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3.91/5 (sur 16 notes)

Nationalité : Algérie
Né(e) à : Relizane , 1968
Biographie :

Mustapha Benfodil est né en 1968 à Relizane, dans l’ouest de l’Algérie. Il vit et travaille à Alger où il est journaliste au quotidien El Watan. Il a entamé des études de mathématiques avant de se convertir au journalisme. Il a publié trois romans : Zarta (Barzakh, 2000), Les bavardages du seul (Barzakh, 2003, prix du meilleur roman paru en Algérie) et Archéologie du chaos (amoureux) (Barzakh, 2007). Dans le domaine du théâtre, il a écrit plusieurs textes parmi lesquels Clandestinopolis, Les borgnes ou le colonialisme intérieur brut, ou encore De mon hublot utérin je te salue humanité et te dis blablabla. Cette dernière a été créée en mars 2011 au Théâtre des Salins (Martigues) dans une mise en scène de Julie Kretzschmar. Comme reporter, Mustapha Benfodil s’est rendu deux fois en Irak en pleine guerre, expérience qu’il relate dans un récit, Les six derniers jours de Baghdad. Journal d’un voyage de guerre (Liberté – Casbah éditions, 2003).
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Source : Chapitre.com
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Libérerla langue des canons rhétoriques établis,du carcan des expressions figées,des bien-pensances,des mots calibrés,des mots tus, des motus,des omertas;se libérer des boulets du quotidien,de la langue administrative,des jargons professionnels,de la langue officielle,du Journal officiel,du journal télévisé,de la langue médiatique,de la langue politique,de la langue commerciale,de la langue publicitaire et de toutes les langues utilitaires,de la vulgate des experts,des communicants,des religions, des sectes, des partis,des Big Brothers de tout acabit.
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J'ai repassé en boucle le film de ma vie.
En noir et blanc bien sûr!
Et j'ai passé en revue mes anciennes brûlures une à une.
Brûlure au premier degré: BalBala. Pays crématoire. Plaque chauffante. Désert stérile. Le Grand Walou. Aucune fleur n'y pousse. Aucun avenir. Océan de sable dont chaque grain fait grincer la machine du progrès.
Brûlure au second degré: Le feu du désir consumant mes organes. Mon corps tatoué de sens interdits.
Brûlure au dixième degré: Mes rêves de jeunesse partis en fumée. Le poète tué dans l'œuf. Toute ta vie à ramer à vau-l'eau, poussé par des vents contraires.
Brûlure au centième degré: La soif des cyprès. Les torches de Hassi-Taxi qui nous narguent avec leur pognon putassier.
Les derricks qui colonisent nos terres et nous imposent un laisser-passer.
La geste des choumara [chômeurs] transhumant à travers le Sahara tels des âmes en peine. Nos baraques sales et lépreuses qui métastasent autour des champs de pétrole.
Et le temps qui prend touuuuuut son temps en nous enfonçant la tête dans les sables mourants.
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MAKING OF

"Sentiment étrange je travaillais sur la scène de l'accouchement, la venue au monde de Nada. Et je revivais rétrospectivement les instants magiques de la naissance de ma petite Lina. J'étais profondément ému en écrivant cette scène, et là, je viens de la gronder sévèrement, ma Linette. Je lui ai crié dessus. Et j'en suis malheureux, horriblement malheureux, je le regrette, je m'en veux. Je me suis surpris à lui dire : « S'il te plaît, ma chérie, je suis en train d'écrire sur toi, ta naissance, le plus beau cadeau que la vie m'ait offert, oui, toi, mon petit bout de chou, alors laisse papa travailler. On jouera plus tard, promis ! >>> Sentiment étrange, oui. Troublant paradoxe.

Sentiment étrange, en effet, et troublant que cet écart entre sa vie et ce qu'il écrit. Ce qu'il exaltait par l'écriture et négligeait dans la vie réelle. Non pas qu'il enjolivåt, cela arrivait bien sûr, mais ces deux univers étaient si éloignés parfois. Cependant, le vrai remord était ailleurs. L'Écrivain s'en voulait par moments d'avoir, en ôtant la vic à Rachid, son personnage, rendu orpheline Nada, la fille du couple algérois. Et par un saisissant jeu de miroirs, il ne pouvait s'empêcher de penser à sa propre situation, créant l'illusion que c'était à sa propre fille, Lina, qu'il ravissait le père. Un malaise conforté par sa condition d'enfant privé très tôt de son papa, l'Écrivain ayant perdu le sien à l'âge de 7 ans . " P125
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Je fus parcouru de frayeur à la vue de cet animal charnu et poilu qui m’apparut soudain, me souriant avec ses grosses lèvres verticales, surgissant du plus profond de la nuit humaine. Retiens-toi ! Retiens-toi ! Si tu te contrôles devant cette bête, tu auras la pleine maîtrise de ton destin, me susurrait une voix du plus loin de mon Surmoi, tandis que mon ÇA continuait à me coacher et me pousser vers ce trou où tant d’amoureux étaient tombés comme des mouches happées par la mante fangeuse comme on tombe au champ d’amour !
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La nuit, toutes les chattes sont grises ! Les sexes sont tous hideux et malodorants. Le plaisir que je recherche est si raffiné que j’ai désespéré depuis ma naissance de l’atteindre. Le plaisir est une quête, chère Juliette, et il n’est de grâce plus voluptueuse que celle qui arrive après une longue ascèse. Apprend donc les vertus de l’abstinence, maîtrise tes sens, l’amour est un art.
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En réalité, je ne lis pas. Je dévore les livres. Littéralement, je veux dire. Oui. Je mange les livres, je me nourris de livres, je vis par les livres. Les livres sont comme un sérum d’encre et de cellulose injecté dans mon sang par intraveineuse. Je suis né un livre à la main et quand le cordon ombilical m’avait été coupé, c’était aussitôt pour le remplacer par un placenta de papier.
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les révolutions sont des plantes sauvages foncièrement incompatibles, en définitive, avec nos conditions climatiques. Avec nos sols arides et leurs relents de matérialisme urbain. Les révolutions sont des fleurs chimériques qui ne poussent que dans des zones absurdes : là-haut, très haut, au-delà de la stratosphère, dans les cieux éthérés des utopies.
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À quoi bon de se livrer à de bruyants gigotements quand on est logé, nourri et blanchi aux frais de son géniteur ? Après tout, me consolais-je, cet individu qui m’imposait son diktat m’obligeait en daignant me mettre sous sans aile dans un pays où être dehors revient à s’exposer aux pires avatars.
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Cependant, l’idée de découvrir l’objet le plus mystérieux, le plus précieux de l’univers, faillit me faire perdre mes moyens. Il fallait que je reste serein, que je reste concentré, serein, concentré, serein, concentré, ne panique pas petit, ne panique pas ne panique pas ne panique pas !
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Il n’y avait pas de sémantique à faire avec posture aussi éloquente et toutes ces œillades aguichantes qu’elle n’avait de cesse de me décocher. La tigresse me réclamait de tout son Eros incandescent délaissé par une sexualité inopérante, celle de mon père, à la santé vacillante.
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