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Bonnot_de_Molen
  07 octobre 2021
Les Derniers Cow-Boys français de Andy Vérol
Road-trip hardcore



Les écrivains contemporains me font tous chier. Ou presque. Rares sont ceux qui arrivent à me foutre des tartes dans la tronche comme Léonel Houssam. À l’époque où il publiait encore des textes en ligne sous le pseudonyme d’Andy Vérol, j’accrochais pas du tout. Puis, un jour/une nuit, accablé par tant de mièvreries littéraires, j’me décide à ouvrir son premier roman Les Derniers Cow-boys français. Et là : BOUM ! Le choc !



Paru en 2008 aux éditions Pylône, le livre fait dans les cent-cinquante pages et quelques. Il raconte l’histoire d’un flic, d’un ancien bleu qui a beaucoup trop idéalisé sa profession avant de devenir amer, de déchanter à force d’y voir clair chez ses collègues, dans sa hiérarchie. Corruption, passages à tabac, viols…, il tire un portrait très noir de la Police, ou très réaliste/caricatural. L’ambiance est glauque. On sent dès les premières lignes que quelque chose tourne pas rond dans l’esprit de ce flic-narrateur. Tension interne, folie larvée, difficilement contenue et qui n’attend qu’à exploser.



Largué par sa femme, il s’imagine prendre sa peau. Paumé, il se travestit, met à plat ses désirs, ses sentiments, ses pensées toutes claquées. Plus tard, il rencontre Mimou, un gros black bourrin avec lequel il s’engouffre dans un road-trip barré qui fera éclater le peu d’illusions qui lui reste. Un road-trip aux airs de western nihiliste où se mêlent ultraviolence, sexe, souvenirs de famille, délires hallucinogènes, propos incorrects contre la bien-pensance, la mal-pensance, l’Occident…, contre tout ce sur quoi l’écrivain polémique depuis des années et qui assure sa réputation de pamphlétaire acharniste censuré de partout.



Vérol/Houssam, c’est du viscéral. Son style parle aux tripes, sa plume est saccadée, brutale, cogne comme des tribunes qui s’écrasent sur les gueules de gros beaufs accrocs au foot’/drapeau tricolore. Entre deux punchlines qui marquent l’esprit (au fer rouge), ou qui foutent mal à l’aise, les pensées de ses personnages provoquent aussi des questionnements métaphysiques et peuvent émouvoir par leur stupidité, leur sensibilité, leur nature incompréhensible.



Si Les Derniers Cow-boys français n’est pas la plus pétée/barbare des œuvres de Vérol, elle n’en est pas moins dérangeante par ses images évocatrices. Par ses perles de poésie disons chaotique. On n’est pas dans Datacenter avec son tsunami verbal continu, presque sans queue ni tête. Ni dans Chronique de la mort au bout ou Seconde chance et leurs phrases complexes, obligeant le lecteur à les relire vu leurs construction et caractère déroutants. Mais quand même ! On s’y perd parfois dans la seconde partie du roman tant l’esprit du narrateur devenu « cow-boy » est siphonné, part dans tous les sens entre deux séances de gerbe. On ne comprend pas toujours ce qu’il débite et c’est assez kiffant. Autant que les nombreuses scènes qui s’arrêtent de manière brusque : on ne sait pas toujours qui baise avec qui, ni comment. L’écrivain tranche ses plans nets, suggère à peine, joue sur les côtés ambigus des personnages, etc. Au lecteur de se démerder avec son imagination et ses fantasmes.



Si j’évoquais les « images évocatrices », c’est pour une raison simple : ce roman est très visuel/cinématique comme un scénario. Et musical : l’écriture vérolienne exprime beaucoup plus d’émotions violentes, d’états subjectifs avec des rythmes et tempos divers, qu’elle ne décrit des décors extérieurs hyper-détaillés sur des dizaines de pages. Des décors qui, dans ce livre, sont soit absents soit peu esquissés. Néanmoins, comparer Les Derniers Cow-boys français à un film serait impossible vu que ce film n’existe pas. On peut juste imaginer que, s’il existait, il serait sordide comme un Bad Lieutenant, qu’il inclurait des moments similaires aux séquences le plus barges de Las Vegas Parano, Tueurs nés, Dobermann, Seul contre tous et tant d’autres aussi/moins connus.



L’issue du roman est fatale. On en sort pas tout à fait indemne tant la verve de l’écrivain percute le bide et le ciboulot. Les fans de littérature hardcore devraient se pencher sur cette œuvre et son auteur à mettre au panthéon des infréquentables, à côté des Costes, Céline, Bukowski.



Édition papier d’occasion et édition numérique en vente sur Amazon.



Son site/blog : https://leonel-houssam.blogspot.com/



Les éditions Burn-Out : https://editionsburnout2.wordpress.com/
Lien : https://dusouterrain.wordpre..
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sandrinedurochat
  14 juin 2018
Les Derniers Cow-Boys français de Andy Vérol
Je préfère vous avertir : ce livre ne fait pas dans la demi-mesure. Ne pensez pas le lire le soir avec une tisane de camomille et un gentil plaid sur les genoux au coin d’un feu de bois pour vous relaxer^^.



Ce roman est un blast. C’est quoi un blast ? En terme médico-légal, c’est une onde de choc causée par un puissant appel d’air lors d’un incendie et qui provoque chez le sujet des traumatismes plus ou moins graves. En gros, lors d’un violent incendie : vous ouvrez la porte et pfff vous vous retrouvez projeté au sol avec plus ou moins de casse. Pour les Derniers Cow-boys français, c’est ce qui se passe : vous lisez les premières pages et vous vous retrouvez à terre sur les fesses. Je m’en suis sortie sans trauma sévère mais avec une furieuse envie d’y revenir tellement le ton de l’auteur est anticonformiste et lucide sur notre belle société moderne et nos congénères qui la peuplent.



Le pitch en deux mots :



Le héros, la trentaine, est flic et fait équipe avec Marc, un barjot qui viole et matraque tout ce qui peut être à portée de flingue. Ses rêves de gosse sur ce beau métier sont déjà bien loin mais il parvient à faire avec, jusqu’au jour où il se fait larguer par Justine, son amour nymphomane qui se tape tout ce qui passe. Sa femme se tire avec leur bébé et le héros commence tout doucement à perdre pied : il se travestit en Justine, démissionne de son boulot et quitte son appart’ et son quotidien normé.



Extrait :



« Au fil des mois et malgré une enfance et une adolescence réussies, je tombais peu à peu. J’étais passé d’idéaliste non convaincu à dépressif cynique pré-suicidaire ».



Cette dégringolade sociale et amoureuse s’inscrit dans une désillusion générale sur l’état de notre société nombriliste version 2.0. Cette chute libre va se transformer en virée décadente. Le héros bazarde toute sa vie et va répondre à une annonce bizarre pour rencontrer un gourou black colossal, Octave, dit Mimou, dont il va tomber amoureux. Ce dernier va l’initier pour faire de lui un des « derniers cow-boys français » à travers un road-trip sanglant et amoral.



Ce roman est dérangeant et politiquement incorrect. Vous adorerez ou vous détesterez. Pour ma part, j’ai beaucoup aimé la plume d’Andy Vérol, alias d'Eliot Edouardson et plus particulièrement la première partie qui est une analyse vitriolée et subjective de notre société actuelle.

Si vous aimez les livres déjantés, lisez le et faites vous votre avis. Le mien est fait et je relirai cet auteur.
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Contributeur
  28 septembre 2016
Hostia de Yan Kouton
Voici un roman atypique qui prend aux tripes, qui saisit, qui n'ennuie pas, versant dans une poésie de l'intime... Il y a une vie après Hostia. Lecteurs en quête de récits policés, ne vous y risquez pas, pour les autres, allez-y sans filet.
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