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Note moyenne 4.1 /5 (sur 33 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bastia , le 09/06/1947
Biographie :

Née à Bastia, Angèle Paoli a enseigné pendant de nombreuses années la littérature française et l'italien, notamment en Picardie.

Elle vit actuellement dans le Cap Corse où elle développe Terres de Femmes, la revue numérique de poésie et de critique qu'elle a créée en décembre 2004 avec son mari éditeur Yves Thomas et le photographe et architecte Guidu Antonietti di Cinarca.

Prix européen de critique en poésie Aristote 2013.

Elle a notamment publié :
Noir Ecrin, A Fior di Carta, 2007
Carnets de marche, éditions du Petit Pois, 2010
Les Romans de la Corse, éditions du Rocher, 2012
Solitude des seuils, Colonna édition, 2012
revues

Source : http://www.terresdefemmes.com
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Bibliographie de Angèle Paoli   (18)Voir plus

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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Angèle Paoli
TerrainsVagues   26 mars 2022
Angèle Paoli
Quelle trace la tienne

dans cet espace

où tu ne fais que passer

sinon tes larmes silencieuses salées

asséchées aussitôt que jaillies

sur tes propres déserts.
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Angèle Paoli
TerrainsVagues   24 février 2022
Angèle Paoli
Laisses de mer



À toi



Il faudra alors se satisfaire de l’extrême lenteur des jours

du parfum affadi des journées sans lumière

des coquillages vides sur les laisses de mer

du craquèlement des pas dans les pas de l’absent

du ricanement persistant des mouettes rieuses

des plumes abandonnées dans les recreux de dunes

des filins emmêlés dans les lagons d'oyats





Il faudra alors oublier la lueur du regard

et laisser au sourire le temps de s’estomper

de n’être plus qu’une ombre au coin de ta paupière

à peine un battement imperceptible des cils

la soie d’un cheveu pâle glissé entre deux pages

juste un mot évadé de tes courriers froissés

juste un nom éclipsé dans l’océan du ciel

une larme égarée dans l’infini silence
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fanfanouche24   27 octobre 2018
Terres de femmes, Terre di donne de Angèle Paoli
Je soupçonne... qu'une des bibliothécaires de ma médiathèque soit corse ou ait des racines insulaires, car j'ai découvert sans difficulté ce joli recueil étroit, bien en évidence sur une table mettant en avant quelques nouvelles acquisitions 2018...



Une anthologie bilingue coordonnée par Angèle Paoli, offrant une sélection de 12 femmes- poètes corses, avec la traduction en miroir, pour chaque poème



"Les loges de la poésie de Danièle Maoudj



[Extrait]

La nuit des mots

allume les sentinelles

Autant d'étoiles naissent

Eclairent la solitude des astres

A genoux

Sa poitrine se love dans la circonférence de l'avenir



La nuit des mots

Se moque des patries et ne tient pas à les fréquenter (...)



Nomade de l'inquiétude

je féconde les mots de demain

Tressés d'immortelles et de musc

Consolée dans les loges de la poésie "



Anthologie enrichie , en fin de volume, de notices biographiques pour chaque poétesse...Un petit moment de grâce vers les côtes corses !



***N.B : je viens de me rendre compte au bout de 24 h... que j'ai dû faire une mauvaise manip. et que ma critique s'est retrouvée dans la case "citations"....
+ Lire la suite
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mariedupuis   06 août 2022
Lauzes de Angèle Paoli
Ce titre d’abord, sa puissance d’étrangeté. Pourquoi ces pierres plates qui, depuis des temps lointains, gardent en elles les histoires, les rumeurs, les légendes ? Elles ont enchanté Stendhal en son voyage en Italie. Marques et blasons d’anonymes généalogies, les lauzes d’Angèle Paoli font signe vers des traces humaines familières à la marcheuse. À la fin de chacune des dix-sept petites proses, une lauze, pierre et poème à la fois, déposée comme un point d’appui, un signe qui ouvre le chemin. La pierre, le poème, la petite prose : beauté de ce glissement simple et insolite.

Ces lauzes invitent ainsi à passer d’un lieu, d’un temps à l’autre, du réel à l’imaginaire, le tout dans l’élan d’un mouvement. Comme les pierres de gué qui font œuvre de passage. Et l’on s’enchante d’aller à sauts et à gambades, de s’abandonner à l’art subtil de ces miscellanées. Dans cette topographie rêveuse se télescopent bizarrement une gare de Rome, des paysages de Corse ou des Cévennes, une salle d’aéroport, un musée anciennement usine, un tableau d’un maître toscan. Voilà bien une poétique de la surprise et du collage. Apollinaire, cité en exergue de l’un des chapitres ne la renierait pas.

Sous les lauzes, les rêves, pourrions-nous dire. Car la résonance de la prose d’Angèle Paoli est celle-là même des rêves. Plus que de lieux réels, il est question en ces pages de paysage mental modelé par la force vibrante de l’imagination. D’une tranquille auberge située sur une plage italienne, on aperçoit un escargot géant et des hommes métamorphosés en arbres. Le monde vacille...

Les lauzes, sous la plume d’Angèle Paoli, deviennent rêveries du temps. Des sortes d’illuminations bousculent la linéarité temporelle, des présences anachroniques se font jour. Tel ce personnage d’Aïta, digne compagne néolithique d’Ötzi qui voit surgir autour d’elle bikinis et scooters d’aujourd’hui. Le voile des apparences se déchire pour laisser place à quelque chose d’insolite. Dans le déroulé du récit, la dissonance est omniprésente. Derrière le visible, s’invente l’invisible. Un espace de mystères et de songes se libère pour tous les personnages. « Je scrute les alentours tout bruissant de forces indociles » dit l’un d’eux.

Le tissu sensuel de la rêverie, c’est le regard. Glissements successifs des choses regardées. Temps de l’étonnement où le corps se fait métamorphique. Placer le regard, comme on dit placer la voix, tout est là. C’est-à-dire ajuster l’œil à l’imprévu, à l’éphémère. Le regard en éveil s’enrichit de toutes les lectures. Comment ne pas penser à Colette, en lisant ces lignes : « Les euphorbes ondulent qui la bercent. Elle est nue. Elle dort. Elle se rêve invisible. Que fait-elle en ce lieu hanté par les geais, les sangliers et mon regard ? ».Extrait préface par Marie-Hélène Prouteau
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Angèle Paoli
sonatem   30 juin 2021
Angèle Paoli
Sassifraga



fragile sassifraga

frêle fleur corolle

dans la roche du temps

vigie des saisons



rongent nos cœurs

présomptueux



dans les anfractuosités

ma voix te cherche où tu élis

domicile petite couronne

moussue

se fraie passage

entre la hampe des nombrils-de-Vénus

le cyclamen sauvage

ailes de velours



fleur des rocailles

modeste sans ambition

autre que de frayer

passage entre les mailles

du schiste dur

tu perces de tes pétales clairs

le jour s’échevelle

dans la moiteur solaire



à la rencontre

de mon regard

tu viens

tu me parles des étoiles

petite perce-pierre

qui élance sa tige humble

hors les murs sablonneux



dans la tendresse

je te coule toi qui connais

la dureté aride

des creux de roches



confie-moi ton secret



ton nom chante à mon oreille

le saxo de la mer me berce

il pleut à pierre fendre

le tremblé de la corolle étoile

frémit sous le gong

de l’orage



je cherche refuge

dans les cavités de ma mémoire

je me pelotonne dans mes fibres

je me fais à ton exemple

petite fée saxatile

que rien ni personne ne brise

sous les coups de butoir

des vents hostiles



je pense à toi

humble vigie des rocailles

je me fonds dans la modestie

de ton courage



il m’est un guide sûr.





Anthologie « Saxifrage », proposée par Sabine Huynh, dédiée à la mémoire de Clara Pop-Dudouit, Revue Terre à Ciel, 2015.

https://www.terreaciel.net/Saxifrage
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brigetoun   15 décembre 2009
Le lion des Abruzzes de Angèle Paoli
C'était le temps

des déambulations

dans le passé détruit

de la ville en hiver
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fanfanouche24   27 octobre 2018
Terres de femmes, Terre di donne de Angèle Paoli
Ce qui vient [d'Isabelle Pelligrini-Alentour]



Ce qui vient

effleurons-le du bout des yeux

pas plus pour le moment



continuons un peu à marcher

en lisière des choses

sur la pointe des pieds

à l'entour des prairies



un jour tu me raconteras le passé

celui qui a parlé

et parle

dans le froissement de ta corolle

soie diaphane et épines mêlées



dans la haie d'aubépines

tu viendras t'allonger

déposer ton repos

comme on lâche un sanglot



continuons à flâner

pas plus pour le moment (p. 49)
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fanfanouche24   26 octobre 2018
Terres de femmes, Terre di donne de Angèle Paoli
Les loges de la poésie de Danièle Maoudj



[Extrait]

La nuit des mots

allume les sentinelles

Autant d'étoiles naissent

Eclairent la solitude des astres

A genoux

Sa poitrine se love dans la circonférence de l'avenir



La nuit des mots

Se moque des patries et ne tient pas à les fréquenter (...)



Nomade de l'inquiétude

je féconde les mots de demain

Tressés d'immortelles et de musc

Consolée dans les loges de la poésie

je suis la nuit réconciliée. (...) (p. 32)
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Rosalinde   16 mars 2016
Une fenêtre sur la mer / Anthologie de la poésie corse actuelle de Angèle Paoli
Poème de matin calme

de bouilloire électrique

le thé des Deux Chinois déploie dans la maison

ses guirlandes de fleur blanche et d’amande

gris dehors dedans lumière d’or

Marianne Costa



Flotte mon cœur au nom d’Exil

vers la chambre où la jeune morte

dort, de toute éternité.

Et la campagne immense

flotte dans ses yeux pâles.

Annette Luciani
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Partemps   25 octobre 2020
Solitude des seuils de Angèle Paoli
SIXIÈME EXTRAIT



(Notte di Poghju)



C’est très doux comme

main ça mais c’est froid un peu

même à travers la peau du jean

c’est doux comme

cheveux ces boucles et blondes

même si ― comme ne le dit pas le poème ―

Walter va au jardin & bande*



.



― le chien se couche sur le dos

cuisses ouvertes langue haletante ―

qu’a-t-il à dire à faire comprendre

est-ce appel sans détour ?



.



la lumière lance

ses oiseaux-tulipes

reflets de lampes

dans les vitrées

fenêtres ouvertes

sur le ciel

ouvertes ― non ― fermées



les grands panneaux aveugles

absorbent la moire



nuit entière dans le verre



.



le parfum d’herbes

glisse jusqu’aux narines

liseuses blotties dans les laines

et les coussins moelleux

fenouil séché couché

en larges branches

et par brassées

dans le vaste vaisseau

d’osier corbeille du maquis

ombelles et graines



cueillies de main experte

par la signadora



.



le sanglier mijote

odeurs d’agrumes douces

les lumières de l’église

ont disparu

rien de Ginevra Bel Messer

n’arrive jusqu’ici

ni son sourire ni sa plainte



― le chien gratte derrière la porte

derrière la vitre le chat sommeille ―



.



blême de silence d’absence

ouvert sur le plafond d’étoiles

le défunt dort

cercueil d’ébène



gardé par le Christ noir



Christ noir sauvé des eaux

veille dans son miracle

les vivants et les morts



la grotte est loin

qui accueillait sous sa voûte

déferlement de vagues

et vaisseaux naufragés



par quel édit muselée

sous la citadelle



.



les grandes baies de verre

absorbent le village

la nuit boit



― engloutie

l’encre des montagnes ―



plus rien n’existe



ni la rousseur des vignes

ni les chevelures boisées

ni l’effilochement des brumes



la plongée dans l’échancrure

des vallons se réfugie

dans la mémoire



la chaleur du dedans

retient les voix dans sa lumière



.



un point se déplace

dans le vide

zèbre le verre noir

qui avale la nuit



― le filanciu** suspend

son élan silencieux ―



le cavalier de l’orage

rôde plein vent



sous les nuages.
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