Note moyenne : /5 (sur 14 notes)
Nationalité : France
Né(e) à : Strasbourg , 1959
Aucun, cela ne se passe pas de cette façon-là. On écrit parce qu`on a envie de le faire, et que je ne sais pas dessiner – comme d`autres éprouveraient la nécessité (et du plaisir) de taper dans une balle de tennis, ou de gravir des montagnes, ou de vouloir séduire.
Une légère nuance. L`auteur qui m`a le plus donné l`envie de publier, je veux dire d`être publié, est un éditeur, directeur de revue, homme de réseau et d`amitiés, et de quelques inimitiés, j`ai nommé Jean Paulhan. Faut-il dire que je ne l`ai jamais rencontré, moi né en 59, lui mort en 68.
Le théâtre de Claudel, le Partage de Midi, le soulier de Satin, L`Echange, L`Annonce faite à Marie.
César Capéran, de Louis Codet, paru en 1919. J`ai dû le lire une quinzaine de fois. Je dois bien être le seul dans ce cas. Pas rien, après tout. Champion mondial toutes catégories. de vous à moi, le premier livre sur lequel figure le nom « Gaston Gallimard », en 1919. Je suis un tantinet fétichiste.
Ils sont nombreux, à l`aune de l`idée qui veut qu`on doit avoir lu tous les classiques par exemple, ce qui bien sûr est faux – ou tyrannique. Mais pour répondre très exactement à votre question, voilà, je n`ai pas lu La Guerre et la Paix , ni Les Démons, ni bon nombre des pièces de Shakespeare. Que c`est bon de l`avouer, vous me rendez un immense service C`est peine perdue, je mourrai sans les avoir lus. Ah, quelle consolation ! Par contre je suis bien content d`avoir lu l`art du contresens, de Vincent Eggericx, paru chez Verdier en 2010.
Mais César Capéran, de Louis Codet, paru en 1919 ! Et que quelqu`un relève le défi !
Allons-y dans le grand dénigrement, Paul Eluard me tombe des mains. de là à dire que sa réputation est surfaite, voire, mais il me semble que cet auteur a joyeusement profité du vent de l`histoire !
J`aime beaucoup cette citation d`André Gide, que j`ai d`ailleurs mise en exergue du Petit éloge de la première fois :
J`ai toujours une petite demi douzaine de livres que je lis en parallèle, Stratégies du détachement, un roman d`Ariel Denis paru aux toutes jeunes éditions Pierre Guillaume de Roux, de Dumas La Reine Margot, un roman de John Williams, Stoner, traduit par Anna Gavalda, des nouvelles de Pessoa, La Zonzon d`Alain Guyard (au Dilettante, forcément), un texte de Plutarque, Sur les délais de la justice divine, et de Mankell, L`Homme inquiet, et bien sûr César Capéran, de Louis Codet (paru en 1919).
Quand comme de nombreux autres salariés on se retrouve au chômage, ce qui n`est pas une aventure extraordinaire en soi, on se retrouve à participer à des groupes de motivation sensés vous permettre de se structurer, ne pas perdre pieds, et le cas échéant, rarement, retrouver du travail. Travail de deuil, confiance en soi, travail réseau, projet de vie, savoir faire et savoir être, lettre de motivation et speed-présentation. C`est assez surréaliste – et pour s`en sortir, entendez conserver un tantinet d`humour et ne pas basculer dans l`absurde qui vous tend les bras, je me suis mis, lors de ces réunions, et alors que tout le monde prend des notes ou feint de le faire, à bâtir un roman qui justement met en scène – comme point de départ – le groupe de neuf cadres que nous formions, devenu sept dans mon livre, pour d`évidentes raisons de magie des nombres. Ainsi je me rendais à ces réunions qui de toutes les façons et de façon entendue et collective ne servaient strictement à rien - si ce n`est de nous réunir comme les enfants d`une colonie de vacances - avec d`autant plus de joie que je voyais mon livre se construire, et bien au-delà de la réalité, puisque mon idée était de transformer ce groupe de chômeurs en de merveilleux faussaires, dans un monde où tout est faux…
Non, ils le liront s`ils en ont envie. Il ne faut jamais mélanger les genres, et il ne s`agit pas d`une galerie de portraits.
Il va sans dire que cette profession est aussi une profession de bluff, sur les chiffres de ventes, toujours magnifiés, les mises en place, les retours, bref toute la cuisine qui fait que ce métier, où l`on passe le plus clair de son temps à dire non, est fait de roublardise et de technique, de flair et de risque, d`écoute et de maïeutique. Quant aux salons en province, c`est pour les auteurs l`épreuve la plus pénible qui soit, notamment pour ceux qui vendent peu, ou dont la tête n`est pas connu du public ; Il y a aussi une race d`auteurs de salons, ils se connaissent, se soupèsent, se toisent et font semblant de s`aimer, mais le gâteau à partager n`est pas si gros. Un vrai régal !
Ils font le même boulot parce qu`il faut vendre son affaire de nos jours, et chaque jour que Dieu fait ! En chacun de nous sommeille un petit Président !
En toute humilité, le manuscrit de ce roman ayant été achevé en septembre/octobre 2010, soit bien avant et les événements dans les pays d`Afrique du nord, et a fortiori en Espagne, j`ai été étonné de n`avoir pas été questionné sur ce sujet (preuve qu`on n`est jamais aussi bien lu qu`on l`aurait - par orgueil ! – espéré), car l`idée de voir soudainement tant de gens se réunir, dans mon livre sur le périphérique, me semble en toute modestie légèrement prémonitoire, ce dont seuls vous et moi, donc, auront eu conscience ! Mais il s`agit là d`une livre d`humour, bien loin de toutes considérations politiques ou sociales.
Ricardo, c`est trop compliqué pour moi, quant à Borges et Perec, ce sont des livres de chevet. Et leur petite moulinette me paraît d`une indémodable actualité, entendons le mode du conte (ça n`est pas dangereux) et celui du regard acéré, du plaisir de l`accumulation, de la sérieuse dérision.
Je viens de relire les épreuves d`un texte à paraître à la rentrée en Folio 2€, inédit, qui s`intitule Petit éloge de la première fois, dont la rédaction (cette fois à la maison) m`a procuré le plus vif plaisir, et j`espère qu`il fera sourire le lecteur, pris lui aussi dans la tyrannie de la première fois – sexuelle, mais pas seulement. Et peut-être aimerais-je, après, écrire un court roman dont la ligne directrice ne serait pas le cynisme, ou le regard décalé sur les choses et la vie, le cynisme étant peut-être l`attitude la plus difficile à tenir sur le long terme, la plus épuisante aussi. A voir !
La gueule de l'emploi de
Vincent Wackenheim
La gueule de l'emploi de
Vincent Wackenheim
La revanche des otaries de
Vincent Wackenheim
La revanche des otaries de
Vincent Wackenheim
La revanche des otaries de
Vincent Wackenheim
La gueule de l'emploi de
Vincent Wackenheim
La gueule de l'emploi de
Vincent Wackenheim
|
|
Tweet |
|
Né à Corfou, cet écrivain évoque son enfance marseillaise dans Le Livre de ma mère. Son nom ?
|