AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

La Contre Allee


Livres les plus populaires voir plus


Dernières critiques
Ilithyie
  14 octobre 2020
Mon fils en rose de Camilla Vivian
Une jolie écriture pour en savoir plus sur le sujet et s’ouvrir à ce qu’on ne connaît pas ou peu et gommer les aprioris
Commenter  J’apprécie          00
LauHolv
  08 octobre 2020
Traduire ou perdre pied de Corinna Gepner
Corinna Gepner est traductrice, elle a même été la présidente de l’Association des Traducteurs Littéraires de France (ATLF). Germaniste, elle vient d’être récompensée avec le prix Eugen-Helmlé.

Dans ce texte fragmenté, elle nous livre ce qui l’anime, ce qui la pousse, ce qui la fait douter… en permanence ! Cela se lit d’une seule traite, c’est un pur régal.



« Plus je traduis, moins je sais. Plus j’ai d’habileté, plus le sol se dérobe sous moi, plus les mots, les phrases révèlent leur double, leur triple fond et bien plus encore. Je ne cesse de composer avec le vertige. Le texte, foncièrement, m’échappe, et pour travailler je dois faire comme si je savais, juste comme si. »



Voilà. Je pense qu’il n’y a rien à ajouter : si les mystères de l’écriture particulière qu’est la traduction vous intéressent, foncez lire ce texte, vous y trouverez abondamment de quoi alimenter vos réflexions.
Lien : http://versionlibreorg.blogs..
Commenter  J’apprécie          00
La-page-qui-marque
  05 octobre 2020
Mère d'invention de Clara Dupuis-Morency
Dans ce livre l'autrice parle de la maternité sous toutes ses formes. Elle évoque le désir d'enfants mais aussi l'absence de désir et l'avortement. Elle parle de la grossesse et de la manière dont on fantasme le rôle de mère. Elle montre que sur une vie de femme le désir d'enfant est quelque chose d’extrêmement fluctuant. Elle lie aussi cela à ses préoccupations sur l'écriture et s'interroge sur la possible perte de son pouvoir créatif à cause de la maternité. En 250 pages elle nous fait traverser tout une série de stades et de questionnements qui peuvent nous habiter. Il n'y a jamais de bienpensance dans son écriture. Elle nous parle des émotions qui la traversent de manière brute, même si cela peut la faire passer pour une "mauvaise mère". Le ton qu'elle emploie est libérateur et tellement rare.

Ce qui m'a le plus touché, c’est la manière dont l'autrice arrive à traduire l'intensité du désir ou de l'absence du désir d'enfants sans jamais nier son individualité. Son ressenti vis à vis de la maternité ne prend pas toute la place dans ses pensées. Malgré ses questionnements, elle ne perd pas pour autant ce qu'elle est. Ce n'est pas un rôle, ou une absence de rôle, qui la défini entièrement. La question de la grossesse traverse la vie de toutes les femmes mais n'est pas un fin en soi, une obsession. L'autrice la remet à sa juste place, présente et même parfois obsédante mais jamais exclusive dans la construction d'une identité. Elle ne tombe dans aucun des clichés tournant autour de la maternité et donne de la profondeur et du corps à ces questionnements.

Une grande place est donnée à l'intime, au corps. Elle évoque le sang de ses menstruations ou les sensations profondes de ses filles en elle quand elle est enceinte. Elle parle de son accouchement avec une langue toujours subtile mais jamais édulcorée. Elle joue sur les mots avec malice et place une forme de poésie dans ce qui peut faire peur. Elle n’hésite pas non plus à évoquer les souffrances liés à l'avortement, la maternité ou à certaines pratiques gynécologiques.

Le rapport que l'autrice fait entre son activité créatrice, l'écriture, et sa maternité est très intéressant. L'angoisse de perdre la flamme est constante. Il y a tant d'artistes à travers les siècles qui ont délaissé ou même abandonné leurs activités créatives une fois devenues mères. C'est une crainte légitime au regard de l'histoire mais aussi au regard de la vision que la société a encore globalement du rôle de mère. Le corps et l’intellect sont liés, impossible de les déconnecter. Alors qu'elle tente d'achever sa thèse, l'autrice ne peut envisager de créer la vie. La thèse elle l'a écrit dans la souffrance, dans le doute. Sa grossesse la déroute car la vie se créé sans qu'elle n'y fasse rien. Son corps sait seul et il n'y a rien à intellectualiser dans le processus.

C'est un roman d'auto-fiction, genre qui a ses limites et ses écueils et que, pour ma part, je ne lis presque jamais. Mais ici l'autrice réussi à y ajouter un touche plus universelle. Elle évoque son intimité et son rapport à la maternité d'une manière nouvelle et audacieuse qui trouvera certainement des résonances en chacune. Ce livre me confirme le grand talent stylistique de Clara Dupuis-Morency et me donne vraiment envie de suivre ses prochaines publications.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00