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L`éveilleur éditions - Bordeaux


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NMTB
  13 septembre 2020
L'élève Gilles de André Lafon
Tout est dans le titre. Il n’y pas de surprise avant le dénouement de la fin, car dès le début la seule chose qui reste dans l’ombre est l’état de santé du père, les petites indications au fil du texte laissent dans le doute. On ne sait pas trop de quoi il souffre mais, en tout cas, cette maladie a un impact sur la vie du narrateur. Un garçon d’une dizaine d’année, si j’ai bien compris, mais que j’ai trouvé assez immature, je lui aurais plutôt donné sept ou huit ans ; quoi qu’il en soit, on décide de l’envoyer dans un internat près de sa tante pour l’éloigner de son père malade. Et la plus grande partie du roman raconte sa vie d’élève.

Ce qui fait l’originalité de ce roman descriptif, c’est une grande sensibilité, celle d’un enfant élevé dans une famille bourgeoise et pieuse de la fin du dix-neuvième siècle. Il n’y a quasiment pas une idée, ou on ne les perçoit pas, uniquement à rebours quand on lit la dernière phrase, la morale chrétienne de toute cette histoire ; même «le consentement docile» dont il est question semble un adoucissement de la dure résignation chrétienne. En ce sens, c’est un roman d’apprentissage, mais vraiment cela n’apparait qu’à la fin, car tout le reste du roman est fait de descriptions extrêmement délicates.

Au fond , les premiers pas à l’école ne changent pas, c’est toujours la même découverte de la vie sociale : les premières amitiés, les bizarres attirances et élections, les trahisons, déjà des «conventions» avec des «chefs», des «suiveurs» et des «rejetés», et aussi cette fameuse cruauté qu’on attribue aux enfants.
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bwarnas
  07 août 2020
Brûle, sorcière, brûle ! de Abraham Merritt
Edition originale : 1932



Première édition française : 1976



Temps de lecture : environ 3h30 pour un lecteur moyen (300 m/m)



Un mot sur l’auteur : Abraham Merritt est un auteur de fantastique américain né en 1884 et mort en 1943. Il est peu connu en France (et assez peu connu tout court). L’écriture était pour lui un passe-temps (Merritt était journaliste talentueux et très bien payé). Lovecraft, qui est un de ses contemporains, s’inspira de la plume de Merritt.



Synopsis :





Que faut-il en retenir ?

Ce qui marque assez rapidement, c’est la construction du roman. On est, en réalité, moins en présence d’un roman d’horreur-fantastique que d’un roman policier. Structurellement, c’est une enquête méthodique, raisonnée, qui permet au fur et à mesure de remonter jusqu’à la « criminelle ». Au-delà de la structure, c’est la personnalité même du héros, le Docteur Lowell, qui est rationaliste : quelles que soient les preuves de magie auxquelles il sera confronté, il cherchera infailliblement une explication scientifique… Et je dois admettre que, personnellement, je me reconnais dans ce personnage. Ce qui passait pour de la magie hier, est totalement expliqué aujourd’hui et ce que nous ne comprenons pas encore à ce jour trouvera nécessairement un éclaircissement futur.

Dans la forme, on retrouve tout à fait le style fin 19e / début 20e de ce genre de littérature. C’est précis, parfois copieux, avec un vocabulaire choisi.

Notons que le livre a été adapté d’une piètre manière au cinéma (par Tod Browning) en 1936.



Pour conclure :

Un roman agréable, qui se lit vite et dont l’histoire de sorcellerie est bien ficelée. Néanmoins, on se trouve plus dans le fantastique que dans l’épouvante.

« Chucky » ou « Annabelle » reprendront ce thème de la poupée « animée » (au sens littérale = qui est dotée d’une âme).

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Wyoming
  09 mai 2020
L'élève Gilles de André Lafon
Acheté dans la grande librairie Mollat à Bordeaux, où de nombreux livres vous imprègnent de toute cette atmosphère mauriacienne, du fleuve âme de la ville, des vignobles et de tout un terroir tellement riche, L'Elève Gilles tient ses promesses de ce point de vue.



La préface de François Mauriac donne le ton d'une amitié et d'une admiration que Jean Gilles ne connaîtra pas dans son enfance. Mauriac met en exergue la poésie de son ami André Lafon qui est la richesse de ce livre.



L'histoire s'étend sur moins d'une année, du début de décembre à l'approche d'octobre suivant.



La première partie, d'une quarantaine de pages, immerge le lecteur dans le terroir bordelais et la vie simple du début du vingtième siècle. Elle dévoile déjà les prémices du désarroi futur de L'élève Gilles plongé bientôt dans les affres de l'internat. On y perçoit déjà l'amour du jeune héros pour le jardin et la nature dont les descriptions hivernales sont saisissantes de beauté.



Mais, dans les deuxième partie et troisième partie, d'une bonne soixantaine de pages, le lecteur partage la mélancolie et l'ennui du jeune héros dans sa vie d'interne désemparé dans un monde qui n'est pas le sien. Malgré la belle écriture ancienne d'André Lafon, cette narration si précise des malheurs de Jean Gilles m'a paru très lassante.



Résurrection dans la quatrième partie, hélas si brève, à peine trente pages, pour le héros et le lecteur qui ne peut qu'être emporté dans la sublimation de ce court été d'absolu pour Jean Gilles, dans la sanctification du jardin, de ses fleurs, insectes, roses, dans la touffeur des soirées en attente de l'orage purificateur de la terre et du ciel, même si la mélancolie automnale annonce au jeune héros la fin du bonheur "au seuil du jardin".



La postface de Jean-Marie Planes fait un tour d'horizon de cette "cristallisation fragile" , de cette mélancolie poétique, rappelant par plusieurs citations les perceptions du beau exprimées au long de ce texte si magnifiquement écrit.
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