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Osmanthe
  24 février 2020
Haïkus et changement climatique de Alain Kervern
Alain Kervern est breton, traducteur et analyste de haïkus, dont il est un passionné. Il a commis plusieurs livres sur ce sujet, dont « Haïkus des cinq saisons » chez le même éditeur, qui m’avait vivement intéressé. D’où mon intérêt immédiat pour ce livre au thème à la fois d’actualité et très spécialisé.



Ce livre a le mérite dans ses premiers chapitres de mettre l’accent sur le cadre général, et récurrent, dans lequel s’inscrit l’art et la tradition du haïku, à savoir un almanach poétique des saisons, qui existe depuis des siècles et constitue un véritable élément du patrimoine culturel nippon. Il est à rapprocher du caractère généreux mais aussi instable de la nature qui impose ses caprices à l’archipel : tremblements de terre, éruptions volcaniques, tsunamis et typhons y insécurise la vie et renforcent le sentiment d’impermanence de toute chose (mujôkan). Plus qu’ailleurs, le japonais ressent avec une acuité toute particulière l’effet de la saison, et le poète de haïku utilise systématiquement dans ses créations un mot de saison (la neige, les fleurs de cerisiers…) qui va situer cette très courte pièce dans un contexte temporel. Cette première partie du livre est essentielle pour comprendre la composition du haïku, qui est avant tout régi par ce dyptique almanach de saison – mot de saison (kigo), contrairement à d’autres formes poétiques japonaises (tanka par exemple), qui comme la poésie occidentale, sont davantage encadrées par des règles métriques. Le propos est intéressant, mais un peu ardu et souffre aussi de répétitions qui alourdissent à mon sens inutilement le fil de la démonstration, au risque malheureusement atteint dans mon ressenti de tourner en rond et d’opacifier le discours.



La suite tend à nous montrer que les poètes sont de véritables sentinelles du changement climatique. Par leur très sensible acuité à l’air du temps, ils savent ressentir et traduire les transformations à l’œuvre. Non seulement ils modifient et enrichissent au fil de ces changements l’almanach de saison, mais ils vont jusqu’à sensibiliser le public voire les pouvoirs publics aux menacent sur l’environnement.



Manifestement, l’auteur a réalisé un travail remarquable de référencement d’informations scientifiques sur le changement climatique. Il parvient à vulgariser son propos sans le rendre simpliste. C’est un heureux aspect de son livre, qui nous en apprend beaucoup sur la dégradation de l’environnement, des forêts notamment, au Japon, derrière la carte postale inaltérable d’un magnifique Japon éternel. Il consacre un chapitre bien documenté et passionnant à trois exemples de menaces sur des sites précis, que les poètes ont contribué à sauver en faisant entendre leur voix.



Au final, un livre très intéressant, parsemé de haïkus, dont on regrettera peut-être qu’ils auraient pu être plus nombreux, et notamment parmi les auteurs de notre siècle, tant le sujet semble contemporain.

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nadiouchka
  15 février 2020
Le Ver à soie de Béatrice Chandellier
Quand on parle de la soie, on pense tout de suite à ce tissu, signe de luxe. Dans « Le Ver à soie » de Béatrice Chandellier, c'est « L'histoire d'un tissu … en fil de papillon ».



Si la brochure n'est pas épaisse, elle est très fournie en de nombreuses explications partant du mythe à la réalité – de la Route de la Soie – de la soie en France – pour passer au cycle du ver à soie, puis du cocon au fil de soie – de ce qu'on appelle «les « animaux à soie » - pour en arriver à la façon de « réaliser son élevage à la maison » (!!!) : il paraît que ce serait simple et passionnant, qu'il suffit d'un peu de rigueur, de feuilles de mûrier et, chose obligatoire : un bon sens de l'observation…. le tout comprenant bon nombre d'illustrations.



Une brochure bien intéressante et très instructive, obtenue par hasard aux détours d'une flânerie dans les rues de Lyon, devenue célèbre quand elle a été consacrée la capitale internationale de la soie, à la grande époque des « Canuts » (ouvriers-tisseurs de la Croix-Rousse).



« Malheureusement, en 1854, la pébrine, maladie du ver à soie, caractérisée par des tâches noires, dévaste les élevages français. » A présent, la Chine produit 70 % de la soie utilisée dans le monde.



Cela remet en mémoire cette fameuse « Route de la Soie » dont les itinéraires s'étaient multipliés au fil des ans, avec les ouvertures de voies maritimes ainsi que des croisades.

Les Chinois ont gardé le secret du « dévidage de la soie » pendant plus de 3.000 ans – cette soie qui a attisé bien des convoitises pour son symbole de luxe et d'exotisme.



On ne sait tout de même pas vraiment encore comment l'Homme a eu l'idée de tisser le fil des cocons. Mais on sait qu'un très ancien morceau de soie avait été retrouvé en Chine, il y a de cela, 5.000 ans, c'est-à-dire qu'il daterait de 2.750 ans avant notre ère… Un tissu bien mystérieux et qui a fait se dérouler bien des événements pour devenir « un étrange tissu ».



Dans la brochure « Le Ver à soie », les indications sont nombreuses, bien instructives, pour en arriver à des animaux tels que « les papillons » - « les araignées » et ??? « les coquillages ».



On trouve également un lexique pour les mots particuliers et ma foi, cette brochure tient peu de place dans une bibliothèque et réserve bien des surprises.



Il faut rappeler que ce fil est très léger et très chaud (mais cher) : tous les avantages pour l'hiver (sauf pour le portefeuille) !

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badpx
  24 janvier 2020
Les sirènes du Transsibérien : Voyage à Vladivostok de Herve Bellec ()
C'était il y a quelques semaines, au café, restaurant, librairie du bout du monde ; pour assister à une conf', ou voir un documentaire je ne sais plus trop ; mais comme à chaque fois que je vais là, je ne peux pas m’empêcher de fureté dans les étagères de livres, et finalement débuter la lecture d'un (et bien évidemment l'acheter) alors que j'ai mis dans mon sac ma lecture en cours....

Donc j'ai commencé mon voyage ce jour là, devant un Roibos, en attendant le début de ce que j'étais venu voir.... Alors évidemment les premières pages n'étaient pas trop dépaysantes, cette partie du récit portant sur des lieux à quelques kilomètres de là où je me trouvais. Mais le dépaysement est arrivé petit à petit, au fur et à mesure du voyage. C'était un voyage dans l'espace mais aussi un voyage dans le temps puisque ce texte est agrémenté de nombreuses explications historiques, sur le pays traversé et le train lui même.

Et voilà, j'ai fini ce voyage dans le froid, hier soir....bien au chaud sous ma couette.

Et c'est fou, j'aurais bien envie de de partir moi aussi sur le transsibérien, en hiver évidemment ! Malgré l'inquiétude puis l'ennui décrit au long de ses plus de 9000km, Hervé Bellec m'a fasciné.
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