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Note moyenne 4.25 /5 (sur 12 notes)

Biographie :

Vit à l’embouchure de la Loire, à Saint-Nazaire, ville ouvrière, détruite et, depuis, en éternelle reconstruction, à la recherche d’une forme qui lui serait propre. Aime cette ville pour ça et parce qu’il s’imagine qu’elle ressemble à Buenos Aires, de l’autre côté de l’eau, où il n’est jamais allé. Pense que la forme de la ville influence son rapport à l’écriture.

Emarge à l’Education nationale, mais seulement la moitié de la semaine (peut-être pour ça qu’il n’a pas encore épuisé le plaisir de la rencontre avec les enfants). Et, depuis quelques années, est fier d’appartenir à cette corporation, dans un département qui a mené une série de luttes exemplaires contre la désagrégation de l’école publique. Pourtant déjà passablement imparfaite, l’école.

Partage donc son temps entre écriture et enseignement. Et accessoirement entre résistance active et nécessaire désobéissance.

(autoportrait sur publie.net)
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Giraud_mm   26 mars 2018
Les forges de Jean-Pierre Suaudeau
J'ignore si durant les deux mois d'occupation et les deux années de lutte menées sur le site même des anciennes forges, au pied des installations subsistant encore,les salariés de la SEMM ont pensé à ceux qui les avaient précédés là,si leur invisible présence a pesé sur leur obstination, si les puddleurs leur ont murmuré à l'oreille un conseil avisé, une parole bienveillante, fraternelle ou s'ils ont rempli à leur insu une sorte de devoir de mémoire.
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Giraud_mm   23 mars 2018
Les forges de Jean-Pierre Suaudeau
On boit pour étancher la soif quand la chaleur est continuelle. On avale deux à trois litres par jour. On tient aussi avec ça. On rentre recru de fatigue, assommé par la besogne et le manque de repos qui affaiblit le corps., l'use prématurément, hébété et vacillant pour s'abattre ensuite, non sans avoir valdingué dans l'obscurité de la cuisine contre le baquet d'eau resté près de l'évier, sur la couche que le corps de la femme a tiédie, sans toucher au frichti qui attend sur la table car ce serait de précieuses minutes ôtées au sommeil, à l'indispensable récupération, quand on pense déjà au lendemain, au réveil, alors même qu'on n'a dans le ventre, pour toute pitance, qu'un quignon de pain et trois oignons mâchonnés le midi, habitude héritée des anciennes pratiques rurales.
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brigetoun   24 novembre 2011
Le lac de Jean-Pierre Suaudeau
Sous le ciel plombé, le lac pareil à une étroite plaque grise menacée par la ville, ses maisons, ses immeubles qui se bousculent sur les rives. À l’arrière-plan, les Alpes, enneigées sur leur tiers supérieur, le dominent.



Le lac n’existe plus

Juste la ville et les montagnes



entre lesquelles il parvient tant bien que mal à se glisser,

à se frayer un chemin.

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dipari   28 mai 2018
femme à la nature morte de Jean-Pierre Suaudeau
Le timbre de la sonnette avait à peine froissé le silence, un faible grésillement, une suite de brefs crachotements à peine audibles de ce côté-ci de la porte, creuse selon toute vraisemblance, de l’air emprisonné entre deux minces pellicules de bois vernis, et le silence de nouveau là, compact, un bloc indestructible et serein, froid, aggloméré à la pénombre de la cage d’escalier éclairée de deux plafonniers poussiéreux, lui debout, un pied sur le paillasson fatigué, l’autre sur les dalles noires veinées de blanc, hébété, vibrant des pulsations rapprochées et sourdes de son cœur, conséquence d’avoir monté à la hâte les trois étages, battements du sang dans ses oreilles qu’il aurait voulu pouvoir ralentir afin de sonder avec plus de précision la matière silencieuse qui le cernait, percevant une impalpable menace, à l’affût du moindre bruit, sur ses gardes, mais rien.
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dipari   28 mai 2018
femme à la nature morte de Jean-Pierre Suaudeau
Rester ici. Ne plus oser sortir. Acculée dans cet appart minuscule, à la fois prison et abri, à quoi s’est réduit l’univers, rétréci comme pull au lavage. Dehors tout m’est devenu hostile, étranger au point de ne plus supporter l’incessant grouillement de la rue, les scintillements lumineux, la déambulation accélérée des passants, le vacarme du trafic, cette effervescence qui me refuse. Comme si je n’appartenais déjà plus à ce monde-là. Quelques années auront suffi pour que je devienne ce fardeau, ce poids mort, entraîné dans un mouvement centrifuge qui progressivement l’éjecte vers une périphérie lointaine, glissant imperceptiblement sans rien à quoi se retenir, s’agripper.
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dipari   28 avril 2018
Les forges de Jean-Pierre Suaudeau
C'est le ciment qui apparaît, la pierre, l'appareil de mortier qui se délite, mais c'est l'acier, la nécessité du métal, absent, qui est la cause de l'implantation de ces Forges cent cinquante ans plus tôt, au milieu du marais paisible où abondent grenouilles aux ricanements de crécelle, colverts tapageurs, furtives anguilles, hérons hiératiques au garde-à-vous, mouettes et goélands, iris jaunes et corolles de nénuphars, prairies inondables, marécageuses, servant de débord à la Loire et d'abri au petit peuple qui s'était établi là, quelques feux pas davantage, simple hameau dépendant de la commune proche, paysage pour peintres impressionnistes.
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brigetoun   07 décembre 2009
Le lac de Jean-Pierre Suaudeau
Je n’écrirai pas ce livre, cette fiction dont le séjour ici devait constituer un point de départ, devait me servir à repérer les lieux, à organiser une subtile alliance entre réalité et fiction, avec couple illégitime, amante perturbée (Lucie ? Élise ?) qui aurait été le double de la mère, mystérieuse disparition aux abords du lac, recherches vaines, fragiles péripéties, minces rebondissements à la clé et pointe d’humour cynique. Je n’écrirai pas ce livre tombé à l’eau du lac. Projet devenu dérisoire, avalé par ce creux, ce vide. Subsiste une page vierge toujours à remplir.
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brigetoun   10 juillet 2010
femme à la nature morte de Jean-Pierre Suaudeau
Sa main gauche s'animait pourtant, peu à peu, comme revenant à la vie, s’éveillait, d’une vitalité encore naissante mais perceptible que rien jusque là ne laissait soupçonner, exerçant sur la mienne des effleurements plus appuyés, des caresses maladroites, pataudes, une présence insistante, une encombrante intrusion qui méconnaissait quelque peu les règles du savoir-vivre et peut-être également celles du savoir-faire, la peau rêche de ses doigts courts s’escrimant contre les miens.
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brigetoun   07 décembre 2009
Le lac de Jean-Pierre Suaudeau
cette image superficielle du bonheur familial, malgré la menace qui y était inscrite en filigrane, celle d’une vie promise qu’on allait prématurément abattre. Ce cliché-là avait sans doute contribué à fixer en moi l’idée de destin, de fatum, qui s’accordait tellement bien avec les préceptes inculqués par la religion catholique dont le dieu régnait sur nos existences, riend’autre à faire qu’espérer et subir puisque tout était déjà inscrit,
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dipari   28 avril 2018
Les forges de Jean-Pierre Suaudeau
Pour l'heure, on afflue de toutes parts vers Trignac, ce nouvel Eldorado. Comment on se parle, dans quelle langue, quel idiome, quel patois, puisqu'on vient aussi bien de Bretagne, du Nord, de l'Est et même du sud-ouest ? Un babel prolétaire, populaire. Mais peut-être la langue des exploités est-elle universelle, un espéranto immédiatement assimilable qui. Ne s'embarrasse pas de nuances.
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