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FredericSoulier
  28 janvier 2021
Mémorial Tour de Chris Simon
Je ne suis allé qu'une fois à Oradour-sur-Glane et j'ai trouvé l'expérience malsaine. Il ne faut pas se leurrer : on croit faire un devoir de mémoire , alors qu'on fait juste preuve de voyeurisme. Du tourisme noir, comme le dit Chris Simon. J'étais déjà convaincu que les nazis n'étaient pas des gens sympas, et je l'étais ni plus ni moins après avoir visité les ruines de ce village sacrifié, vu le vélo rouillé et entré dans l'église où ont péri 246 femmes et 207 enfants.

Le roman de Chris Simon part sur une idée géniale que j'aurais bien voulu avoir : des touristes payent pour expérimenter la vie de Juifs déportés vous-savez-quand (l'agence propose également au client de se mettre dans la peau de tziganes, de résistants ou d'homosexuels). Ils vont en avoir pour leur argent.

Le bouquin débute légèrement, trop légèrement pour moi : à la première personne du singulier et au présent. Quand ça commence comme ça, je me dis que le hihihi-kikoolol-mdr à la Grimaldinier n'est jamais très loin, d'autant que cette femme et son grand con de mari me sont immédiatement devenus antipathiques par leurs préoccupations de bourgeois.

Oui mais justement, l'auteur utilise ces figures pour dénoncer ce tourisme macabre perpétré par des hypocrites qui ne savent plus comment utiliser leurs RTT. A mesure que le train vers le camp avance et que le wagon se remplit, l'ambiance devient plus pesante, et c'est avec délectation qu'on voit ces touristes du macabre rattrapés par leur karma.

Le tout dernier tiers du bouquin, qui met un orteil dans l'horreur absolue, se dévore. C'est dans ces pages qu'on trouve le meilleur du bouquin, mais là aussi qu'on ressent une intense frustration.

Madame Simon, j'avais consenti à suspendre mon incrédulité pour adhérer pleinement à cette fable cynique. Tant pis s'il est improbable, voire impossible, qu'une telle... prestation puisse voir le jour, mais j'aurais été prêt à passer l'éponge si vous étiez allée au bout de votre idée, au bout du cynisme dont font preuve les neo-marchands, au bout de l'horreur que la Shoah a été. Vous auriez pu signer un grand livre si vous ne vous étiez pas contentée de donner une -somme toute - bonne et gentille leçon d'éthique à vos personnages.
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Aupaysdesbooks
  21 octobre 2020
Lacan et la boîte de mouchoirs - Intégrale 3 saisons de Chris Simon
S'installer dans le cabinet d'Hervé Mangin, parler ou écouter. L'aventure du psychanalyste intéresse : que s'y passe-t-il ? Trouver quoi ?



Attendre des réponses ?



Les patients ? On s'y retrouve un peu, raconter son humeur, ses envies mais tout à coup s'observer : Lui, le psy ; Nous, le patient.



Judith, Maxime, Chloé et sa mère, la secrétaire : pour une fois, le monde tourne autour du psy. On se côtoie, on se croise. Le patient, c'est qui ? Le problème se trouve de quel côté ?



Chris Simon tourne autour du désir, oui parce que l'on tourne autour de Lacan. Désir de l'autre, désir de soi. S'interroger : Qui intéresse l'autre, comment perdre ses habitudes et regarder devant soi ? Tourner autour de l'obsession pour mieux se retrouver.





"Je me sens très loin du point mort. Hervé Mangin prend son calepin. Je ne sais plus où j'en suis, ni ce que j'ai dit, mais des larmes coulent sur mes joues.



J'aperçois la boîte, ou bien est-ce ma main qui la première en tire deux mouchoirs ? Coup sur coup. Eponger les yeux, vider le nez. Effacer les traces d'une émotion que l'on n'aime pas. On préfère rire."





"Il me considère. La différence entre lui et une amie est énorme. Il n'essaie pas de me remonter le moral. Du genre : "Allez, tu verras, ça ira mieux demain" ou "Viens boire un verre" ou "Demain est un autre jour"...





Lorsque le psy s'échappe, les patients paniquent : que faire sans lui ? Il est responsable !



Des enfants à l'abandon.





La boîte de mouchoirs : l'objet indispensable à sa propre dérive. Se laisser aller, être réconforté mais par qui ? Le psychanalyste devient la cible, le mouchoir le réconfort.



Les larmes sont nécessaires à sa propre reconstruction. Parler est un défouloir pour accuser l'autre. On pleure, on accuse.





"On a peur de perdre son ours, sa poupée préférée, sa meilleure amie, ses parents... On pense toujours à l'autre. On ne comprend pas que c'est un peu de soi-même que l'on perd...toujours."





Ma conclusion : Chris Simon a partagé dans cette série (oui, au début de sa publication, elle a été publié en 3 saisons), l'écriture agréable avec ses quelques notes d'humour, de décalage. Son univers : c'est nous, c'est moi, c'est le voisin dans un monde littéraire.




Lien : https://aupaysdesbooks.wixsi..
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LesdeliredeLou
  13 septembre 2020
Brooklyn Paradis - Saison 4 de Chris Simon
Cette histoire est celle d’une famille un peu foldingue, exubérante.

Commençons par le commencement : les présentations !

Vous avez Courtney, la mère qui ne peut pas s’empêcher de ramasser les objets en tout genre (canapé, table…) qu’elle trouve dans la rue, elle les accumule dans son sous-sol pour les « au-cas-où » qui n’arrivent jamais. Je vous laisse imaginer la taille de sa « collection ».

Le père, Jeb, businessman accompli, brille un peu par son absence. Il reste cependant le plus posé de cette famille.

Le fils ainé Cameron, 14 ans, obsédé sexuel qui, bien qu’il baigne dans le luxe de sa richissime famille, veut à tout prix devenir millionnaire. Et enfin Sawyer, 4 ans, qui lui est tout mignon mais sait déjà ce qu’il veut.

Pour les aider dans leurs tâches quotidiennes, Harlan, homme à tout faire qui, lorsque sa patronne se montre insensée dans ses demandes, hésite entre rester vivre chez les Burden ou démissionner et retourner dans son pays (ex-Yougoslavie) au risque d’y perdre la vie. Et Dora, femme de ménage à qui il manque un bras. Oui, vous avez bien lu.

Et c’est là que repose tout le talent de Chris Simon. Nous allons suivre cette famille qui va vivre une aventure plus que farfelue, rocambolesque, qui vous promet des rebondissements, du suspense et beaucoup d’humour….mais pas que.



Tout cela va commencer à cause de la passion dévorante (ou plutôt le TOC, tout est question de point de vue !) de Courtney Burden qui est de ramasser des objets dans la rue. Un jour, alors qu’elle est perdue dans les rues de New York, elle va tomber par hasard sur un magnifique canapé en cuir, abandonné en pleine rue. Soucieuse de donner une seconde vie à cette merveille elle va l’embarquer et le ramener chez elle. Et c’est là que les ennuis vont commencer.

En effet, le propriétaire de ce canapé, qui n’était pas abandonné mais qui avait juste échappé à son gardien quelques minutes, le temps de … (vous verrez bien !) va tout faire pour remettre la main dessus. Car ce que Courney ignore, c’est que ce canapé à une valeur inestimable, enfin si et cela se chiffre en millions !

Les scènes drôles vont alors s’enchaîner et il s’en passe des choses, vous pouvez me croire.

Ce sera le jeu du chat et de la souris avec des gagnants et des perdants !

Les personnages sont excellents, très bien réussis et les dialogues sont adaptés à chacun d'entre eux.

Cela nous donne des échanges ping-pong hilarants entre eux, ce qui donne encore plus de rythme au récit.

Toutefois, la situation va dégénérer et le drame va arriver. Vous verrez alors une autre facette de ces personnages.



Si au début, cette série semble un peu loufoque et vous propose des situations cocasses, très vite, vous verrez qu’il n’en est rien et que l’auteure traite d’ une multitude de sujets sérieux : homosexualité, drogue, traumatisme lié à l'enfance et j’en passe.

Si les personnages paraissent un peu déglingués et cela pour notre plus grand bonheur, sachez qu’au final, ils ne manqueront pas d’évoluer et de se montrer terriblement humains (oui, euh, enfin, presque tous !). La mère notamment qui, derrière cette manie de faire les poubelles, cache une blessure profonde, un traumatisme.



Pour conclure, j'ai passé une très bon moment de lecture, rafraîchissant et drôle, et je n'aurais qu'une seule question pour l'auteure : A quand la cinquième saison ? 😉
Lien : https://www.facebook.com/per..
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