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Critiques de Nelson Alexander Ross (31)
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Marvels

J'en ai lu des "marvels" quand j'étais jeune, et des tonnes. J'adorais ça. Puis il y eut un grand creux et, adulte, après le rachat de la franchise par Pannini, je m'y suis remis. Par nostalgie? Peut-être, mais j'avais passé l'âge. La magie ne fonctionnait plus. Sauf... Sauf occasionnellement, car au sein d'un univers comics foisonnant et pour tout dire devenu inexplorable, il y a quelques pépites qu'il eut été dommage de rater. Cet ouvrage en fait partie et, pour tout dire, je le considère presque comme un chef d'oeuvre. Si je devais emporter un seul "marvel" sur une île déserte, c'est celui-là que j'emporterais.
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DC Comics - Anthologie

« DC comics anthologie, 16 récits majeurs de 1939 à nos jours » est un superbe cadeau pour les amateurs de comics retraçant les grandes heures de l’une des plus célèbre écurie de super héros de l’histoire.



Tous les personnages ou ingrédients sont là ou presque, et Batman plus que Superman se taille la part du lion.



Peu d’intérêt à mes yeux pour les premières aventures de super héros jusqu’aux années 70 : scénario simplistes pour ne pas dire débiles, dessins grossiers…



Tout change avec des artistes comme Steranko ou Moore qui impose leurs univers littéraires influencé par la SF et le Fantastique, Byrne ou Perez avec leur style moderne et leur personnages emplis de vitalité et d’humanité.



Sortis des années 70-80, le niveau est globalement plus faible : style plus « adulte » ou lisse avec surabondance de couleurs sans développer d’histoires réellement passionnantes et il faut attendre quelques exceptions (comme Johns et Lee) pour conjuguer talent et modernité !



Reste que cet anthologie qui porte bien son nom constitue un objet de choix dans une bibliothèque d’amateur d’art graphique !
Lien : https://lediscoursdharnois.b..
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Marvels

Véritable chef-d’œuvre conçu par le duo Kurt Busiek et Alex Ross, « Marvels » rejoint la collection Must-Have dans une édition comprenant l’intégralité des numéros 0 à 4 publiés en 1994 ainsi que l’épilogue de 2019.



« Marvels » raconte quatre décennies de l’univers Marvel du point de vue du journaliste Phil Sheldon. Si chaque « livre » est conséquent, l’ensemble ne peut évidemment pas constituer un récit exhaustif.



Le travail narratif fait force dans son unité scénaristique. On parcoure les années 1940 à 1970 en redécouvrant de grands évènements comme dans un livre historique. La narration à la première personne assure l’aspect témoignage de la série et le point de vue externe aux super-héros est inédit.



A cela se mêle l’incroyable talent d’Alex Ross dont j’ai déjà pu suivre un peu le travail chez DC Comics. Les planches sont de véritables peintures dont on admire la prouesse technique et le détail. C’est simple, on croirait tenir un roman-photo dans ses mains. D’ailleurs, le fait que le personnage central soit photographe accentue l’illusion et pousse l’hyper-réalisme des planches vers la sensation de photographie.



Un coup de cœur anticipé confirmé par une lecture savoureuse !
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Marvels

Un contre-point très intéressant aux aventures super-héroïques avec un ouvrage consacré aux effets des batailles et autres duels sur le pékin moyen, celui qui est au mieux spectateur, au pire victime collatérale. Les thèmes abordées ont depuis été largement repris par Marvel dans ses séries pour être même centraux sur certains cycles et films. Graphiquement, Marvels a également marqué un tournant avec une production très loin des standards marquetés de l’époque et qui ont souvent encore la part belle aujourd’hui. Riche de détails et de couleurs mais également de textures, les dessins sont ainsi à mille lieux de ce qu’on peut attendre de ce type de comics ; du très grand art et un travail techniquement impeccable et novateur pour l’époque (années 90).
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Marvels

Marvels de Kurt Busiek et Alex Ross est un chef d'œuvre de l'univers Marvel.



Bien loin des standards de la "maison des idées", ici on va suivre un journaliste photographe, Phil Sheldon tout au long de sa carrière.



L'histoire se passe donc dans l'univers Marvel, mais les super héros occupe une seconde place.



On commence avec un jeune Phil Sheldon d'une vingtaine d'année au début des années 40, qui va vivre l'apparition des premiers sur humains, la torche humaine (première du nom et Namor, qu'ils surnommera les "Marvels".



Peu à peu, Phil comme les autre New Yorkais va vivre avec l'apparition de nouveaux héros comme Captain Amercia, les 4 fantastiques, les Avengers ou encore les X-men.



Si au début les gens sont heureux de voir ces sur humains, rapidement ils vont en avoir peur ou même les haïr.



Les comparaisons avec notre société sont faciles à faire.

Les x-men peuvent facilement être associés aux juifs et la haine qu'avait les nazis pour eux.

Les héros qui sont adulés quand ils sauvent les gens et détesté directement après peuvent être associés aux policiers qui sont honoré aux moment des attentats et qui se font cracher dessus le reste du temps.



Comme dit Phil Sheldon "Les fantastiques ou les vengeurs vont régler ça. Et quand ils nous auront sauvés, on leur crachera dessus."



Un récit excellent sublimé par un dessin (peinture) d'Alex Ross.
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Marvels

Très bon point d'entrée dans l'univers des comics, Marvels est l'union d'un bon scénario et d'incroyables dessins.

Enfin, plutôt peintures que dessins. Si vous hésitez à acheter ce comic, je vous conseille de taper alex ross sur google.

Le seul défaut de Marvels c'est sa fin qui, pour moi, est inexistante.
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Uncle Sam

Uncle Sam est un comics intéressant qui nous livre une sorte de vision de ce que sont les Etats-Unis. Le pays est passé au vitriol par son auteur qui ne le ménage pas. On n'apprend rien de nouveau entre les massacres des populations indiennes, la guerre fratricide entre le Nord et le Sud ou l'assassinat du Président Kennedy. Il n'en demeure pas moins que la démarche semble assez originale. J'aime quand un auteur exprime de manière claire son point de vue.



J'ai trouvé que le dessin était magnifique de réalisme: on s'en prend plein les mirettes ! Les enchaînements entre le passé et le présent sont également très surprenant dans le bon sens du terme. Bref, la lecture a été plutôt agréable malgré certaines lourdeurs dans le scénario.



Uncle Sam est personnifié par un vieux vagabond qui hante les rues comme pour souligner l'extrême pauvreté qui côtoie la richesse. En même temps, nous savons que les USA est le pays des extrêmes. On peut passer par exemple de Bush à Obama en un clin d'oeil ...



Si la critique de l'impérialisme est de mise au départ, il y a comme une sorte d'atténuation vers la fin dans ce qu'est une véritable démocratie pour le peuple et par le peuple. Cela reste un exemple dans un idéal qui ne sera pas approuvé par tout le monde, je vous le concède. A noter que je ne partage absolument pas le parti pris par l'auteur ce qui ne m'empêche pas d'être indulgent.
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Uncle Sam

Nominé lors du 29e Festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 2002 dans la catégorie «Alph-Art du meilleur album», cet album revisite les pages noires de l’histoire des Etats-Unis en compagnie d’un de ses plus grands icônes : l’Oncle Sam.



Après la statue de la liberté, l’Oncle Sam est probablement la personnification la plus célèbre des Etats-Unis et connu son moment de gloire pendant la Première Guerre mondiale, avec la célébrissime affiche créé par James Montgomery Flagg en 1917, représentant l’Oncle Sam pointant du doigt avec le slogan «I want you for U.S. Army», et visant à recruter des hommes pour l’armée.



L’idée de mettre en scène un Oncle Sam ignoré par le présent, horrifié par son passé et sans grandes perspectives pour le futur est très intéressante et permet à Steve Darnall et Alex Ross de nous servir une revisite cauchemardesque du rêve américain à travers les pages les plus noires de la nation étasunienne.



A l’aide d’une avalanche de flashbacks, Sam, vieillard déjanté vivant en marge de la société, va se remémorer quelques fragments de son histoire. En se rappelant le génocide des indiens, l’esclavage, la guerre de sécession et le KKK, c’est l’existence même du rêve américain qu’il va remettre en cause.



Malheureusement, si l’idée est originale, le résultat est assez brouillon. En y insérant des rencontres soporifiques entre Sam et d’autres symboles étrangers, comme les personnifications de la France (Marianne) et de la Grande Bretagne (Britannia) ou l’équivalent russe de l’aigle américain (l’ours), le récit est également pourvu de quelques longueurs.



Mais, ce qui dérange le plus lors de ce survol de l’histoire des Etats-Unis, c’est le manque de profondeur. Franchement, même des séries comme "Black Hills" ou "Kuklos", qui n’ont pas comme ambition principale de livrer une critique acerbe sur l’histoire américaine, traitent certains de ces sujets avec plus de profondeur. Ce «Best of» des pages sombres de l’Amérique est maladroitement compilé, n’enfonce que des portes ouvertes, n’atteint jamais la profondeur des reportages de Michael Moore et ne nous en apprend finalement pas beaucoup plus sur les Etats-Unis qu’une série comme "Les Tuniques Bleues".



Même si l’approche est originale et que toute autocritique de la part des américains mérite d’être applaudie, la lourdeur de cette compilation qui a finalement du mal à former une histoire cohérente, transforme cet album en grosse déception. Heureusement que le graphisme photo-réaliste d'Alex Ross ("Kingdom Come") sied vraiment bien au récit et permet de reconnaître facilement les personnages représentés.

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Batman, tome 1 : Guerre au crime

"Batman - Guerre au Crime" est le deuxième roman graphique de Paul Dini et Alex Ross après "Superman - Paix sur Terre", et force est de constater que le travail d’Alex Ross est toujours aussi impressionnant. Son style photo-réaliste, certes un peu figé, est une référence en la matière et colle finalement assez bien au scénario «monologue» de Paul Dini.



L’histoire n’a rien d’exceptionnelle, mais permet de découvrir les deux facettes de Bruce Wayne dans son combat face au crime. D’un côté on voit un Batman sans superpouvoirs, très réaliste, qui s’attaque aux petites frappes des ghettos de Gotham city, tandis que de l’autre on a droit au milliardaire qui s’en prend aux criminels qui sévissent dans les hautes sphères de la société. Tout cela, sans oublier de développer la facette introspective du jeune garçon qui a perdu ses parents et des obsessions de l’adulte.



Un scénario classique, qui constitue une parfaite introduction au mythe de Batman, et un graphisme photo-réaliste servi par LE maître en la matière.

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Uncle Sam

Résumer l’intrigue d’Uncle Sam est ardu mais surtout inutile car il s’agit d’un concept, d’une allégorie visant à faire parcourir par l’Oncle Sam, l’âme de l’Amérique, l’histoire de son pays, des idéaux de la guerre d’indépendance aux renoncements et perversions qui ont abouti à une corruption généralisée des âmes et des esprits… Véritable pamphlet politique d’une même force que les films de Michael Moore, cet album est exigeant (comme tous les ouvrages d’Alex Ross du reste…) en ce que sa narration encrée dans un délire fait d’aller retours entre la mémoire du personnage et ce qu’il observe de nos jours insère alterne pensées et bruits erratiques de ce qui l’entoure. Sous la forme d’un vieux clochard décrépi et halluciné, Oncle Sam subit chaque violence du quotidien comme un choc qui le ramène à ce que devait être l’Amérique et à une déviance qui a finalement commencé très tôt… dès les premières escarmouches avec les anglais! Les auteurs ont un propos très dur sur ce qu’est devenu leur pays et cela a d’autant plus de force que la carrière du dessinateur s’est faite entièrement sur l’iconographie nationaliste des super-héros de l’Age d’Or et leur idéal de justice et de droiture.[...]



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DC Comics - Anthologie

Salut les Babelionautes

Pour un néophyte comme moi, cette Anthologie qui rassemble seize récits sur les Super Héros de la Franchise Comics est une découverte.

Bien sur dans mon adolescence j'ai lus des Marvel et des Comics, que des amis me prêtaient, mais ce ne fut jamais un engouement pour la BD.

Maintenant a la retraite, je me suis inscris a différents challenge sur Babélio et l'un de inclue des BD de SFFF.

Voila pourquoi j'ai emprunté cette Anthologie a ma Médiathèque, et j'avoue que je l'ai parcouru très rapidement en sautant certains récits pour y revenir par la suite.

Que dire sur cette Anthologie? Premièrement elle s'adresse a un public d’aficionado dont je ne fais pas partis.

Elle nous raconte la genèse de la création des Super-Héros tel que Wonder woman, Batman, Superman et tant d'autres.

Même pour moi, les dessins montrent leur anciennetés et même parfois les a priori des décennies ou ils sont nés, comme le souligne cette phrase qui ne passerait pas à notre époque.

« Quand il s'agit de nettoyer, on est tous d'accord pour dire que le chef, c'est Wonder Woman… ».

Bref! ce ne fut pas un coup de cœur mais j'ai pris plaisir a lire certains de ces récits.

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DC Comics - Anthologie

J’y ai trouvé dans ce volume quelque chose qui m’a énormément plue dans le sens où il parvient à nous faire comprendre en profondeur ce qui peut motiver les personnages. On ressent une empathie certaine pour eux. Même si les histoires peuvent paraître manichéennes pour certaines, selon l’époque où elles ont été écrites, on ressent une volonté de plausible, de complexité. Traduit pour les personnages, cela signifie des origines plus réalistes. On s’identifie plus facilement aux héros. Ils ne sont plus inaccessibles. Je pense notamment à l’histoire Différents univers mettant en scène Superman et Wonderwoman. Les scénaristes ont préféré accentuer leur côté humain et même si l’histoire baigne complètement dans un contexte mettant en scène leurs pouvoirs, on en fait fi pour se concentrer sur les interactions entre les personnages.



[Avis complet sur mon blog]
Lien : https://lesentierdesmots.wor..
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Marvels

Un humour gavroche, parfois satirique et sans complexe, terriblement efficace.
Lien : http://www.actuabd.com/Les-S..
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Marvels

Marvels est un incontournable qu’il convient de lire ou redécouvrir, tant ses qualités graphiques et narratives ont fait date durant les années 1990.
Lien : http://www.actuabd.com/Marve..
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Marvels

Il s'agit d'un récit complet initialement paru en 1994.



Les 11 premières pages retracent les origines de Human Torch (futur Jim Hammond) telles que parues dans Marvel Comics 1 (1939), accompagné du flux de pensées du personnage. Il s'agit d'un prologue paru initialement en tant qu'épisode 0.



L'histoire proprement dite commence avec une poignée de journalistes qui attendent devant un bâtiment, pour couvrir la conférence de presse du professeur Phineas T. Horton qui va dévoiler à la presse sa créature synthétique : Human Torch. Parmi les journalistes, se trouvent Phil Sheldon et un très jeune J. Jonah Jameson. La conférence est une catastrophe. Peu de temps après, Doris (la fiancée de Phil Sheldon) lui raconte qu'elle a assisté à la première apparition d'un homme quasiment nu semblant vivre dans l'eau : Namor. Ce premier épisode raconte les affrontements entre ses 2 créatures surhumaines, vus et perçus par Phil Sheldon. La dernière partie est consacrée à l'émergence de Captain America et la formation des Invaders.



La partie suivante se déroule dans les années 1960 où les superhéros sont encore une nouveauté, mais déjà plus nombreux. Ils sont la coqueluche des médias et le mariage de Reed Richards avec Susan Storm s'annonce comme l'événement médiatique majeur. Mais dans le même temps, une autre race d'êtres surhumains attisent la peur et la haine des gens normaux : les mutants.



La troisième partie se déroule lors de la première venue de Galactus sur terre, et la dernière se focalise sur un événement tragique, publié à l'origine en 1974.



Initialement, Alex Ross a l'ambition de recréer quelques scènes marquantes des dizaines d'années d'existence des superhéros Marvel. Il s'associe avec Kurt Busiek qui étoffe le projet pour le transformer en quelque chose de plus sophistiqué. Au final, le lecteur suit la vie de Phil Sheldon, photoreporter spécialisé dans les superhéros, sur une période allant de 1939 à 1974. Sheldon entretient une relation particulière avec ces individus. Ce n'est pas qu'il les connaît personnellement (même s'il en croise un ou deux dans leur identité civile sans le savoir), c'est plutôt qu'il assiste à leur première apparition (ou presque) et qu'il prend de l'âge en même temps que le phénomène prend de l'ampleur. Ses actions et ses reportages baignent donc l'évolution du rapport que Sheldon entretient avec ces individus dotés de superpouvoirs, qu'il a affublé du qualificatif de Merveilles (Marvels).



Ce dispositif narratif a marqué son époque en racontant une histoire de superhéros du point de vue d'un individu normal qui est le témoin occasionnel de leurs conflits dans sa ville. Kurt Busiek reprendra le même dispositif pour sa série Astro City débutée en 1995 (par exemple Des ailes de plomb) dont Alex Ross assure la conception graphique des personnages.



Mais Kurt Busiek a plus d'ambition que cette forme de narration, il souhaite également faire apparaître la cohérence de la structure de l'univers partagé Marvel, en citant de nombreuses aventures extraites des comics de l'époque. Cette édition comprend une page qui récapitule les références correspondantes en indiquant pour chaque événement le nom et le numéro de l'épisode d'origine (Fantastic Four 48 à 50 pour l'arrivée de Galactus, par exemple). Le métier de Phil Sheldon le place tout près des actions les plus spectaculaires des superhéros. Sa vie privée lui fait côtoyer des personnages récurrents de l'univers Marvel comme J. Jonah Jameson, Ben Urich, Peter Parker, un jeune livreur de journaux du nom de Danny Ketch, etc. Le lecteur a donc la sensation d'habiter le même quartier que des personnages qui évoluent dans les mêmes pâtés de maison.



Cette excellente histoire n'aurait sans doute pas eu le même impact si elle avait été illustrée par quelqu'un d'autre qu'Alex Ross. Il s'agit là de son premier travail de grande ampleur. Au vu du résultat extraordinaire, DC Comics l'embauchera juste après pour Kingdom Come (paru en 1996) écrit par Mark Waid. Qu'est ce qui fait la spécificité de cet illustrateur ?



Pour commencer, il réalise ses planches à la peinture en mêlant plusieurs techniques (aquarelles, gouaches, acrylique, etc.). Ensuite, il a une obsession maniaque d'une certaine forme de réalisme. Il ne souhaite pas s'approcher au plus près d'un rendu photographique, mais il prend le temps nécessaire pour que chaque pose et chaque expression approchent au plus près ce qui est possible. Il travaille avec des modèles vivants qu'il fait poser pour rendre fidèlement leur attitude. Il a travaillé avec sa mère qui était modiste pour être fidèle à la mode de chaque époque. Il réalise un travail très minutieux sur la lumière et les éclairages.



Comme il le dit lui-même, il lui a fallu plusieurs pages pour trouver le juste dosage dans ses illustrations. Pour toutes les scènes de la vie ordinaire, le lecteur se promène dans une Amérique légèrement édulcorée au milieu de personnes représentées comme nimbées d'un léger halo leur conférant une intemporalité. Le travail préparatoire de Ross aboutit à des visages à chaque fois réalistes et différents. Il se sert de sa maîtrise pour insérer de ci, delà des célébrités comme Elizabeth Taylor lors de l'inauguration de l'exposition de peintures d'Alicia Masters, les Beatles lors de la cérémonie de mariage de Reed et Susan, etc.



Cette forme de réalisme appliquée aux superhéros et aux supercriminels élimine l'effet comics aux couleurs criardes, pour les tirer vers un monde plus proche du nôtre. Mais ça ne les rend pas plus plausibles pour autant. Par exemple lors de la bataille contre Galactus à New York, ce dernier s'intègre parfaitement au milieu des gratte-ciels comme un être humain géant revêtu d'un costume étrange. Galactus ne gagne pas ne majesté ou en réalisme ; il perd même un peu en majesté et en aura de puissance. Par contraste, ce même traitement appliqué au Silver Surfer en fait un être vraiment métallique et extraterrestre. En fait ce mode de représentation accroît surtout le réalisme des superhéros de type Spiderman ou Luke Cage, et l'étrangeté des superhéros déjà très éloignés de l'être humain comme Human Torch lorsqu'il est enflammé.



Alex Ross maîtrise un peu moins bien la consistance des décors et la cohérence de leur représentation. Comme pour les corps humains, il a effectué des recherches pour respecter l'exactitude historique. Le lecteur a donc bien la sensation d'être dans un quartier populaire et résidentiel de New York dans les années 1930 au début du récit, ou dans une banlieue résidentielle bien proprette dans la dernière scène. Mais parfois la texture des matériaux de construction présente un aspect uniforme et trop lisse, parfois aussi Ross se contente de délimiter grossièrement les contours sans beaucoup de détails ce qui crée un hiatus par contraste avec les personnages beaucoup plus travaillés.



Au final, les illustrations transportent le lecteur dans une vision peu éloignée du monde visible depuis sa fenêtre, mais légèrement édulcorée et fantasmée. Le recours à la peinture ajoute également une forme de solennité au récit.



"Marvels" est unique en son genre. Il s'agit d'un récit sur l'histoire du développement des superhéros de 1939 à 1974 dans l'univers Marvel vu par un homme qui est photojournaliste et qui partage son point de vue avec le lecteur sur ces surhommes et leur place dans la société. Il s'agit également d'une historisation structurée de cette même période qui comble le fan spécialiste de cet univers, et qui permet au novice d'ordonner les faits. Les illustrations en mettent plein la vue d'une manière plus nuancée que brutale. Ces éléments éloignent "Marvels" du récit de superhéros traditionnel vers un travail d'auteur assez personnel dans lequel l'action et les combats passent au second plan.



Kurt Busiek a donné une suite à ce récit en reprenant le personnage de Phil Sheldon dans "Marvels - L'oeil de l'objectif", illustré par Jay Anacleto. Et il a essayé de consolider la continuité des Avengers dans "Avengers Forever" avec Carlos Pacheco, en référençant leurs principales aventures et en rétablissant une logique parfois malmenée.
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Marvels

Il s'agit d'un récit complet initialement paru en 1994.



Les 11 premières pages retracent les origines de Human Torch (futur Jim Hammond) telles que parues dans Marvel Comics 1 (1939), accompagné du flux de pensées du personnage. Il s'agit d'un prologue paru initialement en tant qu'épisode 0.



L'histoire proprement dite commence avec une poignée de journalistes qui attendent devant un bâtiment, pour couvrir la conférence de presse du professeur Phineas T. Horton qui va dévoiler à la presse sa créature synthétique : Human Torch. Parmi les journalistes, se trouvent Phil Sheldon et un très jeune J. Jonah Jameson. La conférence est une catastrophe. Peu de temps après, Doris (la fiancée de Phil Sheldon) lui raconte qu'elle a assisté à la première apparition d'un homme quasiment nu semblant vivre dans l'eau : Namor. Ce premier épisode raconte les affrontements entre ses 2 créatures surhumaines, vus et perçus par Phil Sheldon. La dernière partie est consacrée à l'émergence de Captain America et la formation des Invaders.



La partie suivante se déroule dans les années 1960 où les superhéros sont encore une nouveauté, mais déjà plus nombreux. Ils sont la coqueluche des médias et le mariage de Reed Richards avec Susan Storm s'annonce comme l'événement médiatique majeur. Mais dans le même temps, une autre race d'êtres surhumains attisent la peur et la haine des gens normaux : les mutants.



La troisième partie se déroule lors de la première venue de Galactus sur terre, et la dernière se focalise sur un événement tragique, publié à l'origine en 1974.



Initialement, Alex Ross a l'ambition de recréer quelques scènes marquantes des dizaines d'années d'existence des superhéros Marvel. Il s'associe avec Kurt Busiek qui étoffe le projet pour le transformer en quelque chose de plus sophistiqué. Au final, le lecteur suit la vie de Phil Sheldon, photoreporter spécialisé dans les superhéros, sur une période allant de 1939 à 1974. Sheldon entretient une relation particulière avec ces individus. Ce n'est pas qu'il les connaît personnellement (même s'il en croise un ou deux dans leur identité civile sans le savoir), c'est plutôt qu'il assiste à leur première apparition (ou presque) et qu'il prend de l'âge en même temps que le phénomène prend de l'ampleur. Ses actions et ses reportages baignent donc l'évolution du rapport que Sheldon entretient avec ces individus dotés de superpouvoirs, qu'il a affublé du qualificatif de Merveilles (Marvels).



Ce dispositif narratif a marqué son époque en racontant une histoire de superhéros du point de vue d'un individu normal qui est le témoin occasionnel de leurs conflits dans sa ville. Kurt Busiek reprendra le même dispositif pour sa série Astro City débutée en 1995 (par exemple "Des ailes de plomb") dont Alex Ross assure la conception graphique des personnages.



Mais Kurt Busiek a plus d'ambition que cette forme de narration, il souhaite également faire apparaître la cohérence de la structure de l'univers partagé Marvel, en citant de nombreuses aventures extraites des comics de l'époque. Cette édition comprend une page qui récapitule les références correspondantes en indiquant pour chaque événement le nom et le numéro de l'épisode d'origine (Fantastic Four 48 à 50 pour l'arrivée de Galactus, par exemple). Le métier de Phil Sheldon le place tout près des actions les plus spectaculaires des superhéros. Sa vie privée lui fait côtoyer des personnages récurrents de l'univers Marvel comme J. Jonah Jameson, Ben Urich, Peter Parker, un jeune livreur de journaux du nom de Danny Ketch, etc. Le lecteur a donc la sensation d'habiter le même quartier que des personnages qui évoluent dans les mêmes pâtés de maison.



Cette excellente histoire n'aurait sans doute pas eu le même impact si elle avait été illustrée par quelqu'un d'autre qu'Alex Ross. Il s'agit là de son premier travail de grande ampleur. Au vu du résultat extraordinaire, DC Comics l'embauchera juste après pour "Kingdom Come" (paru en 1996) écrit par Mark Waid. Qu'est ce qui fait la spécificité de cet illustrateur ?



Pour commencer, il réalise ses planches à la peinture en mêlant plusieurs techniques (aquarelles, gouaches, acrylique, etc.). Ensuite, il a une obsession maniaque d'une certaine forme de réalisme. Il ne souhaite pas s'approcher au plus près d'un rendu photographique, mais il prend le temps nécessaire pour que chaque pose et chaque expression approchent au plus près ce qui est possible. Il travaille avec des modèles vivants qu'il fait poser pour rendre fidèlement leur attitude. Il a travaillé avec sa mère qui était modiste pour être fidèle à la mode de chaque époque. Il réalise un travail très minutieux sur la lumière et les éclairages.



Comme il le dit lui-même, il lui a fallu plusieurs pages pour trouver le juste dosage dans ses illustrations. Pour toutes les scènes de la vie ordinaire, le lecteur se promène dans une Amérique légèrement édulcorée au milieu de personnes représentées comme nimbées d'un léger halo leur conférant une intemporalité. Le travail préparatoire de Ross aboutit à des visages à chaque fois réalistes et différents. Il se sert de sa maîtrise pour insérer de ci, delà des célébrités comme Elizabeth Taylor lors de l'inauguration de l'exposition de peintures d'Alicia Masters, les Beatles lors de la cérémonie de mariage de Reed et Susan, etc.



Cette forme de réalisme appliquée aux superhéros et aux supercriminels élimine l'effet comics aux couleurs criardes, pour les tirer vers un monde plus proche du nôtre. Mais ça ne les rend pas plus plausibles pour autant. Par exemple lors de la bataille contre Galactus à New York, ce dernier s'intègre parfaitement au milieu des gratte-ciels comme un être humain géant revêtu d'un costume étrange. Galactus ne gagne pas ne majesté ou en réalisme ; il perd même un peu en majesté et en aura de puissance. Par contraste, ce même traitement appliqué au Silver Surfer en fait un être vraiment métallique et extraterrestre. En fait ce mode de représentation accroît surtout le réalisme des superhéros de type Spiderman ou Luke Cage, et l'étrangeté des superhéros déjà très éloignés de l'être humain comme Human Torch lorsqu'il est enflammé.



Alex Ross maîtrise un peu moins bien la consistance des décors et la cohérence de leur représentation. Comme pour les corps humains, il a effectué des recherches pour respecter l'exactitude historique. Le lecteur a donc bien la sensation d'être dans un quartier populaire et résidentiel de New York dans les années 1930 au début du récit, ou dans une banlieue résidentielle bien proprette dans la dernière scène. Mais parfois la texture des matériaux de construction présente un aspect uniforme et trop lisse, parfois aussi Ross se contente de délimiter grossièrement les contours sans beaucoup de détails ce qui crée un hiatus par contraste avec les personnages beaucoup plus travaillés.



Au final, les illustrations transportent le lecteur dans une vision peu éloignée du monde visible depuis sa fenêtre, mais légèrement édulcorée et fantasmée. Le recours à la peinture ajoute également une forme de solennité au récit.



"Marvels" est unique en son genre. Il s'agit d'un récit sur l'histoire du développement des superhéros de 1939 à 1974 dans l'univers Marvel vu par un homme qui est photojournaliste et qui partage son point de vue avec le lecteur sur ces surhommes et leur place dans la société. Il s'agit également d'une historisation structurée de cette même période qui comble le fan spécialiste de cet univers, et qui permet au novice d'ordonner les faits. Les illustrations en mettent plein la vue d'une manière plus nuancée que brutale. Ces éléments éloignent "Marvels" du récit de superhéros traditionnel vers un travail d'auteur assez personnel dans lequel l'action et les combats passent au second plan.



Kurt Busiek a donné une suite à ce récit en reprenant le personnage de Phil Sheldon dans "Marvels - L’œil de l'objectif", illustré par Jay Anacleto. Et il a essayé de consolider la continuité des Avengers dans "Avengers Forever" avec Carlos Pacheco, en référençant leurs principales aventures et en rétablissant une logique parfois malmenée.
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Marvels

Bourré de clins d'oeil aux fans de la première heure, Marvels résume les débuts des plus grands héros [...] et montre surtout l'envers du décor et l'impact sur les citoyens lambda qui assistent, démunis et impuissants, aux agissements de ces nouveaux dieux souvent surpuissants. Incontournable !


Lien : http://bulles-et-onomatopees..
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DC Comics - Anthologie

Quand j’étais gamin, c’est-à-dire il y a…bref, un certain temps, le mardi était un jour particulier. Pourquoi ? Tout simplement parce que le mardi sortait mon Télé Junior, magazine dans lequel je retrouvais les aventures de Goldorak en bande-dessiné ainsi que d’autres héros de la télé. Et ce dont je me souviens, c’est que c’est par ce biais que j’ai découvert Spiderman par exemple. Par la suite, c’est grâce à des comics que je pouvais suivre ses aventures. Comics grâce auxquels je suivais les aventures de Superman puis celle de Batman ou encore Wonder Woman. Parmi mes deux préférés figuraient les numéros racontant l’arrivée de Kal El sur terre et son « adoption » par les Kent, ainsi que la détermination de Diana Prince, fille de la reine des Amazones, à quitter Paradise Island pour aller défendre l’Amérique.



C’est donc avec délectation que je me suis plongé dans la lecture de ce DC Comics Anthologie annonçant 16 récits majeurs de 1939 à nos jours.



Chaque histoire est précédée d’un texte d’introduction explicatif et d’une présentation rapide des auteurs. Outre tout l’aspect technique et documentaire dont je vous fais grâce, je ne suis pas spécialiste, ce qui est particulièrement surprenant, c’est de voir l’évolution du dessin et des histoires au fil des années. J’avoue, sur les premières années, avoir été saisi par la simplicité pour ne pas dire la naïveté du dessin. Les mises en page, les angles de vue, le cadrage, les cases sont totalement différentes sur les dernières années, évolution oblige, de même que les thèmes abordés ou la noirceur nettement plus présente il me semble.



Ce tour d’horizon de l’univers DC Comics nous est présenté en cinq étapes, L’âge d’or où l’on crée des mythes, l’âge d’argent où l’on façonne un univers, l’âge de bronze où l’on explore de nouveaux territoires, l’âge moderne où l’on revient aux bases et enfin la renaissance où l’on forge le futur.



Cette lecture enthousiasmante m’a permis de retrouver certains héros familiers, d’en découvrir que je ne connaissais que de noms comme Flash ou Green Lantern et enfin de les retrouver tous associés dans la Justice League. Les « mondes parallèles » de certains héros mêlant habilement fiction et réalité pour faire croiser le même super héros issu de deux époques m’ont beaucoup amusé, sacré inventivité !



Par contre, j’ai bondi, quand dans un numéro nos héros de la Justice League font preuve d’une effrayante misogynie : « Quand il s’agit de nettoyer, on est tous d’accord pour dire que le chef, c’est Wonder Woman… » Mais que font les chiennes de garde ??!!... Allez, on ne leur en veut pas, il faut dire que c’était en 1962…



Donc, en résumé, si vous êtes fans de comics, ce livre devrait totalement vous emballer et si vous souhaitez vous pencher sur le sujet, c’est vraiment le livre qu’il vous faut.



Et en complément de votre lecture, je ne saurais trop vous recommander la troisième et dernière partie du documentaire « Super-héros, l’éternel combat » à regarder ce samedi soir sur Arte ou plus tard en replay.



DC Comics Anthologie : Anthologique !!!


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Masks, tome 1 : Le retour des héros

Alex Ross signe les couvertures, et un premier épisode de toute splendeur.
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DC Comics - Anthologie

Dc Comics anthologie nous plonge dans les 1er origines des super héros les plus connu : Batman, Superman, Wonder Woman...



Cet ouvrage est à posséder pour les inconditionnels du genre.
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