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4.54/5 (sur 23 notes)

Nationalité : France
Biographie :

Mike Kasprzak, né en 1983, est un écrivain français, auteur de nouvelles et poèmes. Il a été un des cofondateurs de la revue Cohues, et a créé la revue de littérature Le Cafard hérétique.

Désirant promouvoir une littérature marginale et agressive, Mike Kasprzak fonde avec deux autres auteurs la revue numérique de littérature alternative, Cohues, qui publie nouvelles, poèmes et arts plastiques. Il participe ensuite à la revue Nerval, dirigée par François Bon, en publiant deux nouvelles. En septembre 2013 est publié son premier recueil aux éditions La Matière Noire, Boulot, ivresse et autre bizarreries. Dans ce premier ouvrage il émet une critique féroce du monde du travail, à la manière de Nietzsche dans Aurore, et fait preuve d’une volonté intransigeante pour se consacrer à l’univers littéraire. Il décide ensuite de lancer de manière autonome, une nouvelle revue papier, Le Cafard hérétique. La ligne éditoriale de cette revue reste conforme à la littérature privilégiée de Mike Kasprzak : « du lourd, du dérangeant, du vif, de l’incisif ». Dans un entretien avec L’incontournable Magazine, Mike Kasprzak décrit le contenu de cette revue comme « sale et lumineux ». Il y publie des auteurs tels quel Mark SaFranko, Régis Clinquart, Léonel Houssam, Marc Bruimaud, ou encore Jacques Cauda. En août 2014, son deuxième recueil de nouvelles, Monstres est publié aux Éditions Les Occultés. Ce livre s’inscrit plus que jamais dans les thèmatiques de l’auteur, fortement inspirées par la philosophie de Nietzsche. On y retrouve « perversité, sexualité débridée, beauté et poésie », ainsi que « la fureur dionysiaque d’une vie corporelle où se côtoient les grandes douleurs et les ivresses déchaînées ». Un recueil de poèmes, Dégénérescence Céleste, est publié en 2014 aux Éditions Unicité. Dans ce recueil, Kasprzak décrit «le spectacle navrant de l’humanité décadente». Certains de ces poèmes ont été traduits en roumain dans la revue de poésie roumaine Poesis International.

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http://lesoccultes.com/catalogue/mons... Vidéo de présentation du recueil de nouvelles "Monstres" écrit par Mike Kasprzak, publié en Juin 2014 (version papier) par les éditions Les Occultés.


Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Les télés doivent carburer à plein volume, comme des cathéters anesthésiques.
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Je me retrouve seul en pleine nuit. Des odeurs de fleurs sauvages. Des effluves fraîches et inédites. Les ombres partout s'emparant du monde. Je ne ressens plus que le froid. Un froid sans compassion. Sinon un murmure sinistre dans le lointain. Guettant sa proie. Les ténèbres surgissant comme des monstres rampants agressifs. Montrant les crocs. Dévorant les animaux faibles. Conspirant avec la nuit elle-même. Cris de chouettes sauvages et Voie Lactée éclatante. Les étoiles scintillant dans un ciel inaccessible. Cette impression de beauté partout ailleurs que sur la Terre.
Au loin la ville. Charnue. Putain. Ses lumières qui ne me sont pas destinées. Ne connaissant plus personne. Personne ne m'attendant plus nulle part. Aucune destination. Aucune direction à prendre. Uniquement l'errance. Le détachement. L'isolement. La solitude. N'étant plus que solitude. Cette pensée me serre le cœur. Je ne suis plus rien que la solitude. J'hésite. Où aller ? Je n'en ai aucune idée. Je me promène sur un chemin de terre avec quelques affaires sur le dos. Quelle désolation. Je ne suis plus rien. Rejetée de toute vie. De toute structure. Un navire à l'abandon. Errant sans but. Je souhaite mourir.
J'arrive près d'une forêt et sens son souffle chaud qui m'appelle. Qui me murmure des choses sensuelles. Des mots doux. Qui me caresse la joue. Je regarde la ville encore une fois. Elle n'a plus rien pour moi. Je ne me suis jamais senti aussi seul. Aussi vide. Rejeté. Misérable. J'entre dans le bois et vois une silhouette de femme. Argenté. Délicieuse. Qui m'appelle. Une femme aux reflets cristallins et aux courbes alléchantes. Je vais vers elle. La désire. Je ressens son amour. La possibilité d'un amour. D'une nuit éreintante et d'une tendresse féminine. Je ne souhaite plus que sa douceur. Je ne souhaite plus que m'abandonner en elle. Je ne souhaite plus que mourir dans ses bras. Me laisser porter. Espérer une réponse. Un refuge. Elle me tourne le dos lentement et se cache derrière un arbre. J’accélère le pas pour ne pas la perdre, mais elle n'est déjà plus là. Disparue. D'un coup. Sans aucun regard. Sans un mot. Me laissant encore plus seul.
Abandonné de tous.
Je ne suis plus rien que la Solitude.
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Et d'un coup ma propre solitude me serre la poitrine, m'oppresse. Me déchire. Comme des corbeaux voraces me dévorant de l'intérieur. J'entends leur piaffement agressifs sortir de ma gorge, et je sens leurs griffes et leur bec me grignoter le cœur dans une âpreté terrible. Alors je repense à tous ces gens. Ces couples qui ne se comprennent peut-être plus et qui n'arrivent pas à se séparer, ces ouvriers exténués ne trouvant pas de solution, n'ayant plus que des larmes comme consolation, ces femmes seules qui n'ont plus que de la tristesse et du désespoir sous un maquillage séduisant. Toute la file à l'Agence qui angoisse la nuit venue, se demandant ce que la vie leur réserve encore de diabolique, sans avoir la possibilité d'agir dessus. Tous ces gens qui finalement n'ont pas d'autres choix que de subir une vie qu'ils détestent peut-être et qui pleurent devant la nuit qui s'étend en pensant que le lendemain sera le même jour que la veille. Qui n'ont plus aucune envie de faire autre chose que de se laisser abattre conscients d'avoir renoncé mais ne trouvant plus la force ni l'envie de tenter autre chose, de se battre encore un peu. De sourire. De croire en des jours chantants. Et moi-même, ayant pourtant les armes, le courage, la lucidité pour affronter tout ça je me retrouve là, seul, sur un banc, puant le mauvais vin, ayant des vertiges, des troubles de la vision, bafoué par l'espace et le temps, incapable de faire mieux. Et je vois cette nuit et ces ténèbres et le froid qui les accompagne et comprends l'enfer qu'ils contiennent. Comprends qu'il n'y a là aucun rire ou aucune joie. Que la nuit n'offre aucun répit. Aucun sursis. Qu'elle n'est qu'un tombeau. Grandiose. Qu'elle n'a rien à offrir à l'homme que le reflet de sa vie. Que si la lumière et les ombres n'existent plus il ne reste que soi, sa propre personne confrontée à elle-même. Dans toute sa crudité. Sans aucun jugement extérieur. Sans personne pour regarder. Une chute directe dans ses propres abîmes. Et qu'il faut du cran finalement pour affronter la vérité. Sa propre vérité. Affronter son propre gâchis. Sa propre médiocrité. Que la nuit finalement ne fait qu'éclairer nos propres défauts. Nos propres peurs. Nos hontes les plus secrètes. Que tout notre blabla habituel, nos masques, nos barrières éclatent à travers le prisme de la nuit. Et que celle-ci oblige finalement à plonger ses mains dans le cœur de notre substance la plus viscérale, à en humer l'odeur profondément et à en subir les railleries les plus intimes.
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Je commence l'histoire par un dialogue, ca nous balance de suite dans l'ambiance, et comme on dit, si la parole de Dieu est impénétrable, la mienne coule de source, ma parole est une anguille se faufilant dans un vagin complaisant.
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Je déambule dans la rue. Le trottoir m'a l'air plus égratigné que jamais. Pourri à vie. Usé. Sali par les milliers de primitifs qui le piétinent chaque jour sans s'en rendre compte. Sans se rendre compte de l'existence même du trottoir. De son importance. De l'empreinte qu'il gardera. De l'empreinte de leur pas fatigués, ternes, détestables, et malheureux. Ces godasses lourdes et navrantes usant le goudron, lui arrachant toujours un peu de plus de vie, matin, midi et soir. Dimanche et jours fériés. Sous la lune, la pluie ou un soleil cogneur. En pantalon ou en costume. Tailleur ou mini jupe. Le con flottant au-dessus de l’asphalte inutilement. Gosses, vieux, petits, maigres, chauves, ici et partout ailleurs sur toutes les routes du monde. Sept milliards d'humains usant et esquintant le sol. Ne laissant derrière eux que de la poussière et de la merde. De la sueur amère. Fade. Très peu de sang ou alors par tonneaux. On devrait cartographier la souffrance par la densité d'hémoglobine qui s'écoule dans la terre. Ou par la quantité de larmes.
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Et maintenant la folie.
Débridée. Chimérique. Lumineuse.
Nectar de toute démesure. Muse du grand chamboulement.
Atteindre la liberté mentale la plus pure. Usant de tous les excès et n'ayant d'autre ambition que d'incarner la vie. Portant en soi l'intransigeance des philosophies les plus rudes. Les plus risquées. Souhaitant s'élever là où quasi aucun homme n'a encore mis les pieds. Explorant les cimes les plus inaccessibles. Les solitudes les plus tenaces. Se frayant un chemin net et direct vers son Moi le plus authentique. L'en libérant de toute soumission. De toute gangrène. De toutes peurs. Lui faisant goûter les nourritures les plus sensuelles. Les plus jouissives. L'enivrant de toutes choses. De toutes sensations. De toutes joies. L'enivrant de souffrances vaincues. De guerres célestes.
L'enivrant jusqu'à le rendre fou.
L'enivrant jusqu'à en faire un soleil.
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Rien de tout ça chez moi. Juste la joie. L'instinct. L'innocence même. Morale et violente. L'innocence sauvage. Non pas la naïveté. En voilà une idée tiens. L'innocence, au final, n'est rien d'autre que la pureté de l'instinct. L'instinct débarrassé de tout désir d'idéal. De toute interprétation morale. De tout jugement. Qu'il vienne de soi, ou de l'extérieur. L'instinct sans jugement. L'instinct libre. L'instinct pur. Scintillant. S'exprimant avec sauvagerie et personnalité. Voilà l'innocence. Une bête fauve et créatrice. Capable du bien comme du mal car libéré du bien et du mal. Agissant seulement. Dans un but créateur. Non pas dans la destruction mais dans la propagation de son être à travers le néant. Dans le cri authentique émanant d'une rage vivante. D'une soif de vivre. D'un désir de percuter le néant de sa propre essence. De le mordre.
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Et, venant de je ne sais où, j'entonne à haute voix une prière nouvelle. Une prière pour une humanité nouvelle.
« Mes enfants, je m'imprègne de vos ténèbres, de sorte que vos ténèbres deviennent lumineuses et qu'il n'y ait ainsi plus de ténèbres. Et je me souille de votre médiocrité, de sorte que votre médiocrité devienne passion et qu'il n'y ait ainsi plus de médiocrité. Et je transgresse vos péchés, de sorte que chacun de vos péchés devienne insignifiant et qu'il n'y ait ainsi plus de péché. Et j'occulte vos peurs, de sorte que votre peur devienne courage et qu'il n'y ainsi plus de peur. Et que les oiseaux deviennent dragons, que les chiens deviennent lions, que nos joies deviennent grandes guerres et que nos souffrances soient épouvantables. Ainsi soit-il. »
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Dans une colère destructrice, m'arrachant les dents quasiment, je lui livre ce qui restera, sans nul doute, dans les annales du Discours de la volonté et du courage.
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Des hommes n'étant plus que leur propre mesure. Leur propre cause. Incarnant la vie. Dans son entièreté. Dans ce qu'elle a de plus sauvage, de plus sensuelle, de plus folle, de plus créatrice. Dépassant finalement tout désir de néant. Se permettant même de la douceur et de la joie quand nécessaire.
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