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Dernières critiques
Aderu
  11 septembre 2021
Premiers pas au Louvre de Béatrice Fontanel
Un ouvrage pour jeunes et moins jeunes qui permet de découvrir un grand nombre d’œuvres du Louvre par le détail.



Rien de très développé, juste un zoom sur une partie précise d'un tableau ou d'une sculpture, et en regard l’œuvre complète.

Le tout agrémenté d'une petite phrase faisant le lien entre les deux images.



Saviez-vous que le Louvre est visible en arrière-plan d'une scène de Crucifixion ? Ou bien qu'un visage est visible dans un petit miroir posé sur une table ? Ou bien encore qu'Arcimboldo avait signé l'une de ses saisons dans le col de son personnage ?



Le dosage est assez plaisant dans les œuvres choisies, tant au niveau de leur popularité, que de la période ou du lieu d'origine de celles-ci.
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mellemars
  27 juillet 2021
Femmes peintres de Sandrine Andrews
(Je précise que le livre que j'ai lu ne présente aucunement les douze portraits et artistes du résumé, mais se concentre sur les femmes peintres aux alentours de la Révolution française. Il s'agit visiblement d'une édition différente (2021) de celle chroniquée par les premiers lecteurs.)



La couverture a attiré l’œil de mon amoureux car elle présente le tableau « Étude de femme d'après nature » (1802) de Marie-Denise Villers, que j'ai justement choisi pour la couverture de mon roman « Incroyable Charlotte ». J'ai découvert ce portrait après de nombreuses recherches iconographiques et j'ai tout de suite su que c'était mon héroïne, particulièrement à cause du voile noir et de ce regard un peu amusé et insolent.



J'ai apprécié me plonger dans cet ouvrage, très bien documenté, avec de très belles reproductions (ce qui, pour un livre d'art, me semble essentiel), grâce auquel j'ai appris davantage sur cette période. Mais dès l'introduction, le propos féministe m'a fait soupirer ; depuis quelques années, j'ai l'impression que notre époque cherche à tout prix à dénicher dans l'Histoire des artistes femmes pour apporter de l'eau au moulin du mouvement féministe actuel, comme si « l'oubli » dans lequel elles étaient tombées était en réalité une omerta concertée au fil des siècles par le patriarcat éternel. Je trouve cette posture artificielle, car elle ne prend souvent pas en compte le contexte historique.



Comme beaucoup de livres qui sortent en ce moment, « Femmes peintres » adopte et assume sans complexe un point de vue moderne sur le passé, au risque de manquer d'esprit critique. Mais le militantisme est-il compatible avec la démarche historique ? Quand le souci de défendre une cause précède la recherche de la vérité, peut-on encore dire qu'on fait de l'histoire ?



Ainsi, l'auteur part du postulat que les femmes peintres auraient été oubliées pour trois raisons : « soit parce qu'elles ont dû abandonner leur carrière, soit parce que leur œuvre a été confondue avec celle d'un maître plus connu dont le nom faisait monter les prix dans les salles de vente, soit encore parce que les historiens de l'Art, majoritairement masculins, ont écrit une histoire dans laquelle les femmes n'avaient pas leur place ». Pour les deux premières, passe encore – bien que l'emploi du verbe « devoir » me paraisse exagéré (quid de celles qui ont choisi d'abandonner leur carrière ? a-t-on des preuves qu'elles l'aient fait sous la contrainte ?). En revanche la troisième dénote clairement un parti-pris, voire un procès d'intention. Certes l'histoire de l'art a « oublié » certaines femmes. Elle a oublié encore davantage d'hommes ! Et prétendre que les femmes ont été oubliées parce qu'elles étaient femmes relève d'une accusation sans fondement (l'auteur n'en apporte en tout cas aucun). Si les artistes féminines sont moins nombreuses dans les livres, c'est premièrement parce qu'elles étaient moins nombreuses dans la réalité, et deuxièmement parce qu'elles étaient encore moins nombreuses à avoir apporté quelque chose de différent ou de nouveau, s'inscrivant plutôt dans les courants « en vogue » pour se faire reconnaître.



Le propos est constamment émaillé de ces petites marques de partialité, comme quand l'auteur décrit, en comparant deux scènes d'atelier, une assemblée de femmes comme « bienveillante » en opposition à une assemblée d'hommes où régnerait la « compétition », alors que, sincèrement, rien d'objectif ne permet de sous-tendre cette interprétation.



Pour revenir à la question du nombre, demandez à n'importe qui, qui ne soit pas un spécialiste de l'époque bien sûr, de vous citer des noms de peintres du XVIIIe siècle : si elle ne reste pas muette, la personne hésitera un peu avant de vous citer Fragonard, Watteau, David… ou Vigée Le Brun. Les femmes seront moins nombreuses que les hommes, c'est certain : une seule est encore connue, mais elle l'est ! Si on ne regarde que les proportions, je me dis qu'un nombre tout aussi grand d'hommes a été oublié. Au détour des pages de ce livre, on parle de Joseph-Marie Vien, de Charles-Joseph Natoire, de François-André Vincent, de Taillasson. Duplessis, Greuze… Des noms dont plus personne non plus ne se souvient, et je pourrais facilement allonger la liste. À mon avis, l'histoire de l'art oublie aussi bien les femmes que les hommes, tout simplement parce qu'il y a trop d'artistes à prendre en compte…



Et donc, comment les choisir ? En fonction de leur célébrité de leur vivant ? On voit bien que cela ne fonctionne pas. Au pif ? En fonction de leur sexe ? (ce que soutient l'auteur de ce texte). J'ai plutôt l'impression que l'histoire de l'art (et pas seulement l'histoire de la peinture) va retenir les noms des artistes apportant de la nouveauté, les pionniers d'un courant, les exceptions, les rebelles, les meilleurs, les différents, ceux aux destins remplis de malheurs ou de bonheurs, qu'ils soient hommes ou femmes. Par exemple, quand j'ai commencé à m'intéresser à la musique au temps de la Révolution (justement la période qui nous concerne ici), j'ai découvert Gossec et Grétry : aujourd'hui, quand vous demandez à quelqu'un de vous citer un nom de musicien des années 1800, on vous répondra tout de suite Beethoven : Gossec et Grétry sont devenus des inconnus, mais pourtant, ils étaient très célèbres à leur époque, plus que Beethoven en France ! Pourquoi les a-t-on oubliés ? Peut-être parce qu'ils composaient des œuvres trop convenues, collant trop parfaitement aux goûts de l'époque ? Il ne viendrait à l'idée de personne de dire qu'on les a oubliés « parce qu'ils sont des hommes ». Pourtant, quand il s'agit de femmes, c'est la première raison invoquée. Or, personne n'oublie Élisabeth Vigée Le Brun : parce qu'elle était l'artiste de la reine ? Ou bien parce qu'elle était la meilleure portraitiste de son temps ?



Tirer des artistes de l'oubli, cent fois oui, mais pas en fonction de leur sexe… À force de le souligner, finalement, on continue d'opposer hommes et femmes, et on verse dans le sexisme.
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rosacalifronia
  25 juillet 2021
Femmes peintres de Sandrine Andrews
J'ai lu cet ouvrage dans sa version première aux éditions Palette destinées à un jeune public. Je n'ai donc pas vérifié si l'édition Larousse présentait des modifications. Les douze portraits sont en tout cas les mêmes. La préface s'intitule "Un livre important" et je ne peux qu'être d'accord avec cette affirmation. Je le suis un peu moins avec certains propos signalant la carence bibliographique : si cela est vrai pour certaines (comme Hilma of Klint par exemple que je ne connaissais pas du tout), pour d'autres en revanche il existe désormais une manne intéressante initiée aux États-Unis dans les années 70. Des catalogues d'exposition sont également disponibles. Sandrine Andrews évoque également la version féministe trop récurrente des différentes sources qui mettent en avant la femme plutôt que l'artiste. Je ne la contredirais pas sur ce point, mais modulerais tout de même en insistant sur le fait que l'accès à la peinture en tant qu'activité professionnelle a longtemps été soit interdit, soit conditionné par un schéma artistique paternel. Faute d'une éducation artistique digne de ce nom, les femmes peignaient en fonction de leurs propres expériences ou revendications. Le panel choisi par l'autrice est pertinent ; il permet une vision assez large des femmes peintres à travers l'Histoire. Comme je le disais au début, cet album est adressé à un jeune public, pourtant le choix des tableaux n'est pas forcément judicieux : Judith tranchant la tête d'Holopherne d'Artemisia Gentileschi ou la représentation de la fausse couche de Frida Kahlo auraient pu être évités.
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