ! Mais il s`agit là d`une livre d`humour, bien loin de toutes considérations politiques ou sociales.


Sans rien dévoiler, le projet final lancé par le narrateur rappelle la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, passée à la moulinette de Borges et Pérec. Ces auteurs sont-ils une influence pour vous ?

Ricardo, c`est trop compliqué pour moi, quant à Borges et Perec, ce sont des livres de chevet. Et leur petite moulinette me paraît d`une indémodable actualité, entendons le mode du conte (ça n`est pas dangereux) et celui du regard acéré, du plaisir de l`accumulation, de la sérieuse dérision.


Quels sont vos projets d`écriture ? Travaillez-vous à un prochain roman ?

Je viens de relire les épreuves d`un texte à paraître à la rentrée en Folio 2€, inédit, qui s`intitule Petit éloge de la première fois, dont la rédaction (cette fois à la maison) m`a procuré le plus vif plaisir, et j`espère qu`il fera sourire le lecteur, pris lui aussi dans la tyrannie de la première fois – sexuelle, mais pas seulement. Et peut-être aimerais-je, après, écrire un court roman dont la ligne directrice ne serait pas le cynisme, ou le regard décalé sur les choses et la vie, le cynisme étant peut-être l`attitude la plus difficile à tenir sur le long terme, la plus épuisante aussi. A voir !


Découvrez La gueule de l`emploi, le dernier roman de Vincent Wackenheim paru aux éditions La Dillettante :
canard

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Citations de Vincent Wackenheim

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  • Par annie, le 31/03/2011

    La gueule de l'emploi de Vincent Wackenheim

    "On dit toujours le destin! le destin! Pas faux. Parfois, ça bouge, et on ne sait pas pourquoi. Le bonheur, c'est quand le hasard a rendez-vous avec la chance."

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  • Par annie, le 31/03/2011

    La gueule de l'emploi de Vincent Wackenheim

    Ça avait tout de suite commencé bizarre.

    Mardi matin neuf heures, stage Activation-Motivation, groupe cadres sup, troisième étage, bonjour à tous, je m'appelle Carole, je suis votre consultant réfèrent, merci d'être à l'heure, vous pouvez m'appeler Carole. Asseyez-vous, il y a des chaises. La machine à café est en bas, d'habitude elle rend la monnaie.

    Installés comme pour une vente en réunion, casseroles, lingerie, bains moussants, sur la table l'iPhone posé bien en vue, on s'attendait à repartir avec un petit bonus, quelque chose à raconter aux copains ce soir à l'apéro. Pour le coup, on a été servis, Carole a continué, le quartier, bien qu'excentré, n'est pas sans charme, juste entre les Maréchaux et le périphérique. Pour ceux qui auraient quand même faim, en remontant le boulevard vous trouverez des kebabs, attention à la gastro. Ne longez pas le collège, ils lancent des yaourts par-dessus la grille, et évitez de venir en voiture. L'ascenseur se bloque parfois, moi je monte à pied. Vous êtes prévenus. J'espère que nous ferons quand même du bon travail, nous avons six mois devant nous, on se voit tous les mardis, soyez à l'heure, merci d'éteindre vos portables.

    Excentré, ça devait être un euphémisme, leur façon de parler à eux, le genre blagueur du consultant réfèrent, mais bon, il fallait payer, c'était faute morale et compagnie. Le siège social de tout ce bazar n'était pas du tout excentré, même plutôt central, avec des salles de réunion qui donnaient sur la Bourse, mais enfin, on expie mieux entre les Maréchaux et le périphérique.
    > lire la suite

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  • Par annie, le 08/09/2009

    La revanche des otaries de Vincent Wackenheim

    « Mon Noé, il a le nez dans le guidon, une main sur le téton de Miss Monde, et la tête prise par les dinoZores. Ça l’aveugle, c’est chiffon rouge et compagnie – l’effet jupette. Suivez le film, ça va valser et durement. »

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  • Par annie, le 08/09/2009

    La revanche des otaries de Vincent Wackenheim

    Ce n'était quand même pas sa faute à lui si cette humanité s'était mise à dérailler grave, l'alcool, le cholestérol, les OGM, le loto, la Bourse qui fait du Yo-Yo, la météo pareil, etj'en passe, les téléphones portables, le Wi-Fi, les politicards véreux et rien à la télé.
    Tout ce qui avait poussé le Patron à prendre des mesures pour le moins radicales.
    Résultat, il se trouvait, lui, Noé, à son âge, sur cette barcasse puante, à contenir [... ]

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  • Par annie, le 07/09/2009

    La revanche des otaries de Vincent Wackenheim

    petite citation... après le meurtre de la belle otarie... p. 133 :

    "le phoque, qui ne manquait jamais d'assiter aux obsèques de sa parentèle, même lointaine, fit remarquer à son voisin que ce qui était bien avec les enterrements, contrairement aux mariages, c'est qu'on y connaît tout le monde, c'est tout de même plus facile pour la conversation".

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  • Par annie, le 31/03/2011

    La gueule de l'emploi de Vincent Wackenheim

    Ainsi donc, il se trouve des gens dans cette belle terre de France qui font l'apprentissage douloureux des groupes de travail de l'ancienne ANPE - Avec Nous Peu d'Espoir... rebaptisée depuis peu Pole Emploi, par pudeur politiquement correcte, bien plus qu'honnêteté intellectuelle.

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


  • Par annie, le 31/03/2011

    La gueule de l'emploi de Vincent Wackenheim

    « J’ai dit à ma femme, chérie, je me couche tôt, demain je vais à Activation/Motivation pour le travail de deuil, elle m’a répondu question travail tu ferais mieux de trouver du boulot, le banquier a encore appelé, ta mère aussi.»

    Citation de qualité ? (3 votes positifs)


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